9 mars 1946 : départementalisation des Outre-Mer portée par Aimé Césaire, de l’espoir à la désillusion

Adoptée à l’unanimité le 19 mars 1946, sur la proposition notamment d’Aimé Césaire, jeune député communiste d’outre-mer, la loi de départementalisation visait l’égalité réclamée par les anciennes colonies sucrières. Ce nouveau statut va pourtant participer à renforcer le pouvoir central pour maintenir les Ultramarins en position de citoyens de « seconde zone ».

Pendant des siècles, les territoires colonisés sont pillés de leurs richesses. Dans les écoles, épinglée au mur de chaque classe, la carte des possessions coloniales (années 1930) affiche la puissance du pays. © Albert Harlingue / Roger-Viollet

Par Pierre-Éric Fageol et Gilles Gauvin, historiens.

La loi du 19 mars 1946 sur la départementalisation française de la Guadeloupe, la Martinique, la Guyane et La Réunion marque un tournant majeur dans l’histoire politique des outre-mer et dans celle de la France.

En inscrivant ces territoires dans l’espace national, elle contribue également à faire de la République une puissance présente bien au-delà du cadre européen. Portée à l’Assemblée constituante par plusieurs élus originaires de ces anciennes colonies – parmi lesquels Aimé Césaire, Léopold Bissol, Gaston Monnerville, Raymond Vergès et Léon de Lépervanche –, cette réforme institutionnelle vise à substituer au régime colonial l’application du droit commun républicain. Continuer la lecture de 9 mars 1946 : départementalisation des Outre-Mer portée par Aimé Césaire, de l’espoir à la désillusion

De l’école à la caserne : la jeunesse en uniforme ? In Caf. Péda.

« Monsieur le président, je vous fais une lettre que vous lirez peut-être… » Quelle école voulons-nous : l’école doit-elle devenir un instrument de défense nationale ?

Enseigner la citoyenneté et la cohésion ne pourrait-il pas se faire dans une Ecole où tous les élèves apprennent ensemble, dès lors ne faudrait-il pas s’acharner à lutter contre le tri social, la ségrégation subie comme choisie et le phénomène de séparatisme croissant à l’œuvre aujourd’hui dans nos écoles ? Continuer la lecture de De l’école à la caserne : la jeunesse en uniforme ? In Caf. Péda.

Avec « sa dissuasion avancée », comment Emmanuel Macron entraîne la France dans l’engrenage nucléaire + com PCF

Emmanuel Macron, le 2 mars 2026, lors de son discours sur la base sous-marine de l’Ile Longue, à Brest, dans le Finistère.
© Yoan VALAT / POOL / AFP

Après de nombreux reports, le président Emmanuel Macron a enfin exposé ce lundi dans la rade de Brest, la stratégie nucléaire française dans un cadre européen. Depuis l’île Longue, qui accueille la base opérationnelle des sous-marins nucléaires lanceurs d’engins (SNLE), le chef de l’État a lancé : « Nous devons renforcer notre dissuasion nucléaire face à la combinaison des menaces et nous devons penser notre stratégie de dissuasion dans la profondeur du continent européen, dans le plein respect de notre souveraineté, avec la mise en place progressive de ce que j’appellerai une dissuasion avancée ».

Lire aussi: L’impasse dangereuse du fédéralisme nucléaire d’Emmanuel Macron

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« Bolloré a infusé la haine raciale dans l’espace public », alerte l’historien du journalisme Alexis Lévrier

Le réseau des Relay, arme de distribution massive dont s’est emparé le milliardaire d’extrême droite, lui offre champ libre pour distiller ses idées dans la vie quotidienne des Français, estime l’historien Alexis Lévrier.

