Les feux de la guerre jusque dans les assiettes par Patrick Le Hyaric

AESH : piliers invisibles de l’école inclusive in Caf. Péda.

Le métier d’accompagnant d’élèves en situation de handicap (AESH) est longtemps resté dans un angle mort de l’institution scolaire. Invisibilisé dans les discours, marginalisé dans les statuts, il est pourtant devenu en quelques années un rouage essentiel de l’école inclusive. L’un des premiers mérites du rapport de la DEPP : « Les conditions d’exercice des accompagnantes et accompagnants d’élèves en situation de handicap »[1], est précisément de mettre la focale sur cette profession encore largement méconnue. Continuer la lecture de AESH : piliers invisibles de l’école inclusive in Caf. Péda.

Fabien Roussel dans En toute franchise : guerre, énergie, salaires… ses propositions pour la France

Fabien Roussel, secrétaire national du Parti communiste français, était l’invité de En toute franchise sur LCI.

Au programme de cette émission :

  • guerre au Moyen-Orient, tensions avec l’Iran,
  • rôle des États-Unis, choc pétrolier, hausse des carburants, pouvoir d’achat, énergie,
  • salaires, nationalisation de Total,
  • présidentielle 2027 et stratégie de la gauche.

Dans cet échange, Fabien Roussel défend une diplomatie française et européenne indépendante, alerte sur les conséquences de la guerre pour les peuples et pour les Français, et avance des propositions concrètes pour protéger le pouvoir d’achat :

  • blocage des prix de l’énergie
  • baisse des taxes sur les carburants
  • baisse du prix de l’électricité
  • création d’un pôle public de l’énergie
  • indexation des salaires et des retraites sur l’inflation

Il revient aussi sur l’avenir de la gauche, les débats autour de 2027 et la nécessité de remettre le projet au centre.

  1. 00:00 – Introduction et questions rapides
  2. 02:00 – Guerre au Moyen-Orient : une “diplomatie choc” face à Trump
  3. 13:30 – Carburants, énergie, inflation : les propositions pour protéger les Français
  4. 26:10 – Présidentielle 2027 et gauche : quel chemin ?

EVAR.S: Attaques contre l’éducation à la sexualité, un phénomène européen

L’absence de programme a longtemps retardé la mise en place effective de l’EVAR.S. Son entrée en vigueur à la rentrée de septembre 2025 constitue donc un tournant décisif dont on se félicite. Mais pour autant, la partie n’est pas gagnée. Sur le terrain les lobbies réactionnaires continuent d’exercer leur influence et de mener leur travail de sape. Et pas seulement en France. Un rapport inédit de février 2026 du Planning familial, « L’offensive contre l’éducation complète à la sexualité – Cartographie des acteurs et analyse des stratégies d’opposition en Europe », témoigne en effet de l’ampleur de ces attaques au niveau européen. L’association invite les états membres à réagir rapidement à ces menaces dont « les écoles et l’éducation sont l’une des cibles prioritaires ». Continuer la lecture de EVAR.S: Attaques contre l’éducation à la sexualité, un phénomène européen

Guerre en Iran : la flambée des engrais bloqués dans le détroit d’Ormuz menace l’agriculture française

Le blocage du détroit d’Ormuz a entraîné une forte hausse du prix des fertilisants azotés, utilisés pour les cultures de céréales. L’inflation et le risque de pénurie mettent en lumière la forte dépendance des paysans français à ces intrants chimiques importés et hautement polluants, et interrogent sur la nécessité d’un système agricole plus résilient.

Alors que les céréaliers s’apprêtent à planter leurs cultures de printemps, cette inflation inquiète les syndicats agricoles.
© REMY GABALDA / AFP

Les agriculteurs payent décidément cher le prix de la guerre au Moyen-Orient. Déjà acculée par la hausse du prix du gazole non routier (GNR), dont le litre s’achetait le 19 mars 1,728 euro contre 1,202 euro à la veille de l’éclatement du conflit en février, une partie des paysans doit désormais faire face aux difficultés d’approvisionnement en engrais minéraux.

