Cabinet de conseil : la Cour des comptes dénonce un usage « inapproprié »

La Cour des comptes a rendu lundi 10 juillet un rapport dans lequel elle estime que l’État doit redonner une place «  mieux maîtrisée » aux missions de conseil privées dont l’usage a parfois été «  inapproprié ». En mars 2022, une commission sénatoriale avait déjà épinglé le recours aux cabinets de conseil du gouvernement.

Une affiche de campagne d'Emmanuel Macron recouverte d'un écrit « Votez McKinsey » avant l'élection présidentielle de 2022.

Une affiche de campagne d’Emmanuel Macron recouverte d’un écrit « Votez McKinsey » avant l’élection présidentielle de 2022.
Fred MARVAUX/REA

La Cour des comptes publie lundi 10 juillet son rapport très attendu sur le recours par l’État aux cabinets de conseil privés. La polémique avait éclaté après l’affaire McKinsey et le rapport sénatorial dévoilé en mars 2022. Les termes employés par la Cour des comptes se veulent plus sages que ceux qui avaient alors condamné la gabgie, mais elle plaide tout de même pour que l’État redonne une place « mieux maîtrisée » aux missions de conseil privées, dont l’usage a parfois été «  inapproprié  ».

Parmi les usages « inappropriés » de ces externalisations, la Cour accuse notamment l’État de laisser certains prestataires privés remplir des missions relevant du «  cœur de métier de l’administration », voire de les laisser «  intervenir dans le processus de décision ». Continuer la lecture de Cabinet de conseil : la Cour des comptes dénonce un usage « inapproprié »

Éditorial de Fabien Roussel et les propositions du PCF

Dans la livraison d’aujourd’hui, sous différents angles nous abordons une question qui nous parait de plus en plus incontournable. Disons tout de suite que l’angle d’analyse et de propositions qu’a choisi Roussel en tant que secrétaire du PCF de ce que l’on définit très mal comme la crise des banlieues nous satisfait plus que tout autre position politique en France. C’est la seule position qui n’accepte pas les ghettos dans lequels on a coutume d’enfermer la misère, d’y déverses quelques soins palliatifs de la charité alors que partout les élus locaux , tous les “fantassins du social” que sont les enseignants, les personnels soignants, les pompiers, les agents des services publics en général y compris la police sont privés des moyens réels de leur action. Roussel refuse cette logique et réclame la dignité du travailleur et du citoyen, le refus de “racialiser” les problèmes. Est-ce un hasard si cette position qui est celle d’un parti communiste qui revendique son autonomie, son approche de paix, de securité et de dignité et qui se heurte à une gauche de plus en plus “communautarisée” et face à cela veut rassembler tous ceux qui veulent FAIRE. C’est ce que nous ne cessons de réclamer du PCF et donc nous approuvons cette avancée. Mais dans le dossier que nous ouvrons aujourd’hui nous tentons de montrer que ce choix communiste ne peut pas se concilier avec celui de l’OTAN, de la guerre ou même avec le silence fait à ce sujet. Même si nous sommes d’accord avec des rassemblements qui doivent s’opérer dans chaque cas avec ceux prets à oeuvrer et qui peuvent être en désaccord sur d’autres questions, il faut que le parti communiste ait une position claire sur la paix, l’OTAN, quitte à ne pas en faire un préalable pour les actions immédiates. (note de danielle Bleitrach pour histoireetsociete)

Édito de Fabien Roussel

La mort du jeune Nahel a provoqué une immense émotion et a mis à nouveau en lumière la violence des rapports entre une partie de la police et des jeunes de notre pays.

Et les violences qui ont suivi ont montré que la colère provoquée par cette situation pouvait être détournée au profit d’actes destructeurs à l’encontre de personnes, d’institutions, de biens.

Je le dis avec clarté et fermeté : toutes ces violences sont insupportables et inacceptables. Je considère qu’elles n’ont pas leur place en République. Nos concitoyens ont le droit à la sécurité, à la tranquillité publique.

Elles témoignent de la crise profonde de notre pays, des fractures entre catégories sociales, entre personnes en proie ou non au racisme et aux discriminations, entre modes de vie différents.

