DEMOCRITE "de la vie de la cité à l'actualité internationale"
Un espace d'échanges, d'informations et de constructions pour des Jours Heureux

« Nous sommes en campagne permanente toute l’année au parti communiste, sans relâche », a lancé d’emblée Ian Brossat lors de son discours à la fête de l’Humanité à Toulouse le weekend dernier. Des mots qui résument bien la stratégie du PCF depuis la campagne des « Jours Heureux » de Fabien Roussel aux élections présidentielles.
Et le désespoir est grand dans le pays. Comme ici dans notre département où plus d’un tiers de la population vit désormais sous le seuil de pauvreté. Jadis synonyme de bien-vivre, le travail aujourd’hui permet souvent de survivre juste un peu mieux que ceux qui n’en ont pas. La vie est chère et les difficultés nombreuses. La startup nation promise par Macron s’est avérée un véritable cauchemar. Le parti communiste doit participer à rebâtir un horizon d’espoir pour le monde du travail. Il y a urgence !
Des pans entiers de populations du Tarn et Garonne sont en déshérence économique, sociale et politique. L’extrême-droite y trouve un terrain fertile pour propager ses idées et tenter de se faire le réceptacle de la colère. Plus que jamais la question du travail, accessible à tous et bien payé, doit être au centre du débat public. De même que l’augmentation générale des salaires, des retraites et des minimas sociaux.
Cela passera par une prise de conscience du plus grand nombre. C’est tout le sens d’une campagne permanente pour de « Nouveaux Jours Heureux ». La bataille pour les retraites l’a clairement démontré, l’antagonisme qui règne dans ce pays dépasse les questions de partis politiques. C’est l’opposition frontale entre ceux qui ne vivent que de leur travail et ceux qui vivent du travail des autres. Cela porte un nom : la lutte des classes. Elle est permanente elle aussi, car comme le disait Ambroise Croizat « le patronat ne désarme jamais ».
J.S.

Depuis des mois, la situation socio-politique est explosive. Grèves et manifestations de l’intersyndicale se sont succédé à un rythme soutenu, et cela n’a pas empêché le pouvoir de faire passer en force la réforme des retraites. Le ressentiment à l’égard du pouvoir et de Macron en particulier est au plus haut. Dans ce contexte, je vois se multiplier dans les médias les analyses toutes plus ‘’fines’’ les unes que les autres sur la psychologie de l’hôte de l’Élysée : il est ceci, il est cela ; brutal, provocateur, autiste, et je ne sais quoi encore. Moi, je dis : attention, fausse route ! Si c’est tout ce qu’on a à nous proposer comme analyse, eh bien ça ne fait pas le compte ! Ne nous laissons pas embarquer dans cette voie.
Une chose doit nous mettre la puce à l’oreille : tous les prédécesseurs de Macron, depuis une quarantaine d’années (au moins), se sont emparés des sujets dont il s’empare, lui, à son tour. Je ne disconviens pas qu’il leur imprime sa patte, et j’admets bien volontiers le rôle de l’acteur dans la pièce qu’il interprète, mais je dis une chose simple : intéressons-nous surtout à la pièce qui se joue.
Cette pièce a un titre, c’est La guerre sociale du néolibéralisme. Elle a été écrite il y a bien longtemps maintenant, au cours des premières décennies du XXè siècle, par des idéologues comme Friedrich Hayek, par exemple (dont Édouard Philippe se recommande). Quel était leur problème et leur projet à l’époque ?
# Le problème, dans les années 1960-1970, c’était l’importante baisse du taux de profit des entreprises aux USA puis en Europe. C’était aussi, dans ces mêmes pays, une agitation sociale persistante en dépit de tous les efforts des patrons pour l’endiguer. Qui ne se souvient de 1968 ? Cela a conduit les dirigeants capitalistes à envisager d’en finir avec ce qu’on a appelé, après la Libération, le ‘’compromis fordiste’’, lequel voulait que les gains de productivité, au lieu d’être affectés à la hausse des profits, le soient à la baisse des prix et à la hausse des salaires, l’idée étant, à travers ce détour macroéconomique, de booster la consommation et donc, au final, la profitabilité des entreprises bien sûr. Ce que l’on a appelé les ‘’Trente Glorieuses’’, c’est la période pendant laquelle cette régulation a bien fonctionné.
