Lettre au président de la République concernant la situation à Gaza

Publié le 07 mai 2025

Monsieur le président de la République,

Au mépris des appels qui se multiplient au sein de la communauté internationale et alors que la grande majorité du peuple israélien s’oppose, dans les sondages comme dans les rues du pays, à la relance de la guerre, Benyamin Netanyahou a décidé de se lancer dans une nouvelle escalade contre Gaza.

Il a rompu unilatéralement le cessez-le-feu et mobilise massivement les réservistes de l’armée israélienne, dans le but manifeste de déplacer des centaines de milliers d’hommes, de femmes et d’enfants qu’il veut condamner à une existence inhumaine en les confinant dans une proportion de plus en plus réduite de ce territoire palestinien.

Chaque jour un peu plus, le peuple palestinien vit donc une tragédie.

Après avoir subi les dévastations d’incessants bombardements ayant causé des dizaines de milliers de victimes, il ne dispose plus de nourriture ni d’assistance médicale ou sanitaire, du fait du blocus mis en œuvre par le gouvernement israélien. Le mois dernier, l’Unicef dénonçait même le fait que plus d’un million d’enfants soient désormais privés d’aide vitale.

C’est à un crime innommable que l’humanité tout entière assiste aujourd’hui.

La France, qui a appelé au cessez-le-feu et qui a, par votre voix, évoqué la possibilité de reconnaître l’État de Palestine, ne saurait laisser se poursuivre ces atrocités sans prendre des initiatives à la hauteur de son histoire dans cette région.

Il lui appartient, plus que jamais, de porter une voix d’humanité et de paix devant la communauté des nations.

C’est dans cet esprit que nous vous demandons :

  • d’expédier dans les meilleurs délais une aide humanitaire massive aux populations civiles de Gaza, en contraignant ainsi le Premier ministre israélien à lever un blocus meurtrier ;
  • de vous adresser à nos partenaires de l’Union européenne, afin que des sanctions soient immédiatement prises contre le gouvernement israélien, tant que le droit international se trouvera bafoué par lui ;
  • de contribuer à arrêter l’horreur en cours en reconnaissant immédiatement l’État de Palestine, afin que se rouvre le chemin d’une solution de paix juste et durable entre Palestiniens et Israéliens.

Nous vous demandons de nous accorder audience, afin que nous puissions vous présenter de vive voix ces demandes.

En l’attente, nous vous prions de croire, Monsieur le président de la République, en l’assurance de notre haute considération.

Fabien ROUSSEL, secrétaire national du Parti communiste français
Cécile CUKIERMAN, présidente du groupe Communiste, Républicain, Citoyen et Kanaky au Sénat
Stéphane PEU, président du groupe de la Gauche Démocrate et Républicaine à l’Assemblée nationale


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80 ans du 8 mai 1945 #2. Nicolas Patin : « Les extrêmes droites sont revenues comme si de rien n’était »

NDLR de MAC: Jeudi 8 mai, commémorations de la victoire sur le Nazisme à 10H00, au monument aux morts de Castelsarrasin, place Flamens

Cet article fait partie de la série: 80 ans du 8 mai 1945 (2 épisodes) Découvrir toute la série

Nicolas Patin, historien, spécialiste du nazisme, souligne une continuité idéologique, quatre-vingts ans après la défaite de l’Allemagne. Les extrêmes droites se sont recomposées dès la fin de la guerre, et leur logiciel s’est adapté aux contextes historiques, de la décolonisation au 11 septembre 2001.

 

Historien, spécialiste de l’Allemagne contemporaine, Nicolas Patin revient sur les origines du fascisme et du nazisme1, leur ancrage historique et les continuités idéologiques à l’œuvre dans les extrêmes droites d’aujourd’hui. Il relève des logiques anciennes – purification, haine de l’autre, bouc émissaire – qui ont ressurgi derrière de nouveaux langages et de nouvelles cibles.

Vu d’aujourd’hui, comment peut-on définir le fascisme et le nazisme ?

