Le 39ème congrès du Parti Communiste au jour le jour – les contributions du 2 janvier 2023

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La ligne qui se dessine de plus en plus dans ce blog (Histoire et Société) et au-delà est certes de dénoncer les insuffisances manifestes des forces de gauche, de progrès et surtout des communistes dans la période historique dans laquelle nous sommes, mais de ne pas se contenter de dénoncer. Si comme nous en sommes convaincus, pour une part la distance politique entre le peuple français et les dirigeants peut être négative parce qu’elle aboutit à la démission et à l’individualisme, de l’autre elle marque aussi le refus de contribuer à des choix et des orientations auxquelles ils ne peuvent adhérer. Il faut donc favoriser tout ce qui permet de reconstruire une action collective sur des bases de classe, d’interét national mais aussi d’internationionalisme en faveur de la paix dans les coopérations. A ce titre le Congrès du parti communiste français est un moment important et nous remercions Franck Marsal de nous faire un résumé des débats

La période des fêtes de fin d’année a été fructueuse pour les contributions des camarades en vue de notre prochain congrès. Aujourd’hui, 2 janvier 23, pas moins de 19 contributions ont été publiées sur le site du congrès. Les communistes s’emparent de ce congrès, développent, enrichissent, argumentent. Les contributions de ce crû soulèvent des questions très diverses, du très concret et aussi de la philosophie et de la science. Elles abordent la stratégie, mais aussi le coeur du projet communiste. La question de l’unité du parti est plusieurs fois évoquée. Il faut dire que certains choix, comme celui de soutenir à l’élection présidentielle un candidat d’une organisation concurrente, au mépris de la décision collective des communiste. La question du centralisme démocratique est reformulée. Continuer la lecture de Le 39ème congrès du Parti Communiste au jour le jour – les contributions du 2 janvier 2023

CARTE. LGV Toulouse-Bordeaux : allez-vous devoir payer cette nouvelle taxe pendant 40 ans ? In DDM

NDLR de MAC: pour certains habitants, cela va  confiner à la double peine à minima, soit une taxe de plus et les nuisances du chantier comme des traversées quotidiennes…
Un TGV en gare de Toulouse-Matabiau.
Un TGV en gare de Toulouse-Matabiau. Photo DDM archives, Frédéric Charmeux

 

Les habitants de 2340 communes d’Occitanie et de Nouvelle-Aquitaine devront payer une nouvelle taxe dès cette année 2023 pour financer la future ligne ferroviaire à grande vitesse entre Bordeaux et Toulouse.

Les contribuables d’Occitanie et de Nouvelle-Aquitaine vont devoir mettre la main à la poche pour financer une partie de la future ligne ferroviaire à grande vitesse entre Bordeaux et Toulouse.

Le programme chiffré à 13,5 milliards d’euros sera financé à 40 % par l’Etat, 40 % par vingt-six collectivités locales d’Occitanie et de Nouvelle-Aquitaine et 20 % par l’Union européenne, selon le plan de financement publié le 15 février 2022 par l’Etat.

Cet impôt nouveau, appelé « taxe spéciale d’équipement » financera la société du grand projet Sud-Ouest (GPSO) et rapportera 29,5 millions d’euros par an maximum. Le montant exact de la nouvelle taxe n’est pas connu : il est estimé entre 4 et 8 € par foyer ou par entreprise chaque année. Ces nouvelles taxes s’appliqueront pendant quarante ans. Les foyers et entreprises qui devront payer cette nouvelle taxe sont déjà assujettis :

Culture: le déni RN de Moissac

NDLR de MAC: nous publions avec plaisir la réaction de Chantal Fraisse, co-auteure d’un ouvrage de référence sur Le Cloitre et le Portail de l’abbatiale de Moissac à paraitre le 6 janvier et qui est ostracisée par la mairie RN de Moissac. C’est vrai que lorsque l’on parle culture, le RN parle traditionalisme!

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Ce que je vais vous narrer n’est pas un conte de Noël ni une… blague !

Depuis plusieurs années la boutique du cloître ne pouvait plus proposer aux visiteurs d’ouvrage de référence décrivant et expliquant tous les chapiteaux du cloître et toutes les sculptures du portail de l’église de l’abbaye célèbre, bien UNESCO. Un ancien ouvrage, de cet ordre, était épuisé.