# Le projet, c’était le néolibéralisme, qui dormait dans les cartons depuis les années 1930. Il va être incarné par Thatcher, à partir de 1979, et par Reagan, à partir de 1981. Un petit peu avant, en 1973, avait été créée la Commission trilatérale, aréopage de personnalités influentes du monde entier, dont l’un des premiers rapports, en 1975, dénonce le « déferlement démocratique qui risque de surcharger le système politique avec des revendications qui étendent ses fonctions et sapent son autorité ». Les actes vont suivre. Le demi-siècle écoulé a été marqué par une suite ininterrompue d’initiatives tendant toutes à revenir sur les acquis démocratiques, en tête de laquelle il faut citer la construction européenne dont le sens le plus général est de mettre la démocratie hors de portée des peuples (pour les détails, cf. sur le site des Amis de la liberté ma conférence du 16 février 2022 en conclusion du séminaire Le néolibéralisme contre la démocratie). Le monde du travail est désormais placé sous la coupe des flux tendus, de la précarité et de l’évaluation individualisée. Le nombre de suicides est en forte augmentation, en particulier sur le lieu de travail. Enfin, le débat public est saturé par l’exigence de l’équilibre budgétaire et par la lutte contre les déficits.
Depuis soixante ans, le rôle-titre de la pièce a été tenu par beaucoup beaucoup de personnages différents.
Aujourd’hui, c’est Macron. Alors, disséquer sa personnalité, son caractère et son tempérament, pourquoi pas ; le fait est que ceux-ci influent sur sa manière d’interpréter le rôle. Ce que je veux juste dire c’est que cela ne doit pas nous conduire à négliger le fond de l’affaire, c’est-à-dire la pièce et son scénario. La question politique posée c’est l’assaut généralisé contre les conquis sociaux ET les libertés démocratiques.
Daniel Amédro
Lauréate de la Palme d’or à Cannes, la réalisatrice Justine Triet subit depuis samedi 27 mai les attaques des soutiens du président, dont elle a critiqué la politique.
Il n’a fallu qu’une petite minute dans son discours pour que Justine Triet change de statut. Une minute pour passer de réalisatrice récompensée de la Palme d’or par le plus grand festival de cinéma au monde à ennemie publique numéro 1. Une minute à l’issue de laquelle le Festival de Cannes a laissé place au festival du n’importe quoi politique.
Voir aussi :Justine Triet, une palme d’or au nom des luttes
À la tête d’un jury informel quasi exclusivement composé de responsables macronistes et de droite, la ministre de la Culture Rima Abdul Malak s’est dite, à propos de la lauréate, « estomaquée par son discours si injuste » dans lequel elle perçoit « un fond idéologique d’extrême gauche ». Continuer la lecture de Cannes. La Macronie ne décolère toujours pas contre Justine Triet

Retrouvez le 3ème numéro de L’Echo des Cocos, le journal des communistes de l’ouest du Tarn et Garonne. Un numéro spécial en 4 page consacré au programme du parti communiste: les Jours Heureux !
L’édito de ce 3ème numéro:
Toutes les « réformes » du chef de l’État s’efforcent de défaire méthodiquement le programme du CNR. Et pourtant, le » président des riches » se verrait bien « en même temps » incarner le successeur des résistants. On mesure aujourd’hui le fossé immense qui sépare les hommes de la Libération, attelés dans la nuit la plus noire à relever la nation autour d’un même idéal de justice, et l’entreprise de démolition d’un président minoritaire dont le « CNR » de pacotille n’a trompé personne.
Tandis que le programme des « jours heureux » résonne toujours de façon incroyablement moderne aujourd’hui, Emmanuel Macron et son gouvernement s’évertuent à détruire ce qu’il en reste. Retraites, assurance-chômage, sécurité sociale solidaire, les attaques sont multiples pour établir le règne des grandes fortunes et des actionnaires. Pourtant, les ressources, plus abondantes en 2023 qu’en 1945 rendent les « jours heureux » à portée de main. Mais comme à l’époque, ils n’adviendront qu’avec le courage de femmes et d’hommes prêts à surmonter leurs désaccords pour ouvrir une perspective de progrès au peuple français.
Emmanuel Macron se réfère régulièrement aux Jours heureux du Conseil national de la Résistance, mais depuis 2017, il les démolit. Droit à la retraite, modèle démocratique et social, répartition des richesses, intérêts de la nation… Le chef de l’État mène une entreprise de casse programmée des conquis du CNR, dont la première réunion s’est tenue il y a 80 ans, le 27 mai 1943.
Le président de la République a commémoré, en catimini, les 80 ans de la première réunion du Conseil national de la Résistance (CNR). Emmanuel Macron n’a même pas pris la parole pour célébrer l’événement. Il n’a pas non plus respecté la véritable date de la réunion, le 27 mai 1943, mais préféré se rendre le 24 mai au 48, rue du Four, à Paris.