Nicolas Pantin, Historien spécialiste du nazisme

En tant qu’historien, je les définis d’abord comme des phénomènes historiques inscrits dans leur temps. Le fascisme, c’est l’Italie de 1919 à 1945 ; le nazisme, l’Allemagne de 1920 à 1945. On distingue les régimes fascistes – rares, comme en Italie ou en Allemagne – des nombreux mouvements fascistes, souvent oubliés, comme la Garde de fer roumaine. À l’époque, il existait une véritable Europe des fascismes : ces mouvements se connaissaient, s’imitaient, se finançaient. Avant d’être une idéologie théorisée, ce sont des formes radicales d’extrême droite, marquées par la violence, l’uniforme, les rituels et la militarisation du politique. Continuer la lecture de 80 ans du 8 mai 1945 #2. Nicolas Patin : « Les extrêmes droites sont revenues comme si de rien n’était »

Eddy Mitchell : « L’extrême droite, je vote contre, c’est dans mes racines »

Il est l’un des derniers monuments de la scène musicale française. Avec son franc-parler légendaire, le bougon bourru, crooner au grand cœur, revient sur son enfance, sa jeunesse percutée par la guerre d’Algérie, partage son regard sur une Amérique tant aimée, tant haïe et revisite son parcours de musicien accompli.

 

Une autobiographie captivante en poche et un nouvel album fort réussi, « Amigos », sorti à l’automne et enregistré en compagnie d’Alain Chamfort, Sanseverino, Pascal Obispo, Alain Souchon et son fils Pierre… Contraint au repos pour soigner des problèmes de santé qui l’ont obligé à annuler ses dates estivales, Eddy Mitchell a malgré tout bien voulu nous accorder un entretien et nous a fait l’honneur de nous recevoir chez lui.

Armé d’une parole toujours aussi franche, le regard aussi pétillant qu’hier avec un accent intact de titi de Belleville, Schmoll n’a pas pu s’empêcher, pour clore l’entretien, après avoir revisité sa vie, son œuvre, écorné l’Amérique de Trump et la France de Le Pen, de lancer le juke-box pour se dodeliner sur « Good Golly, Miss Molly », imparable boogie de Little Richard. On ne se refait pas…

Vous venez de publier un 40e album studio, un disque où vous célébrez l’amitié… Continuer la lecture de Eddy Mitchell : « L’extrême droite, je vote contre, c’est dans mes racines »

Mixité sociale à l’école, relire Michelet In Caf. Peda.

JEAN PAUL DELAHAYE Une image contenant Visage humain, personne, sourire, habits Description générée automatiquement Les scandales et dérives de certaines écoles privées éclatent, l’absence de contrôle sous les projecteurs ne doit pas faire oublier que cette école financée à ¾ d’argent public est aussi un des facteurs de ségrégation sociale dans les établissements. Dans cette tribune, Jean-Paul Delahaye plaide pour la mixité sociale à l’école.

« Près de 180 ans après Michelet, on prêche encore dans le désert en France sur l’école commune. Au pays de l’égalité, de la liberté et de la fraternité, on peut à la fois se déclarer, la main sur le cœur, très favorable à la mixité sociale et se battre pour que ce ne soit pas le cas dans le collège de ses enfants » écrit Jean-Paul Delahaye, Inspecteur général de l’Éducation nationale honoraire.

Le combat pour une école commune à tous les enfants de la République, pour une école mixte est toujours d’actualité. Continuer la lecture de Mixité sociale à l’école, relire Michelet In Caf. Peda.

Haine contre les musulmans : pourquoi le mot « islamophobie » divise-t-il ?

Le meurtre d’Aboubakar Cissé à la mosquée de La Grand-Combe doit-il être qualifié d’ « islamophobe » ? De droite à gauche, le débat sémantique et politique est parfois vif. Alors que l’urgence est à l’action plus qu’au choix des mots.

 

Aboubakar Cissé, 21 ans, a été tué à la mosquée de La Grand-Combe. Son meurtrier, Olivier H., filmant son agonie, cible sa religion : « Ton Allah de merde… Je lui ai planté ses fesses ». C’est donc sans surprise que « la piste de l’acte antimusulman, de l’acte à connotation islamophobe, (…) est privilégiée », comme le communique le procureur de la République, Abdelkrim Grini, quelques heures plus tard. Continuer la lecture de Haine contre les musulmans : pourquoi le mot « islamophobie » divise-t-il ?