Une partie de la France ne comprend plus ce qui se passe dans une autre partie du pays. Continuer la lecture de Éditorial de Fabien Roussel et les propositions du PCF

Le « plan de réconciliation nationale par l’égalité républicaine » du PCF (Vidéo)

Les communistes font part ce mardi 4 juillet de leurs propositions pour sortir de la crise après la révolte dans les banlieues. Ils appellent à un « Grenelle pour l’égalité des territoires ».

Fabien Roussel lors du 39e congrès du PCF à Marseille le 10 avril 2023.

Fabien Roussel lors du 39e congrès du PCF à Marseille le 10 avril 2023.
Laurent Coust/ZUMA-REA

Trois volets, 64 propositions, et « quinze mesures d’urgences ». Le PCF présente ce mardi 4 juillet un « plan de réconciliation nationale par l’égalité républicaine ». «  La mort du jeune Nahel a provoqué une immense émotion et a mis à nouveau en lumière la violence des rapports entre une partie de la police et des jeunes de notre pays » , justifie le secrétaire national du Parti communiste, Fabien Roussel.

Le premier volet du plan propose notamment la création d’une police de proximité de 30 000 fonctionnaires, et « l’ouverture d’un débat national sur le rôle et les missions de la police ». Les communistes se prononcent également en faveur de l’abrogation de la loi de 2017 qui élargit les possibilités pour les policiers de faire usage de leur arme, ainsi qu’une « nouvelle doctrine d’engagement ». Un récépissé de contrôle de police serait mis en place, tandis que serait créée une « instance indépendante de contrôle de l’activité policière ».

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Appel pour la jeunesse populaire

Pourquoi brûlent-ils des écoles ?

Violences contre les élus : cette haine n’a pas de place dans notre République

Cette nuit, le domicile de Vincent Jeanbrun, Maire de l’Hay-les-Roses a été attaqué à la voiture bélier. Sa famille a été blessée.

Je lui ai adressé un message de soutien et de solidarité.

J’ai aussi échangé avec d’autres maires qui ont subi des menaces et ont déménagé avec leur famille.

Cette violence, cette haine n’ont pas de place dans notre République.

Ni les appels à la révolte, à entrer en guerre, qui poussent à ces actes odieux.

Je tiens à exprimer mon total soutien aux élus qui sont en première ligne pour défendre les habitants et sont aujourd’hui les premières cibles des émeutiers.

La voie de l’apaisement doit être trouvée au plus vite.

Fabien Roussel, secrétaire national du PCF, député du Nord,

Le 2 juillet 2023.

 

Castelsarrasin – Eric Cadoré vient présenter le plan régional pour l’eau à la rencontre des communistes

Castelsarrasin - Eric Cadoré vient présenter le plan régional pour l'eauPar Julien Sueres – PCF Castelsarrasin, le 30 Juin 2023

La région Occitanie est l’une des plus exposées aux effets du changement climatique : hausse des températures moyennes, augmentation de la fréquence d’épisodes extrêmes tels que les tempêtes, les pluies diluviennes ou les canicules. Les conséquences de cette pression exercée sur la ressource en eau sont aujourd’hui nombreuses, à la fois sur les milieux aquatiques, sur les sols et les usages. À ce jour, le déficit annuel (différence entre ressource et besoins) régional en eau est estimé à environ 200 millions de m3, induisant inévitablement des conflits d’usages.

Une situation d’urgence qui a amené le conseil régional à bâtir depuis des mois un grand plan régional pour un nouveau modèle de gestion de la ressource. Le conseiller régional (PCF) du Gers Eric Cadoré, et Président de la commission eau à la région, a rencontré les communistes au cours d’une réunion publique ce vendredi à Castelsarrasin pour en présenter les grandes lignes. Continuer la lecture de Castelsarrasin – Eric Cadoré vient présenter le plan régional pour l’eau à la rencontre des communistes

Pour la vérité et la justice pour Nahel, contre toutes les violences, unissons-nous !

Mardi dernier, à Nanterre dans les Hauts-de-Seine, un contrôle routier opéré par deux policiers a débouché sur la mort de Nahel, tué par un tir au thorax de l’un d’eux.

Face à ce décès d’un jeune de 17 ans, l’émotion des communistes du pays est immense. Nous adressons nos condoléances à la famille et aux proches de la victime. Nous saluons la mobilisation massive, digne et sereine, de jeudi dernier à Nanterre et apportons notre soutien au maire, Patrick Jarry et à toute l’équipe municipale.