« Ce qui est frappant dans le cas de l’empire Bolloré, c’est qu’il y a des concentrations à la fois horizontales et verticales. Les activités sont complémentaires les unes des autres : un empire de presse, un empire d’édition et, avec Relay, un empire de distribution », analyse l’historien.
© Corre S/Alpaca/Andia.fr

Devenus une vitrine pour les auteurs de la bollosphère, les Relay sont le reflet du caractère cohérent de l’offensive réactionnaire menée par le milliardaire breton, à la tête de Lagardère, affirme Alexis Lévrier. Le spécialiste de l’histoire du journalisme déplore « l’étrange défaite » politique qui a conduit cet empire médiatique à avoir le champ libre dans sa guerre idéologique. Au risque d’un effondrement démocratique. Continuer la lecture de « Bolloré a infusé la haine raciale dans l’espace public », alerte l’historien du journalisme Alexis Lévrier

Video: 211 MILLIARDS €, la dépense cachée n°1 de l’État (devant l’école et l’hôpital)

💥 211 milliards d’euros donnés chaque année aux grandes entreprises… sans conditions sociales ni écologiques ! C’est la bombe qu’a révélée une commission d’enquête parlementaire menée par les communistes, avec comme rapporteur le sénateur Fabien Gay.

👉 Dans cette vidéo, Fabien Roussel décortique :

✔ combien chaque foyer paie réellement

✔ où va vraiment l’argent public

✔ pourquoi cela creuse les inégalités et fragilise nos services publics

🛑 Il est temps d’exiger que l’argent public serve l’intérêt général : écoles, hôpitaux, salaires, transition écologique et emploi – pas les profits des multinationales.

✍️ Signez la pétition ici : ➡️ https://www.pcf.fr/petition_condition…

👉 Elle demande notamment :

✔ des critères sociaux & écologiques pour chaque aide

✔ le remboursement des aides si une entreprise délocalise

✔ une réduction drastique des subventions non conditionnées

📢 PARTAGEZ cette vidéo partout si vous pensez que l’argent public doit profiter à la population, pas aux actionnaires !

Fabien Roussel et Assan Lakehoul : « Faire le pari de la jeunesse ! »

Après la proposition du Medef de créer un Smic jeunes et un CDI qui pourrait « être rompu sans motif pendant les trois premières années », mais aussi les déclarations du chef d’état-major Mandon à « se préparer à perdre ses enfants », une génération entière est visée par ces attaques.

Deux messages n’ont pas échappé à la jeunesse de France.

Le premier émane du chef d’état-major des armées, Fabien Mandon, qui a déclaré que la France devait se préparer à « accepter de perdre ses enfants ». Le second vient du syndicat patronal, le Medef, qui réclame pour les jeunes un CDI révocable, payable en dessous du Smic. Voilà donc le double projet proposé à la jeunesse de France par ceux qui la dirigent !

Entre précarité sociale et perspectives guerrières, la jeunesse voit son présent et son avenir hypothéqués sans que jamais la parole ne lui soit donnée.

La jeunesse doit être la priorité des décennies à venir. Et le monde a besoin d’une jeunesse formée, épanouie, joyeuse, prête à remettre la planète sur ses pieds. Face au sentiment de déclassement, au réchauffement climatique et aux menaces de guerre, il y a besoin de générations de jeunes hommes et de jeunes femmes conscientes, qui fassent le choix du climat, du vivant, de la coopération, de l’amitié entre les peuples plutôt que celui du court terme, de la confrontation et de la désespérance.

Oui, mille fois oui, la jeunesse est une solution et non un problème à résoudre. Les jeunes d’aujourd’hui sont la première génération à penser que leur vie sera pire que celle de leurs parents. C’est une honte et un échec collectif. Il faut leur redonner confiance. Il faut remettre l’avenir qu’elles et ils représentent au cœur de notre présent commun.

Construire un avenir à la jeunesse, c’est construire un avenir à la nation tout entière. Nous devrions y consacrer une part significative de notre richesse, comme nous l’avons fait en 1945 pour nos anciens avec la Sécurité sociale ! Redresser l’école, développer les universités, révolutionner la formation professionnelle, planifier la création d’emplois utiles, émancipateurs et rémunérateurs, voilà les chantiers à entamer d’urgence pour que la jeunesse puisse voir un coin de ciel bleu dans cet horizon qu’on lui promet si orageux.

Faire de la jeunesse de France, dans sa diversité, la jeunesse la mieux formée, la plus épanouie, la plus heureuse d’Europe, c’est un vrai projet de société.

Et celui-ci tourne le dos, bien entendu, à la précarité, au chômage et à la pauvreté qui frappent près d’un quart de nos enfants aujourd’hui, à la ville comme à la campagne.

