Le fermage, un statut sécurisant l’accès au foncier agricole, fête ses 80 ans, mais ses failles sont exploitées par les grands exploitants. De quoi perturber l’accès fondamental à des terres, premier enjeu pour l’installation agricole.
Nantes (Loire-Atlantique), correspondance
Pour l’historien émérite René Bourrigaud, il y a eu deux temps forts dans l’émancipation paysanne : « L’abolition des privilèges en 1789 permettant de se libérer de la tutelle des seigneurs, puis en 1946 la création du fermage pour se libérer de la tutelle des grands propriétaires fonciers. » Le fermage vient tout juste de fêter ses 80 ans. À cette occasion, l’historien était invité à un colloque organisé le 11 avril, en Loire-Atlantique, par le syndicat la Confédération paysanne. Continuer la lecture de Comment les grands exploitants détournent un statut censé protéger les petits paysans in Reporterre
Vous dont les fins de mois s’arrangent par traîtrise
Il vous dit que c’en est assez
Assez mettre à l’encan la robe de la France
A la bourse d’Europe entre des maquignons
Escompter ses enfants, leur force et leurs souffrances
Dont Mère avec toi, nous saignons.Il dit qu’avec les feux truqués d’une légende
On égare un soldat fût-il intelligent
Et ses fils ne font pas une nation grande
A massacrer chez eux les gens
Que naguère ce fut nous-mêmes qui donnâmes
L’exemple que suivront les peuples indomptés
Et qu’on ne peut couvrir cette guerre au Viet-Nam
Du drapeau de la liberté
ARAGON, Les Yeux et la mémoire (1954)
Bonjour à chacune et chacun.
J’ai consacré cette semaine mon texte à l’un des enjeux majeurs du moment bien trop sous-estimé : celui de l’empilement des armes nucléaires dans le cadre de la course aux armements en cours. À la veille de l’ouverture de la conférence de révision du Traité de non-prolifération nucléaire, un mouvement devrait se déployer pour que les gouvernements particulièrement le gouvernement français renforce ce traité au lieu de préparer son affaiblissement.
totale de Cuba par le gouvernement étatsunien est aujourd’hui poussée à l’extrême. Les principaux services essentiels du pays sont à l’arrêt depuis le 3 janvier. D’après l’ONU, ce sont plus de 110 000 opérations d’urgence qui ont dû être repoussées faute d’électricité. Près de 400 000 enfants sont, quant à eux, en risque de rupture scolaire suite à la fermeture des écoles et des 240 pensionnats du pays. Dans cette situation catastrophique, la compagnie Iberia a décidé elle aussi d’arrêter ses vols à destination de Cuba au moins jusqu’en juin.
Le 13 avril encore, D. Trump annonçait qu’après l’Iran Cuba serait la prochaine cible militaire des USA. Ce que le gouvernement des États-Unis vise est simple : l’anéantissement total de toute velléité d’indépendance et de résistance sur le continent latino-américain comme dans le reste du monde.
« Le vieux monde se meurt, le nouveau monde tarde à apparaître, et dans ce clair-obscur surgissent les monstres », disait Antonio Gramsci. Force est de constater que ces derniers mois les monstres sont de sortie et qu’ils n’hésitent plus à agiter le spectre de la guerre nucléaire, de l’anéantissement de civilisations entières et de génocides pour assouvir les desseins d’une bourgeoisie financière étatsunienne (et de ses alliés) qui refuse de voir son hégémonie contestée à l’échelle globale. Si nous ne les arrêtons pas maintenant, vers qui se dirigeront leurs attaques ensuite ? Le Groenland, l’Espagne, la France peut-être ? Nous devons les stopper ! Continuer la lecture de Cuba : continuons la mobilisation internationale pour briser le blocus ! (Vidéo)
Voici à titre d’information ce qu’en l’état de ce qu’a déjà réussi à imposer au monde l’impérialisme en faillite et ses brillants « alliés » de l’OTAN, dont notre propre président et gouvernement, l’UE, et qu’il parait difficile d’éviter. Ce qui nous devrait nous conduire si nous avions le moindre bon sens à deux attitudes politique, la première d’imposer que cela s’arrête et la seconde de voir qui va déjà payer la note de ces folies bellicistes (sans parler de celle de ceux qui ont tout fait pour nous conduire là en contribuant activement à diffuser la propagande de l’OTAN y compris au sein du PCF, de l’Humanité, de la CGT comme dans toute la gauche) . Ces deux urgences politiques nous conduisent à ce qu’a compris Pedro Sanchez à savoir qu’il n’y a pas le choix entre le monde multipolaire et une troisième voie mais bien entre le monde multipolaire et le fascisme, la guerre et celle-ci est déjà là. (note de danielle Bleitrach pour histoireetsociete)
par Ionès Jaoulane, Directeur investissements
Le Fonds monétaire international a publié ce mardi 14 avril ses nouvelles prévisions de croissance mondiale, et le tableau est alarmant : le conflit opposant les États-Unis et Israël à l’Iran a définitivement enterré les espoirs d’une année 2026 synonyme de reprise, où la croissance mondiale aurait pu atteindre 3,4 %. À la place, le chef économiste du FMI Pierre-Olivier Gourinchas présente trois scénarios — tous mauvais — qui dépendent essentiellement de la durée des hostilités et de leurs répercussions sur le détroit d’Ormuz.