En effet, la déstabilisation du détroit d’Ormuz n’a pas eu qu’un impact sur le gaz et le carburant, elle perturbe également le commerce de matières premières entrant dans la composition de fertilisants utilisés dans les grandes cultures conventionnelles, comme l’urée. Environ un tiers de ce composé chimique transite en effet par le golfe Persique.

Conséquence directe de ce blocage, les prix des engrais azotés, largement utilisés dans les champs européens et français, flambent. La tonne de solution azotée s’échangeait ainsi, le 19 mars, plus de 419 euros, soit 43 euros de plus qu’avant le conflit, une hausse de plus de 11 % en quelques semaines à peine.

Éleveurs et céréaliers sur la sellette

Alors que les céréaliers s’apprêtent à planter leurs cultures de printemps, cette inflation inquiète les syndicats agricoles. « Certains ont pu faire des stocks d’engrais azotés, mais tous n’ont pas été capables, financièrement, de s’approvisionner. On ne sait pas encore ce qu’il se passera pour ceux-là », redoute Pierre Thomas, responsable de la commission grande culture du Modef. Privés d’engrais azotés, certains producteurs de céréales non bio pourraient accuser une baisse de rendement – et potentiellement de revenus – de 50 % à moyen terme, estime-t-il.

« La quantité de biomasse qu’on produit est déterminée par trois paramètres, le rayonnement solaire, la disponibilité en eau et la disponibilité en azote », confirme en effet Pierre-Marie Aubert, directeur du programme agriculture et alimentation à l’Institut du développement durable et des relations internationales (Iddri). Selon le chercheur, une réduction de l’azote disponible entraînerait également un « problème de gouvernance ». « La question qui va se poser est celle de comment allouer cette biomasse, qui est en large majorité aujourd’hui destinée à l’alimentation animale. Les éleveurs pourraient ainsi être les plus durement touchés par la situation. »

Ce blocage à Ormuz de l’urée met en tout cas en lumière la lourde dépendance de la France en ce qui concerne l’importation d’intrants chimiques destinés à l’agriculture. Malgré la volonté affichée du gouvernement d’ériger la souveraineté alimentaire en priorité, le pays est très peu résilient face aux chocs géopolitiques. Selon un rapport gouvernemental publié en mars 2024, « en 2022, la France importait plus de 80 % de ses engrais, dont une large part provient de pays en dehors de l’Union européenne, créant une double dépendance : aux pays tiers et aux énergies fossiles (qui servent à fabriquer les engrais minéraux) ».

Les légumineuses, pourvoyeuses d’azote gratuit

Plusieurs solutions existent pourtant pour, une fois cette crise passée, éviter que d’autres se succèdent. La première pourrait être de relocaliser en Europe les capacités de production d’intrants chimiques. L’Europe planche d’ailleurs sur ce sujet avec un projet de production d’engrais à base d’hydrogène et une taxe carbone (mécanisme d’ajustement carbone aux frontières) appliquée aux engrais importés. Cette dernière a toutefois été suspendue au début de l’année 2026.

Une autre possibilité pourrait tout bonnement être de se passer d’engrais azotés chimiques pour les productions et d’engager la transition du modèle agricole français vers l’agroécologie. En plus d’affecter la souveraineté européenne, ces intrants sont effet extrêmement délétères pour l’environnement. Selon un rapport des Amis de la Terre, « en France, les engrais azotés, y compris leur production et leur transport, représentent près d’un quart des émissions de gaz à effet de serre du secteur agricole ».

Il existe pourtant des manières de réintroduire de l’azote naturellement dans les sols, sans en appeler à l’industrie pétrochimique, rappelle l’agronome Pierre-Marie Aubert. « Les légumineuses sont capables d’utiliser l’azote atmosphérique pour enrichir les sols. Il serait utile de relocaliser l’alimentation animale, aujourd’hui surtout importée des Amériques, en plantant dans nos champs des pois, féveroles, ou de la luzerne. » Encore faut-il toutefois, pour que cette situation fonctionne, que ces nouvelles cultures à destination de l’élevage soient plus compétitives que le soja brésilien ; ce que la multiplication d’accords de libre-échange ne permet pas aujourd’hui.

