Auteur/autrice : Démocrite
Fabienne Fédérini : « L’Etat privilégie l’enseignement privé au détriment de l’enseignement public de trois manières »
Fabien Roussel : « L’intervention des citoyens dans les jours qui viennent sera déterminante »
L’Humanité s’entretient avec Fabien Roussel. Le secrétaire national du PCF appelle à changer non seulement de gouvernement, mais surtout de politique. Il décrit la période qui s’ouvre comme celle d’un « bras de fer » contre les politiques favorables au capital et invite à la mobilisation.

© Thibaud MORITZ / AFP
En cette rentrée, alors que le gouvernement Bayrou est sur la sellette, le PCF exige des mesures d’urgence : augmentation du Smic à 2 000 euros brut, abrogation de la réforme des retraites, remise à plat des aides publiques aux entreprises, moratoire sur les licenciements, action pour la paix.
Redoutant la désignation d’un nouveau premier ministre dans la lignée des précédents, le secrétaire national du PCF, Fabien Roussel, invite à la mobilisation les 10 et 18 septembre. En cas de dissolution, il appelle toute la gauche à se rassembler pour faire émerger, dans les territoires, les candidatures les mieux placées pour battre l’extrême droite.
François Bayrou souhaite que le vote de confiance scelle un « constat » sur l’état des finances publiques. Quel est le vôtre ? Continuer la lecture de Fabien Roussel : « L’intervention des citoyens dans les jours qui viennent sera déterminante »
Kaja Kallas et l’histoire de la lutte anti fasciste

La représentante de l’UE n’a pas apprécié la célébration du 80e anniversaire de la victoire sur le fascisme à Pékin, en présence des présidents Poutine, Kim Jun-Un et Pezeshkian. Il paraît que ceci remettrait en cause les « règles » du système international. Suivant ces « règles » il est naturel d’embrasser fraternellement un président non élu, corrompu jusqu’aux os, représentant direct des bandes néo nazies nostalgiques de Stepan Bandera. Par contre les nations victimes du fascisme japonais ne devraient pas célébrer sa défaite.
Kaja Kallas avait fait cette déclaration : “J’ai participé à une réunion de l’ANASE et ce qui était intéressant, c’est que la Russie s’adressait à la Chine en disant : nous avons fait la deuxième guerre, nous avons vaincu les nazis, et je me suis dit, d’accord, c’est quelque chose de nouveau. Mais vous pouvez voir, si vous connaissez l’histoire, que cela soulève de nombreux points d’interrogation dans votre tête. Mais, vous savez, je peux vous dire qu’aujourd’hui, les gens ne lisent et se souviennent pas tant que ça de l’histoire, c’est-à-dire que, vous savez, on peut voir qu’ils achètent ces récits ».
De quels « points d’interrogation dans votre tête» s’agit-il ?
Kaja Kallas, qui épousa successivement un homme d’affaire et ministre du gouvernement Parks, puis un banquier et investisseur, a des raisons personnelles de détester l’URSS à travers la Russie, puisque ses grands parents furent déportés par l’armée rouge en 1940 après que l’URSS eût pénétré en Estonie. Son grand-oncle avait fondé la Ligue de Défense Estonienne en 1918, et son grand-père dirigé la police de sécurité et de renseignement anti communiste et anti soviétique en 1921. Pendant la Seconde Guerre mondiale, les membres de cette ligue dissoute ont participé aux exactions nazies et à la Shoah. Puis elle fut intégrée à la 20e division SS.
Aujourd’hui Kaja Kallas applique la même haine anti soviétique à la Russie que les nostalgiques de Stepan Bandera. Mais sa déclaration au sujet du 80e anniversaire de la victoire anti fasciste lui a valu une mise au point de Global Times.
L’édito de Global Times rappelle que l’Europe actuelle résulte du front uni mondial anti fasciste, et que pratiquer le révisionnisme historique salit la mémoire des combattants antifascistes européens eux-mêmes.
Xuan pour Histoire & Société
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L’Europe devrait soutenir la Chine dans le maintien d’une perspective historique correcte sur la Seconde Guerre mondiale Continuer la lecture de Kaja Kallas et l’histoire de la lutte anti fasciste
Une carte interactive pour lutter contre les anti-Evars in Caf. Péda.
Alors que l’EVARS devrait se mettre en place dès cette rentrée 2025, on appréciera de pouvoir se reporter à la carte interactive « Cartographie – Les croisé·es anti-Évars : qui a peur du genre à l’école ? ». Téléchargeable sur le site coopératif « Questions de classe(s) », elle fait le point sur les discours anti-Evars, religieux, politiques, complotistes… et les personnalités ou médias les portant. Parce que pour combattre la désinformation, il faut savoir d’où elle vient et comment elle cherche à se diffuser.
Carte interactive : les croisé.es anti-Evars et anti-genre
Rentrée 2025 : des équipes incomplètes dans 73% des collèges et lycées
Débat: Et maintenant, comment changer de politique sociale ?
Avec son plan budgétaire, François Bayrou veut accroître encore une logique austéritaire que subissent les classes populaires. Il existe des alternatives qui favorisent la réponse aux besoins sociaux.