Ne manque-t-il pas dans nos services publics des centaines de milliers de soignants, de juges, de magistrats, d’enseignants, d’accompagnants pour les personnes âgées, de travailleurs sociaux pour les enfants en situation de handicap ou les grands précaires ? Ne manque-t-il pas de médecins, de policiers, de gendarmes, de pompiers, tous ces métiers si utiles qui, autrefois, faisaient briller les yeux des enfants. N’y a-t-il pas des milliers de postes à créer dans nos universités, pour préparer la transition écologique, pour développer une IA utile à l’humanité, pour développer en tous domaines la recherche et l’innovation ? Ces métiers si indispensables pour nous permettre de faire société doivent être beaucoup mieux reconnus, mieux valorisés, mieux rémunérés pour redevenir attractifs.

Ceux qui nous dirigent vont-ils une bonne fois pour toutes entendre ces jeunes qui veulent vivre, participer, s’émanciper, créer et non plus se faire exploiter, se faire dominer, se faire mépriser ?

Nos enfants sont en quête d’espérance, de respect, d’écoute. Ils veulent vivre libres et heureux en France, à égalité quels que soient leur sexe, leur couleur de peau, leurs origines sociale ou culturelle. Certains rêvent d’une maison, d’une famille, d’un travail, d’un salaire dans la ville où ils ont grandi ; d’autres de voyages, de découvertes, de libertés en Europe et dans le monde ! Ils veulent vivre dans une planète respirable, en paix. Certains veulent des enfants. D’autres non. Ils sont divers, différents mais ils doivent être respectés, entendus, écoutés, qu’ils vivent dans les grandes villes ou à la campagne, qu’ils aient des diplômes ou pas. Qu’attendons-nous pour leur donner envie de vivre, de s’investir, d’aimer et de bâtir leur pays !

Faire le pari de la jeunesse, c’est faire le pari d’une belle République, unie, forte et audacieuse. C’est tout ce dont la France a besoin !

 

40e congrès 2026: Le socialisme, seule réponse possible à la crise historique actuelle, par Franck Marsal

Histoire et societe ne se veut pas simplement un site d’information apportant une dimension géopolitique et historique, mais il est devenu pour ses animateurs, ses lecteurs un laboratoire d’idées autour du basculement historique que nous sommes en train de vivre. Un lieu avec un but commun mais où chacun conserve son ancrage privilégié sans l’imposer aux autres. En ce qui me concerne j’ai la conviction que les partis, les syndicats, les organisations existantes sont actuellement des lieux où ce débat est impossible, même si les échos de ce qu’il devrait être grandissent. Par expérience de censure stupide et irresponsable du groupe fractionnel qui pour moi détient encore les clés du PCF et de son congrès, j’ai décidé de m’en abstraire. Sans le moins du monde nier qu’à la base comme dans d’autres lieux, il existe des possibles. Il n’est donc pas question de pratiquer la politique du pire et de devenir les adversaires de ce qui demeure un atout pour les « opprimés » de France, simplement rester dans un tel cadre ne mène pour moi nulle part, c’est une perte de temps et j’en ai peu. Ce n’est la position ni de Franck, ni de Marianne, ni même celle de Jean. C’est une pratique que nous avons pour tous nos intervenants, nous l’étendons à l’équipe de direction comme un mode de fonctionnement démocratique nécessaire. Marianne, Franck et Jean, comme d’autres courants qui interviennent ici, mais sans que nous devenions le lieu de ces débats, nous exposeront leurs réflexions et l’avancée de leur « voie » propre, nous renvoyons nos lecteurs à propos de ce texte de Franck Marsal et de tous ceux qu’il publiera dans ce cadre à Pcf débat et nous continuerons à nous aider mutuellement dans Histoireetsociete. (note et traduction de Danielle Bleitrach pour histoireetsociete)

Contribution de Franck Marsal – Section des Rives de Dordogne – Fédération de la Gironde

Notre parti a décidé de tenir un congrès en juillet. C’est un choix courageux, qui doit permettre de renforcer et de développer les positions du parti dans une période difficile, une période d’accélération de l’histoire, de montée des tensions et aussi des opportunités. Il a été décidé, dans ce cadre, de réouvrir la question fondamentale de notre projet historique, que l’on appelle communément la question du socialisme. Continuer la lecture de 40e congrès 2026: Le socialisme, seule réponse possible à la crise historique actuelle, par Franck Marsal

Comment mener la bataille de l’information ?