Afrique Menaces sur les importations d’engrais

Comme pour les produits agricoles, notamment au début de la guerre en Ukraine, les pays africains sont les plus vulnérables aux perturbations du commerce mondial en matière d’engrais. Même si tous ne sont pas logés à la même enseigne pour la dépendance aux importations issues des pays du Golfe, cette proportion monte entre 30 % et 50 % en moyenne, mais des pays comme le Malawi ou le Burundi importent leurs engrais depuis le Golfe à hauteur respective de 62 % et 75 %. A contrario, l’Égypte, le Nigeria, l’Algérie ou le Maroc (grâce aux phosphates du territoire occupé du Sahara occidental) sont des gros exportateurs, y compris en Europe. Mais toute l’Afrique est concernée, puisque la production de fertilisants nécessite l’importation d’autres produits, comme le soufre et l’ammoniac.

 

Castelsarrasin. « Beaucoup souhaitent voir la ville repartir de l’avant »

  • "Nous avons construit une liste d’union de la gauche mais aussi une liste citoyenne qui reflète bien la diversité de Castelsarrasin.Photo fournie par le candidat
    « Nous avons construit une liste d’union de la gauche mais aussi une liste citoyenne qui reflète bien la diversité de Castelsarrasin.Photo fournie par le candidat

Article rédigé par Pierre-Jean Pyrda in DDM

Julien Sueres, tête de liste de « Castelsarrasin en commun », clôt sa campagne de 1er tour avec une réunion publique ce vendredi à 19 heures, salle Descazeaux. 

La campagne du 1er tour se termine ce vendredi soir. Comment avez-vous vécu personnellement cette campagne, très longue pour vous puisque vous avez été le premier à vous déclarer ?

J’ai vécu cette campagne avec beaucoup d’intensité mais surtout beaucoup d’enthousiasme. Nous avons été les premiers à nous déclarer, et cela nous a permis de mener une vraie campagne de terrain.

Depuis l’été, nous avons frappé à des centaines de portes, échangé sur les marchés, tenu un local de campagne ouvert pendant plusieurs mois et distribué plus de 6 000 questionnaires citoyens. Cette campagne a été avant tout une campagne d’écoute. Continuer la lecture de Castelsarrasin. « Beaucoup souhaitent voir la ville repartir de l’avant »

Julien Sueres : « Nous voulons rallumer les étoiles à Castelsarrasin »

À l’approche de la dernière semaine de campagne pour les élections municipales, Julien Sueres et l’équipe Castelsarrasin en commun poursuivent une campagne largement tournée vers le terrain et les habitants. Depuis plusieurs semaines, les membres de la liste vont à la rencontre des Castelsarrasinoises et des Castelsarrasinois dans tous les quartiers de la ville : porte-à-porte, échanges avec les commerçants, discussions avec les associations, présence sur les marchés et dans les lieux de vie.

« Nous avons voulu mener une campagne simple, sincère et respectueuse. Une campagne d’écoute avant tout. Partout où nous allons, les habitants nous parlent de leur quotidien : le pouvoir d’achat, la tranquillité publique, l’accès aux soins, les mobilités, l’avenir du centre-ville ou encore les services publics. Ces préoccupations sont légitimes et elles doivent être entendues », explique Julien Sueres.

Autour du candidat, l’équipe Castelsarrasin en commun rassemble des femmes et des hommes d’âges, de quartiers et de parcours différents : salariés, commerçants, retraités, parents d’élèves, acteurs associatifs. Une équipe diverse, unie par un même attachement à leur ville et par la volonté d’agir concrètement pour améliorer le quotidien des habitants.

« Castelsarrasin est une ville populaire, solidaire et industrielle, avec une histoire forte et des quartiers vivants qui font sa richesse. Mais c’est aussi une ville où beaucoup d’habitants expriment aujourd’hui des inquiétudes. Les nier serait une erreur. Les exagérer serait tout aussi irresponsable. Avec notre équipe, nous faisons le choix d’une gauche du réel : une gauche qui écoute, qui regarde la réalité en face et qui agit », poursuit le candidat.