Voilà 3 ans environ deux historiennes commencèrent donc à travailler pour pallier ce manque : la nouvelle somme devait renouveler la compréhension du monument tout en proposant les 400 nouvelles illustrations nécessaires. Le travail terminé il fallait trouver un éditeur qui veuille bien se lancer pour prendre le risque de fabriquer le « beau livre ». Ainsi l’éditeur pressenti demanda à la mairie de Moissac – qui gère la boutique-librairie du cloître – un pré-achat d’une centaine d’ouvrages à un tarif préférentiel (et non une subvention !!) : c’est ce qui se pratique dans tous les sites touristiques. Soyons clairs : l’éditeur vendait à la mairie 100 ouvrages à 30 € qui allait les revendre à 45€, bénéfice pour la commune : 1500 €. Précisons à ce stade que les auteurs touchent 8% sur la vente de leurs ouvrages : à 2 cela revient à 4% pour nos deux autrices (pour trois ans de travail).

« Et la réponse de la mairie tomba : refus !

Surprise : « pourquoi donc ce refus, monsieur le maire ? »

La vraie surprise fut en réalité la réponse : selon M. Romain Lopez le pré-achat se ferait à la condition que le nom d’une des autrices – la moissagaise 😊 – disparaisse de la couverture de l’ouvrage futur !

Diantre ! Vous m’en direz tant ! C’est une blague ? »

Quelques fous-rires plus tard on devait apprendre que l’autrice moissagaise avait déplu… (à la décharge de M. le maire elle n’a jamais fait mystère de son aversion pour les thèses frontistes).

L’historienne moissagaise en question ne témoigne pas pour faire pleurer sur son sort mais dans un seul objectif, celui de poser cette question : qui, à part un esprit pétri d’idéologie frontiste, peut penser à punir un historien – et en réalité un livre – pour divergence d’opinion ?

Ah ! J’oubliais : la même autrice a été évincée par la mairie actuelle du Comité scientifique qui conseille les architectes pour la restauration du monument historique moissagais (restauration déclenchée et préparée avec la DRAC par les municipalités précédentes car l’équipe actuelle a seulement la chance de voir se réaliser un projet qui n’est en rien de son fait) : au moins M. Lopez est cohérent !

Le happy end de cette histoire est un magnifique ouvrage qui sera en vente en librairie le 6 janvier 2022, paru grâce à une souscription qui fut un succès et à l’appui des Conseils départemental et régional. La communauté de communes « Terres de Confluences » a courageusement renoncé à répondre aux divers courriers de l’éditeur.

Bonne année à Moissac 2023,

Chantal Fraïsse (dont on ne peut pas écrire le nom 😊), conservateur, enseignante à l’université émérite.

 


Pour celles et ceux qui aiment profondément Moissac et son art roman, MAC vous invite à vous inscrire ci dessous avec vos coordonnées pour commander un ouvrage, coordonnées que nous transmettrons à Chantal Fraisse qui se fera un plaisir de vous le dédicacer comme sa co-autrice.

L’article de la DDM (Excellent C. Laguille) pour la présentation du livre

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Cinéma: Omar Sy « Il faut toutes les mémoires pour faire l’histoire »

Dans une France fracturée, il rassemble. Sans doute parce qu’il sait parler de choses graves sans perdre le sourire. Omar Sy est un chic type, plus malin et bluffant que lisse. « L’acteur préféré des Français » revient dans « Tirailleurs », où il campe en langue peule un Sénégalais enrôlé dans l’enfer de Verdun. Révélant une facette méconnue du public, la richesse de sa double culture.

© Marie-Clémence DAVID / Light Motiv

© Marie-Clémence DAVID / Light Motiv

Il donne l’impression de faire partie des meubles. Omar Sy, d’abord membre du duo d’humoristes Omar et Fred qui a sévi à la télévision dans le « Service après-vente des émissions » et sur scène, s’est d’abord solidement installé parmi les figures les plus populaires de la comédie.

Le tournant « Intouchables », avec ses 19 millions de spectateurs, l’a placé dans une autre dimension. Couronné césar du meilleur acteur en 2012, il a depuis élargi son aire de rayonnement. À Hollywood, il tâte du blockbuster avec « Jurassic World » et a tourné un remake du film culte « The Killer », avec l’immense John Woo. « Lupin », diffusé sur Netflix, a été en tête des audiences mondiales de la plateforme de streaming, une première pour une série française. Continuer la lecture de Cinéma: Omar Sy « Il faut toutes les mémoires pour faire l’histoire »

Éducation : drôles d’étrennes pour les AED et AESH 

À partir de ce mois de janvier les assistants d’éducation et accompagnants d’élèves et situation de handicap ont enfin accès aux primes d’éducation prioritaire. Mais avec des montants inférieurs aux autres personnels.