Après les premières auditions, le policier auteur du tir a été mis en examen pour homicide volontaire et placé en détention préventive. Nous appelons à ce que toute la lumière soit faite sur le contrôle et le tir meurtrier du policier dans les meilleurs délais pour que la justice soit rendue. Continuer la lecture de Pour la vérité et la justice pour Nahel, contre toutes les violences, unissons-nous !

Pourquoi 1 293 maires ont jeté l’écharpe depuis les municipales

3,7 % des maires ont jeté l’éponge depuis les municipales de 2020. Un chiffre inédit qui traduit un ras-le-bol général, entre hausse des tensions avec les administrés et abandon de l’État.

À Saint-Brevin-Les-Pins, le 24 mai dernier, deux semaines après avoir rendu son écharpe, le maire Yannick Morez tirait publiquement la sonnette d'alarme. © Sebastien SALOM-GOMIS / AFP

À Saint-Brevin-Les-Pins, le 24 mai dernier, deux semaines après avoir rendu son écharpe, le maire Yannick Morez tirait publiquement la sonnette d’alarme. © Sebastien SALOM-GOMIS / AFP

Éplucher la presse locale suffit à prendre conscience de l’ampleur du phénomène. Ces dernières semaines, à Ossun (Hautes-Pyrénées), à Magny (Yonne), à Moutier-d’Ahun (Creuse), à Ouveillan (Aude), les maires ont rendu leur écharpe, avec le goût amer du devoir inaccompli.

Tantôt, l’abandon par les services de l’État et le manque criant de moyens face à une demande sociale toujours plus forte créent frustration et colère. Tantôt, les menaces et autres intimidations, en provenance notamment de l’extrême droite, font craindre aux édiles pour leur sécurité physique. Le 10 mai, la démission du maire de Saint-Brevin-les-Pins (Loire-Atlantique), Yannick Morez, a mis en lumière des problématiques jusque-là passées sous silence. L’édile a vu sa voiture et sa maison incendiées par des militants d’extrême droite qui lui reprochaient son soutien au projet de déménagement d’un centre d’accueil pour réfugiés.

Les « laissés-pour-compte de la République »

Quinze jours plus tard, un grand rassemblement républicain était organisé sur la place du village. Ceint de son écharpe tricolore, Yannick Morez y est apparu ému. « Nous devons nous battre pour éviter que les élus locaux, particulièrement dans les petites communes, ne soient tentés de démissionner. Il est important d’avoir un soutien des autorités quand les projets viennent de l’État », a-t-il tonné. Continuer la lecture de Pourquoi 1 293 maires ont jeté l’écharpe depuis les municipales

Mort de Nahel : « La culture policière de la force s’appuie sur la frustration »

Pour le sociologue Jacques de Maillard, la constante dégradation de la relation police-population est due à l’absence d’évolution des politiques de « maintien de l’ordre » depuis les années 2000.

À Nanterre, le 29 juin, pendant la marche blanche pour Nahel, le dispositif policier déployé est important © Reuters

À Nanterre, le 29 juin, pendant la marche blanche pour Nahel, le dispositif policier déployé est important © Reuters
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Les affrontements entre la police et certains habitants des quartiers populaires, indignés par le meurtre de Nahel, ne sont pas sans rappeler les violents événements qui avaient suivi la mort de Zyed Benna et Bouna Traoré, en 2005. Jacques de Maillard, professeur de science politique et directeur du Centre de recherches sociologiques sur le droit et les institutions pénales, analyse l’évolution des pratiques de maintien de l’ordre et leurs répercussions sur les relations entre population et police. Il vient de codiriger, avec Wesley Skogan, l’ouvrage  Police et société en France (Presses de Sciences-Po, 2023).

Les relations entre les habitants des quartiers populaires et la police ont-elles changé depuis 2005 ?

Depuis cette époque-là, la dégradation des relations au quotidien, faites d’hostilité réciproque, de malentendus et de cercles vicieux, est restée particulièrement prégnante. Les politiques policières n’ont pas connu de changements majeurs. Continuer la lecture de Mort de Nahel : « La culture policière de la force s’appuie sur la frustration »