L’équipe Castelsarrasin en commun défend également une méthode : remettre les habitants au cœur de la décision publique en développant le dialogue, la concertation et la participation citoyenne sur les grands projets qui engagent l’avenir de la commune. Dans les derniers jours de campagne, la liste continuera de sillonner les quartiers afin de rencontrer le plus grand nombre d’habitants possible.

« Castelsarrasin nous a donné à beaucoup d’entre nous des souvenirs d’enfance, des amitiés et un attachement profond. Aujourd’hui, nous voulons lui rendre ce qu’elle nous a donné. Nous voulons redonner confiance et ambition à notre ville. Nous voulons, tout simplement, rallumer les étoiles de Castelsarrasin.»

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L’appel de la CGT et de la CFDT à ne pas laisser « la première porte de la République » à l’extrême droite

À deux semaines des municipales, des responsables associatifs et syndicaux signent une tribune invitant à refuser « toute complaisance » avec l’extrême droite

Par Le HuffPost avec AFP
L’appel de Sophie Binet (CGT, à droite) et de Marylise Léon (CFDT, à gauche) à ne pas laisser « la première porte de la République » à l’extrême droite (photo d’archive pris en août 2025).

STEPHANE DE SAKUTIN / AFP
L’appel de Sophie Binet (CGT, à droite) et de Marylise Léon (CFDT, à gauche) à ne pas laisser « la première porte de la République » à l’extrême droite (photo d’archive pris en août 2025).

Des responsables syndicaux et associatifs, en tête desquels les cheffes de la CGT Sophie Binet et de la CFDT Marylise Léon, ont appelé samedi 28 février dans l’hebdomadaire La Tribune Dimanche à refuser « toute complaisance » avec l’extrême droite lors des élections municipales des 15 et 22 mars. Et pour cause : « La mairie, c’est la première porte de la République », expliquent les signataires du texte. Continuer la lecture de L’appel de la CGT et de la CFDT à ne pas laisser « la première porte de la République » à l’extrême droite

Salon de l’agriculture : les Amap redonnent le pouvoir aux agriculteurs et agricultrices

 

Par Pascale Bueno Merino, Directrice de la Recherche, Enseignant-Chercheur en Management Stratégique, Pôle Léonard de Vinci; Hamdi Hamza, Docteur en sciences de gestion, Université Le Havre Normandie; Samuel Grandval, Professeur des Universités en sciences de gestion, Université Le Havre Normandie et Sonia Aissaoui, Maître de Conférences en Sciences de Gestion, Université de Caen Normandie

À l’occasion du Salon international de l’agriculture de Paris, une étude met en lumière le double bénéfice des associations pour le maintien d’une agriculture paysanne, dites Amap : renforcer l’autonomie des agriculteurs et permettre aux bénévoles d’être des entrepreneurs… collectivement.


L’importance des échanges citoyens pour mettre en œuvre une agriculture durable est au cœur du programme de conférences du Salon international de l’agriculture. Les interrogations sur le « comment mieux manger ? » ou sur le « comment produire autrement ? » continuent de retenir l’attention.

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Mort de Susan George, figure altermondialiste et écologiste visionnaire

Susan George s’est éteinte le 14 février. En lutte contre « la classe de Davos », elle avait dénoncé les effets de la révolution verte dans les pays du Sud et mis au jour la fusion entre néolibéraux et néoconservateurs.

Geneviève Azam est économiste, essayiste et membre d’Attac.

Susan George (1934-2026), une voix majeure et une âme inspirante de l’altermondialisme, s’est éteinte le 14 février. Elle était présidente d’honneur de l’Association pour la taxation des transactions financières et pour l’action citoyenne (Attac) qui lui a rendu hommage dans un communiqué, retraçant les étapes essentielles de son engagement contre ce qu’elle nommera plus tard, « la classe de Davos ». Continuer la lecture de Mort de Susan George, figure altermondialiste et écologiste visionnaire