Une manifestation d'AESH à Paris le 5 avril 2022. © Pierrick Villette / ABACA

Une manifestation d’AESH à Paris le 5 avril 2022. © Pierrick Villette / ABACA

Les ministres changent, les (sales) habitudes demeurent : pour faire respecter ses droits par le ministère de l’Education nationale, il faut lui tordre le bras. La bonne nouvelle, pour les AED (Assistants d’éducation) et les AESH (Accompagnants d’élèves en situation de handicap), c’est qu’à compter de ce mois de janvier 2023, celles et ceux qui exercent en réseaux d’éducation prioritaire et d’éducation prioritaire renforcée (REP et REP+) pourront enfin percevoir la prime à laquelle ils auraient dû avoir droit depuis bien longtemps.

Cette indemnité de sujétion a en effet été créée en 2015, avec un double but : compenser les exigences particulières des postes exercés en REP et REP+… tout en incitant les personnels à les pourvoir – et à s’y maintenir, les territoires concernés faisant l’objet d’un turn over plus important qu’ailleurs. En REP, elle se monte à 1734 euros bruts annuels ; en REP+, elle atteint 5114 euros. Vient s’y ajouter une faible part variable de 234, 421 ou 702 euros bruts annuels, dont le principe est très contesté par l’ensemble des organisations syndicales. Tous les personnels, enseignants comme non-enseignants, y ont droit, jusqu’aux inspecteurs. Continuer la lecture de Éducation : drôles d’étrennes pour les AED et AESH 

« Le nazisme et l’extermination menée par Hitler ont été rendus possibles par le soutien des banquiers et des grandes entreprises»

L’historien Jacques Pauwels, avec l’homme politique et économiste Carlos Sánchez Mato lors de la présentation de « Big Business with Hitler », à Madrid.

Comprendre l’histoire du XXe siècle et, en particulier, de la Seconde Guerre mondiale, implique la lecture de Jacques Pauwels. Cet historien, d’origine belge et basé au Canada, joue dans son livre « Big Business with Hitler » (El Garaje Ediciones), l’un des épisodes les plus sombres du siècle dernier. Il révèle, avec une grande profusion de données et de bibliographie, comment la montée du nazisme a été possible. Le grand capital et les multinationales, allemandes, du reste de l’Europe et des États-Unis, ont soutenu l’émergence d’un grand leader qui arrêterait la révolution russe, les idées de justice et d’égalité sociale, le marxisme. En outre, ils tiraient de grands avantages de l’armement d’abord du nazisme, puis des Alliés. Crónica Libre était avec Pauwels lors de sa récente visite en Espagne pour présenter ce travail. Une publication essentielle pour savoir ce qui s’est réellement passé dans la première moitié du siècle dernier et comprendre ce qui se passe aujourd’hui parce que les sponsors de la guerre et de la haine sont demeurés les mêmes, parce qu’au-delà des responsabilités individuelles il y a le capitalisme et son palmarès séculaire. Vous n’ignorez pas que le livre dont il est question ici est publié en français.

PAR INMA MURO JANVIER 2, 2023

Les marques et les multinationales que nous connaissons et consommons tous aujourd’hui, ont volontiers fabriqué les camions dont Hitler avait besoin dans son empressement expansionniste. Ils habillaient leurs troupes d’assaut ou équipaient même des systèmes informatiques dans les mille camps de concentration où le nazisme enfermait des opposants, juifs, homosexuels, gitans ou handicapés mentaux ou physiques. De nombreuses grandes entreprises ont profité du travail esclave des prisonniers pour s’enrichir. Même les laboratoires pharmaceutiques, qui continuent à fabriquer des remèdes qui se trouvent dans toutes les armoires à pharmacie domestiques, ont fait des expériences sur des prisonniers des camps de concentration. Continuer la lecture de « Le nazisme et l’extermination menée par Hitler ont été rendus possibles par le soutien des banquiers et des grandes entreprises»

Démographie : le Tarn-et-Garonne poursuit son essor (tous les chiffres et %)

Montauban (61 677 habitants intra muros et 80 503 pour l’agglomération) gagne chaque année 0,8 % de population.
Montauban (61 677 habitants intra muros et 80 503 pour l’agglomération) gagne chaque année 0,8 % de population. DDM, archives – MANUEL MASSIP

Les derniers chiffres de l’INSEE montrent que le Tarn-et-Garonne fait partie des 20 départements les plus dynamiques de France métropolitaine. Une croissance démographique nourrie par l’excédent migratoire plus que par le solde naturel. Selon une projection, le département pourrait compter 282 000 habitants en 2050.