Sans doute avait-il mieux à faire trois jours plus tard. La réunion constitutive du CNR à cet endroit représente pourtant une date essentielle dans l’histoire de notre pays : les forces de la Résistance se donnaient alors pour objectif de vaincre l’Allemagne nazie, mais aussi de rétablir la République sur des bases démocratiques et sociales d’une ambition rare qui ont façonné notre modèle de société. Devant pareil souvenir, le président s’est contenté de déposer une gerbe. Un geste à la fois insuffisant, vu l’importance de la date, et insincère, vu la politique menée par Emmanuel Macron.
Les réseaux sociaux ne se substituent pas à nos liens sociaux mais ils les transforment. Qui y sommes-nous, et quid de nos traces numériques sur ces services avides de nos données ? Avec Serge Abiteboul, exploration d’un monde numérique qui doit rester le nôtre.
Dans le cadre du partenariat de l’Humanité Magazine avec l’Académie des sciences, des académiciennes et académiciens analysent et apportent leur éclairage sur les grands enjeux du monde contemporain au travers de questions scientifiques qui font l’actualité.

Chercheur en informatique à l’Inria et à l’ENS, Serge Abiteboul est membre du collège de l’Arcep et de l’Académie des sciences. Ses travaux portent principalement sur les données, la gestion de l’information et des connaissances.
Il coanime Binaire, blog de vulgarisation sur l’informatique et le numérique.
Quand les ordinateurs personnels sont arrivés, chacun gardait ses données numériques localement. Avec Internet, il est devenu possible de les stocker sur des serveurs distants. Puis le Web a favorisé la publication de contenus textuels et multimédias auxquels tout le monde pouvait accéder. La diffusion d’informations restait pourtant assez classique, d’une entité vers une multitude de lecteurs.
Enfin, le Web 2.0 a conduit à la richesse des interactions des « réseaux sociaux numériques », où des centaines de millions de personnes (voire des milliards) échangent avec des centaines de millions d’autres. Continuer la lecture de Réseaux sociaux, ce que nos traces révèlent
Le bilan de l’action d’Emmanuel Macron sur la « réindustrialisation » est mensonger : notre pays continue de se désindustrialiser.
Le déficit commercial de marchandises manufacturées a enregistré un record en 2022, en atteignant 80 milliards d’euros ! Et le solde très faiblement positif d’emplois industriels depuis 2017 ne compense pas les millions d’emplois détruits (deux millions depuis 1974, dont un million depuis 2001). Aujourd’hui, seuls deux secteurs de l’industrie (énergie et traitement des déchets) voient des créations d’emplois, quand tous les autres décrochent. Dans l’automobile, après deux décennies d’affaiblissement, le patronat vient à nouveau de planifier la réduction d’emplois jusqu’en 2035, projetant une destruction de 90 000 emplois. Dans d’autres secteurs, la faiblesse de la filière est flagrante, comme dans le médicament, avec des pénuries de produits désormais. Continuer la lecture de Industrie verte : le capital remporte la mise, l’écologie, l’emploi et la formation attendront !
La serre hydroponique des Jardins suspendus de Lomagne, détenue par Emmaüs et faisant appel à une douzaine de salariés en réinsertion, est désormais en activité. Un an après le début de sa construction, des milliers de plants sont en train de s’y développer…une croissance qui se fait non pas dans la terre mais uniquement dans l’eau!
C’est un chantier qui avait débuté en mai 2022 et qui est sur le point d’aboutir. Un an après, les 2000m2 sur lesquels s’étend la serre entièrement mise en place par les employés en réinsertion d’Emmaüs et des compagnons de l’association, seront bientôt tous exploités. Continuer la lecture de VIDEO. Serre hydroponique d’Emmaüs : près de 6500 plants de légumes cultivés dans l’eau… In DDM
À l’initiative des Amis de l’Humanité 63, une série de conférences réunissant des centaines de personnes à Clermont-Ferrand a fait s’ébranler durant plus d’une semaine la pensée de l’auteur du Capital. Nous publions le compte rendu du débat qui a clos ce cycle de rencontres. Avec la participation de Laurent Brun, secrétaire général de la CGT cheminots et membre du bureau confédéral, Marianne Maximi, députée FI du Puy-de-Dôme et André Chassaigne, député PCF du Puy-de-Dôme et président du groupe de la Gauche démocrate et républicaine (GDR)