Dans le meilleur cas, un conflit court limiterait la casse à une croissance de 3,1 % et une inflation à 4,4 % ; dans un scénario intermédiaire, le baril grimpant à 100 dollars ferait chuter la croissance à 2,5 % et forcerait les banques centrales à remonter leurs taux ; dans le pire des cas enfin, avec un pétrole à 125 dollars en 2027 et des prix du gaz bondissant de 200 % en Europe et en Asie, la croissance mondiale tomberait à 2,2 % — frôlant le seuil de récession que le FMI fixe à 2 %, un phénomène rarissime qui ne s’est produit que quatre fois depuis 1980.
Et malgré l’annonce d’une trêve temporaire, Gourinchas est catégorique : « Le mal est déjà fait. »
La paix, si elle advient, ne suffira pas à effacer les cicatrices économiques d’un conflit qui a déjà changé la donne pour des millions de ménages et d’entreprises à travers le monde.
NDLR de Démocrite: Une analyse pertinente en temps réel d’une crise du capitalisme à son seul profit… Avec des conséquences à venir catastrophiques!
Il faut être logique: vous ne voulez pas remettre en cause le capitalisme alors acceptez en la logique . Dans la logique inaugurée dans les années 70 mais qui a pris toute son ampleur dans les années 80(le tournant de la rigueur en France et la manière de céder aux marchés) et 1990 (la contrevolution en URSS) , Michel Edouard leclerc a raison le PDG de total a eu un « coup de génie » dont peuvent le féliciter ses actionnaires… Faut-il expliquer que Total n’est plus une société française mais un groupe détenu en partie par des investisseurs internationaux. Poursuivre dans cette voie est la seule proposition des capitalistes mais qui défend réellement le socialisme, s’interroge sur le contexte international qui cherche à échapper à cette logique? Le débat doit porter sur autre chose et faire monter la haine entre gens qui n’ont rien à proposer qui soit concret et à mettre en oeuvre, nous sommes dans l’incantatoire!
Michel-Edouard Leclerc, président du comité stratégique E.Leclerc et porte-parole du mouvement, a loué la stratégie de TotalEnergies dans le contexte des tensions au Moyen-Orient, évoquant un «coup de génie» de Patrick Pouyanné, reposant sur des achats de pétrole réalisés en amont de la crise.
La guerre, c’est l’horreur absolue, l’anti-humanisme incarné avec ses bombes qui ne laissent au sol que des cratères de sang et de larmes, de souffrances et d’amputations, de destruction et de saccage de la nature.
Les critiques s’indignent car le budget de Trump augmenterait les dépenses militaires totales de plus de 40 % par rapport à l’exercice fiscal en cours. Mais est-ce qu’on mesure bien nous en France le coût de cette action de la planche à billet de la monnaie universelle qui peut engendrer une crise type celle des subprimes qui a été purement spéculative et dans laquelle la Chine a joué les amortisseurs, plus une crise pétrolière réelle type celle de 1973, et celle encore ouverte sur d’autres ressources y compris les engrais, l’hélium, l’helium lié au choc gazier. Demain nous insisterons sur cette dimension et le caractère léger des mesures envisagées qui n’osent pas s »attaquer à la réalité de ce qu’est la situation géopolitique (note et traduction de danielle Bleitrach pour histoireetsociete)
Le maire Rassemblement National de Carcassonne a infiltré un réseau social de lycéen·nes pour les menacer de poursuites individuelles en cas de participation à une manifestation devant la direction des services départementaux de l’Éducation nationale.
« Ce dossier est une bande-annonce de ce qui arrivera aux libertés académiques si un jour l’extrême droite arrive au pouvoir » a déclaré l’avocat du SNES-FSU, Me Ortin.À la barre du tribunal judiciaire de Paris, la professeure de philosophie Sophie Djigo a défendu bien plus que sa personne les 30 et 31 mars. À travers sa plainte pour diffamation et injures publiques visant neuf personnes, c’est une certaine idée de l’enseignement et de la liberté pédagogique qui se joue. Son procès met en lumière une dynamique plus large : la montée de pressions politiques, souvent portées par l’extrême droite, sur le monde éducatif. Continuer la lecture de Au tribunal, l’école face aux offensives de l’extrême droite
Adoptée à l’unanimité le 19 mars 1946, sur la proposition notamment d’Aimé Césaire, jeune député communiste d’outre-mer, la loi de départementalisation visait l’égalité réclamée par les anciennes colonies sucrières. Ce nouveau statut va pourtant participer à renforcer le pouvoir central pour maintenir les Ultramarins en position de citoyens de « seconde zone ».
Par Pierre-Éric Fageol et Gilles Gauvin, historiens.
La loi du 19 mars 1946 sur la départementalisation française de la Guadeloupe, la Martinique, la Guyane et La Réunion marque un tournant majeur dans l’histoire politique des outre-mer et dans celle de la France.
En inscrivant ces territoires dans l’espace national, elle contribue également à faire de la République une puissance présente bien au-delà du cadre européen. Portée à l’Assemblée constituante par plusieurs élus originaires de ces anciennes colonies – parmi lesquels Aimé Césaire, Léopold Bissol, Gaston Monnerville, Raymond Vergès et Léon de Lépervanche –, cette réforme institutionnelle vise à substituer au régime colonial l’application du droit commun républicain. Continuer la lecture de 9 mars 1946 : départementalisation des Outre-Mer portée par Aimé Césaire, de l’espoir à la désillusion