Le Tarn-et-Garonne continue à gagner des habitants. C’est une des bonnes nouvelles de ce début d’année. L’INSEE, qui vient de publier ce 29 décembre les chiffres officiels des populations légales 2020 (qui compulsent cinq années de recensement) indique que 262 316 personnes résidaient dans le Tarn-et-Garonne au 1er janvier 2020. C’est presque 10 000 de plus qu’en 2014. Continuer la lecture de Démographie : le Tarn-et-Garonne poursuit son essor (tous les chiffres et %)

2023, une année d’engagements pour des jours heureux!

2023, une année d’engagements par Maximilien Reynès-Dupleix

Fragilisées par l’inflation, les classes moyennes redoutent la paupérisation

Selon l’état des lieux des vulnérabilités des Français, édité chaque année par le Crédoc, les classes moyennes inférieures ont été particulièrement impactées par la hausse des prix en 2022.

En juillet dernier, 46 % des classes moyennes inférieures se sentaient fragilisées, soit 17 points de plus en un an. © Philippe Huguen / AFP

En juillet dernier, 46 % des classes moyennes inférieures se sentaient fragilisées, soit 17 points de plus en un an. © Philippe Huguen / AFP

Pour sa troisième édition depuis 2018, l’Observatoire des vulnérabilités, créé par le Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie (Crédoc) s’est intéressé aux classes moyennes inférieures. Le constat est sans appel : l’inflation accroît la vulnérabilité de cette couche sociale et entraîne repli sur soi et moral en berne. Le Crédoc a sondé les foyers dont les revenus mensuels se situent entre 1 285 et 1 840 euros cet été, alors que l’inflation était à plus de 6 % (7 % pour les produits alimentaires). Continuer la lecture de Fragilisées par l’inflation, les classes moyennes redoutent la paupérisation

Le Tesa, cet outil de précarité agricole

Ce titre d’emploi simplifié instaure une instabilité accrue et de faibles rémunérations, tout en permettant d’importantes exonérations fiscales.

Dans l’agriculture, parmi les CDD, 96 100 équivalents temps plein sont des Tode (dispositif d’exonération de cotisations patronales pour les travailleurs occasionnels), selon la Fnaf-CGT. © Valentine Vermeil / Réa

Dans l’agriculture, parmi les CDD, 96 100 équivalents temps plein sont des Tode (dispositif d’exonération de cotisations patronales pour les travailleurs occasionnels), selon la Fnaf-CGT. © Valentine Vermeil / Réa

Pour le réveillon de Noël, accompagnant une dinde aux marrons ou la bûche de chèvre partagée en famille, vous avez sans doute savouré un Côtes-du-rhône ainsi qu’une salade verte. Des produits du terroir qui nécessitent une main-d’œuvre le plus souvent précarisée. Théophile et Constance en font partie. Elle, est devenue maraîchère agricole, après une reconversion professionnelle. Lui, travaille dans les vignobles. Leur point commun ? Avoir travaillé la terre sous le régime du titre d’emploi simplifié agricole (Tesa) durant de longues années. « C’est une offre des pouvoirs publics, en l’espèce la Mutualité sociale agricole (MSA), en matière de déclaration, explique Martin Abry-Durand, enseignant-chercheur en droit privé. Pour les entreprises non dimensionnées à la gestion des paies, il permet de simplifier les droits des salariés et d’assurer le bon encaissement des cotisations. » Le Tesa n’est pas un contrat à proprement parler, comparable au CDD ou au CDI. « C’est un titre d’emploi censé être réservé aux salariés occasionnels du monde agricole », pour les exploitations n’excédant pas 20 personnes, poursuit le chercheur. Mais, selon Constance, « le Tesa nous contraint à une précarité à vie ». Continuer la lecture de Le Tesa, cet outil de précarité agricole