© Sebastien ORTOLA/REA
Construisons de larges rassemblements avec les usagers, syndicats, associations et élus pour exiger le déploiement des services publics.
Isabelle Mathurin, Co-présidente de la Convergence nationale des collectifs de défense et développement des services publics
Devant l’ampleur des attaques gouvernementales portant durement atteinte aux conquêtes sociales, la Convergence des collectifs de défense et développement des services publics soutient la mobilisation en cours, l’appel intersyndical pour l’abandon du projet de budget du premier ministre, la contestation de la loi Duplomb, l’appel citoyen à tout bloquer le 10 septembre, l’appel intersyndical à la mobilisation du 18 septembre. Elle nécessite la construction de larges rassemblements avec les usagers, syndicats, associations et élus pour faire échec à ce budget ultra-austéritaire. Continuer la lecture de Débat: Et maintenant, comment changer de politique sociale ?
Le PCF refusera tout budget de recul social + résolution du CN
Le conseil national du PCF appelle à la mobilisation et au rassemblement autour d’un « pacte d’avenir pour la France » pour préparer l’après-Bayrou. Un congrès se tiendra les 3, 4 et 5 juillet 2026.

Alors que le gouvernement Bayrou devrait tomber ce lundi, la direction communiste se réunissait samedi place du Colonel Fabien. À l’ordre du jour : les initiatives à prendre dans cette période d’instabilité politique, l’hypothèse d’une nouvelle dissolution, mais aussi l’adoption d’un cahier thématique sur la Sécurité sociale du XXIe siècle, 80 ans après sa création.
Dans son introduction, Fabien Roussel ne retient pas ses coups contre le gouvernement Bayrou et son budget qu’il qualifie de « déclaration de guerre sociale ». Les députés communistes et leurs partenaires d’Outre-mer voteront donc contre la confiance demandée par l’hôte actuel de Matignon.
« Nous n’accepterons aucune ponction supplémentaire sur le pouvoir d’achat des salariés, des retraités, aucun compromis sur ce sujet. Pas touche à la santé, aux salaires, aux pensions, aux allocations », affirme le secrétaire national du PCF avant de prévenir : « nous sommes prêts à voter une nouvelle censure, à faire tomber un nouveau gouvernement s’il s’entête à taper sur les Français et donc nous sommes prêts à une nouvelle dissolution même si nous ne souhaitons pas qu’il y en est une ».
Décidé à « travailler sur un budget alternatif », il rappelle, à la veille des mobilisations des 10 et 18 septembre, que « l’ADN du PCF est d’être une force au service du monde du travail et des rassemblements les plus efficaces ». Continuer la lecture de Le PCF refusera tout budget de recul social + résolution du CN
Au-delà de la loi Duplomb : débattre du droit à l’alimentation

C’est une décision qui a fait grand bruit au cœur de l’été. Celle du Conseil constitutionnel de censurer l’article de la loi Duplomb qui prévoyait des dérogations à l’interdiction de certains pesticides comme l’acétamipride. La controverse qu’une telle loi a suscitée montre qu’un débat sur l’inscription du droit à l’alimentation dans la Constitution est nécessaire.
La décision du Conseil constitutionnel rendue le 7 août 2025 sur la loi Duplomb renforce la nécessité d’un débat à avoir sur l’alimentation. C’est un des besoins les plus fondamentaux des êtres humains, pourtant elle ne trouve pas de traduction juridique directe dans la constitution française. Sans droit constitutionnel à l’alimentation, les interventions du Conseil restent en effet limitées pour faire face aux difficultés que rencontre le système de production alimentaire en place. Continuer la lecture de Au-delà de la loi Duplomb : débattre du droit à l’alimentation
Pouvoir d’achat : comment le libéralisme nous fait les poches
Si les chiffres officiels montrent une augmentation constante du niveau de vie des Français, les enquêtes d’opinion disent au contraire le sentiment de déclassement. La faute au coût croissant des dépenses contraintes, dont le poids, qui pèse surtout sur les ménages les plus pauvres, contribue à l’accroissement des inégalités.

© DPA/ABACA
« Pour 100 balles t’as plus rien », dit l’adage populaire. Après deux années d’inflation galopante en 2022 et 2023, la formule fait plus que jamais écho au quotidien des Français. Enquête après enquête s’exprime leur sentiment d’avoir perdu du pouvoir d’achat. Selon l’étude « Fractures françaises 2024 », quelque 70 % d’entre eux estiment que « les gens comme (eux) ont des conditions de vie de moins en moins bonnes ». Les statistiques économiques disent pourtant le contraire.
« Le pouvoir d’achat par unité de consommation (individus qui composent un ménage – NDLR) a crû en moyenne de 0,5 % par an sous le quinquennat d’Emmanuel Macron, ce qui correspond à un gain annuel moyen de 170 euros. C’est plus que durant le quinquennat de François Hollande (+ 0,1 %) ou celui de Nicolas Sarkozy (+ 0,2 %), mais moins que durant les mandats précédant la crise de 2008 », écrivaient, en 2023, les économistes Pierre Madec, Mathieu Plane et Raul Sampognaro. Continuer la lecture de Pouvoir d’achat : comment le libéralisme nous fait les poches