En débat: Face à l’offensive hégémonique de l’extrême droite, des formes d’appropriation populaire de l’information s’organisent, s’inspirant des luttes d’hier.

« On trouve dans cette radio un rapport un peu ambivalent à la culture populaire », estime Ingrid Hayes.
© Estate of Gerald Bloncourt. All Rights Reserved 2026 / Bridgeman Images

À l’occasion des 10es rencontres d’histoire critique de Gennevilliers, organisées les 27 et 28 novembre 2025 par les Cahiers d’histoire, l’Institut de recherche de la FSU, l’institut CGT d’histoire sociale et la Fondation Gabriel-Péri, cette table ronde animée par David Chaurand revient sur quelques-unes des expériences historiques de prise de pouvoir citoyenne sur la production de l’information. Une rétrospective nécessaire pour repenser la bataille hégémonique actuelle.

Durant la Commune de Paris, on trouve déjà une forme d’appropriation populaire de l’information. Qu’est-ce que cette expérience révolutionnaire nous apprend-elle dans la bataille médiatique actuelle ?

Sylvie Braibant, Historienne, coprésidente des Amies et Amis de la Commune de Paris 1871

 

À propos de la Commune de Paris, on peut dire que la presse est consubstantielle de l’événement révolutionnaire. Tous les éléments sont en place pour que la Commune arrive, mais c’est l’interdiction des journaux révolutionnaires qui va produire l’étincelle. La Commune va durer soixante-douze jours, et 71 journaux seront créés pendant ce laps de temps. Ce mouvement se déroule en outre dans un contexte où il n’est pas facile de se procurer du papier et où l’analphabétisme est proéminent. Continuer la lecture de Comment mener la bataille de l’information ?

CONGRÈS DU PCF : Une contribution de fond de FRANCK MARSAL

Le socialisme, seule réponse possible à la crise historique actuelle
(Franck Marsal – Section des Rives de Dordogne – Fédération de la Gironde)
Notre parti a décidé de tenir un congrès en juillet. C’est un choix courageux, qui doit permettre de renforcer et de développer les positions du parti dans une période difficile, une période d’accélération de l’histoire, de montée des tensions et aussi des opportunités. Il a été décidé, dans ce cadre, de réouvrir la question fondamentale de notre projet historique, que l’on appelle communément la question du socialisme.
Nous devons ouvrir une nouvelle perspective face à la crise historique du réformisme, qui a dominé la vie politique mondiale depuis près de 50 ans. Avec la consolidation du bloc capitaliste pendant la guerre froide, le réformisme, qui avait largement été déconsidéré durant les crises de 1914 à 1945, a connu un regain. Continuer la lecture de CONGRÈS DU PCF : Une contribution de fond de FRANCK MARSAL

Bercy sait… et se tait : comment le ministère entretient le secret de Polichinelle des riches qui ne paient pas un centime d’impôt sur le revenu

L’ancien ministre de l’Économie Éric Lombard a affirmé que des « milliers » de très riches ne paient aucun impôt sur le revenu et que l’administration est au courant. De quoi relancer l’offensive de la gauche sur la taxation des milliardaires, sujet sur lequel elle a gagné une bataille culturelle.

Circulez, il n’y a rien à voir, a répondu, en substance, « les yeux dans les yeux », Amélie de Montchalin, ministre des Comptes publics.
© Firas Abdullah/ABACAPRESS.COM

 

La justice fiscale s’est trouvé un allié inattendu en cette rentrée 2026. Éric Lombard, ministre de l’Économie du gouvernement de François Bayrou jusqu’en septembre, s’était fait plutôt discret depuis l’automne. Jusqu’à réapparaître dans les colonnes de Libération, lundi, pour lâcher une bombe qui a légitimement mis le monde politique en émoi et la gauche en ébullition. Continuer la lecture de Bercy sait… et se tait : comment le ministère entretient le secret de Polichinelle des riches qui ne paient pas un centime d’impôt sur le revenu