Nantes : approche sécuritaire pour masquer l’urgence de santé mentale

Le « parti-pris du travail », un fil menant vers la société socialiste par Franck Marsal + bulletin de commande

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J’ai lu avec plaisir et grand intérêt le le « Parti-pris du travail », dernier livre de Fabien Roussel. Le livre est bâti sur les échanges profonds que le secrétaire national du PCF a entretenus avec des travailleurs de tous milieux et de toutes professions. Il est rédigé avec son franc-parler habituel. Partant des réalités concrètes, des contradictions criantes du capitalisme, du vécu des travailleurs, et posant la question centrale du travail, Fabien Roussel tire un fil fructueux. Il relie les problématiques de notre société française et porte loin la réflexion, vers le travail pour tous entraînant la fin du chômage et du RSA, vers un travail émancipateur et non plus aliénant, car cessant d’être inscrit dans un rapport « alimentaire » pour retrouver sa pleine dimension de créativité. En saisissant ce fil et un certain nombre de ses ramifications, il dégage une perspective nouvelle, une société radicalement transformée, de la réalité concrète de la crise capitaliste, vers une société répondant aux aspirations populaires profondes, du présent, vers un futur non pas à imaginer, mais à construire dès aujourd’hui, collectivement. Il suit ainsi le conseil de Lénine : saisir le maillon qui permet de faire bouger l’ensemble de la chaîne. Continuer la lecture de Le « parti-pris du travail », un fil menant vers la société socialiste par Franck Marsal + bulletin de commande

« La réaction de l’État au meurtre d’Aboubakar doit être la même que lorsqu’un chrétien ou un juif est assassiné » : entretien avec la maire PCF de La Grand-Combe

Laurence Baldit, la maire communiste de La Grand-Combe réagit auprès de l’Humanité après l’assassinat du jeune Aboubakar dans une mosquée de sa commune.

 

 

Quelle est votre réaction après le meurtre d’Aboubakar qui endeuille votre ville ?

Laurence Baldit, Maire PCF de La Grand-Combe

 

Nous sommes tous partagés entre la sidération, la tristesse et la colère devant ce crime d’une violence inouïe, qui a frappé un jeune musulman sans défense. À La Grand-Combe, nous vivons dans la paix, la sérénité. Tout se passe très bien entre les différentes croyances et communautés.

Je veux redire que tous les citoyens, sans distinction de religion, d’ethnie ou d’origine ont leur place, partout où ils veulent, et bien sûr à La Grand-Combe. Ce n’est pas la religion qui détermine la place que l’on a dans le monde, chacun est à sa place partout. Continuer la lecture de « La réaction de l’État au meurtre d’Aboubakar doit être la même que lorsqu’un chrétien ou un juif est assassiné » : entretien avec la maire PCF de La Grand-Combe

L’ignominie a encore frappé notre pays (Com PCF)

Publié le 27 avril 2025

La haine anti musulmans serait à l’origine du terrible assassinat d’Aboubakar, jeune Malien de 23 ans, au cœur de la mosquée de La Grand Combe, dans le Gard.

A travers ce crime raciste, c’est une religion tout entière qui a été visée. Au-delà, c’est la communauté nationale qui se trouve dans son ensemble meurtrie.

Les propos glaçants du meurtrier illustrent à quel point la haine anti musulmans peut armer le bras de criminels en puissance.

L’auteur des faits, filmé alors qu’il commettait son crime, ne laisse aucun doute sur le caractère islamophobe de ses actes. Tous les moyens nécessaires de l’État doivent être mis en œuvre pour permettre son arrestation au plus vite et traduire le coupable devant la Justice.

Nous apportons tout notre soutien à nos concitoyennes et concitoyens de confession musulmane de toute la France et à celles et ceux de La Grand Combe en particulier.

Nous pensons également à tous les habitants de cette commune minière du Gard, connue pour ses politiques de solidarité, de fraternité, d’accueil.

Mettons toute en œuvre pour bannir le poison de la haine de notre République et condamner sévèrement tout propos, tout acte qui pourrait l’encourager.

Paris, le 27 avril 2025

Parti communiste français

Néolibéralisme et contre-révolution conservatrice: l’université française va-t-elle connaître le même sort qu’aux États-Unis ?

En France, l’exécutif prétend accueillir les chercheurs licenciés en masse aux États-Unis mais la politique française en matière d’enseignement supérieur et de recherche emprunte les mêmes logiques néolibérales et les mêmes biais idéologiques.

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