Fabien Roussel et Assan Lakehoul : « Faire le pari de la jeunesse ! »

Après la proposition du Medef de créer un Smic jeunes et un CDI qui pourrait « être rompu sans motif pendant les trois premières années », mais aussi les déclarations du chef d’état-major Mandon à « se préparer à perdre ses enfants », une génération entière est visée par ces attaques.

Deux messages n’ont pas échappé à la jeunesse de France.

Le premier émane du chef d’état-major des armées, Fabien Mandon, qui a déclaré que la France devait se préparer à « accepter de perdre ses enfants ». Le second vient du syndicat patronal, le Medef, qui réclame pour les jeunes un CDI révocable, payable en dessous du Smic. Voilà donc le double projet proposé à la jeunesse de France par ceux qui la dirigent !

Entre précarité sociale et perspectives guerrières, la jeunesse voit son présent et son avenir hypothéqués sans que jamais la parole ne lui soit donnée.

La jeunesse doit être la priorité des décennies à venir. Et le monde a besoin d’une jeunesse formée, épanouie, joyeuse, prête à remettre la planète sur ses pieds. Face au sentiment de déclassement, au réchauffement climatique et aux menaces de guerre, il y a besoin de générations de jeunes hommes et de jeunes femmes conscientes, qui fassent le choix du climat, du vivant, de la coopération, de l’amitié entre les peuples plutôt que celui du court terme, de la confrontation et de la désespérance.

Oui, mille fois oui, la jeunesse est une solution et non un problème à résoudre. Les jeunes d’aujourd’hui sont la première génération à penser que leur vie sera pire que celle de leurs parents. C’est une honte et un échec collectif. Il faut leur redonner confiance. Il faut remettre l’avenir qu’elles et ils représentent au cœur de notre présent commun.

Construire un avenir à la jeunesse, c’est construire un avenir à la nation tout entière. Nous devrions y consacrer une part significative de notre richesse, comme nous l’avons fait en 1945 pour nos anciens avec la Sécurité sociale ! Redresser l’école, développer les universités, révolutionner la formation professionnelle, planifier la création d’emplois utiles, émancipateurs et rémunérateurs, voilà les chantiers à entamer d’urgence pour que la jeunesse puisse voir un coin de ciel bleu dans cet horizon qu’on lui promet si orageux.

Faire de la jeunesse de France, dans sa diversité, la jeunesse la mieux formée, la plus épanouie, la plus heureuse d’Europe, c’est un vrai projet de société.

Et celui-ci tourne le dos, bien entendu, à la précarité, au chômage et à la pauvreté qui frappent près d’un quart de nos enfants aujourd’hui, à la ville comme à la campagne.

Ne manque-t-il pas dans nos services publics des centaines de milliers de soignants, de juges, de magistrats, d’enseignants, d’accompagnants pour les personnes âgées, de travailleurs sociaux pour les enfants en situation de handicap ou les grands précaires ? Ne manque-t-il pas de médecins, de policiers, de gendarmes, de pompiers, tous ces métiers si utiles qui, autrefois, faisaient briller les yeux des enfants. N’y a-t-il pas des milliers de postes à créer dans nos universités, pour préparer la transition écologique, pour développer une IA utile à l’humanité, pour développer en tous domaines la recherche et l’innovation ? Ces métiers si indispensables pour nous permettre de faire société doivent être beaucoup mieux reconnus, mieux valorisés, mieux rémunérés pour redevenir attractifs.

Ceux qui nous dirigent vont-ils une bonne fois pour toutes entendre ces jeunes qui veulent vivre, participer, s’émanciper, créer et non plus se faire exploiter, se faire dominer, se faire mépriser ?

Nos enfants sont en quête d’espérance, de respect, d’écoute. Ils veulent vivre libres et heureux en France, à égalité quels que soient leur sexe, leur couleur de peau, leurs origines sociale ou culturelle. Certains rêvent d’une maison, d’une famille, d’un travail, d’un salaire dans la ville où ils ont grandi ; d’autres de voyages, de découvertes, de libertés en Europe et dans le monde ! Ils veulent vivre dans une planète respirable, en paix. Certains veulent des enfants. D’autres non. Ils sont divers, différents mais ils doivent être respectés, entendus, écoutés, qu’ils vivent dans les grandes villes ou à la campagne, qu’ils aient des diplômes ou pas. Qu’attendons-nous pour leur donner envie de vivre, de s’investir, d’aimer et de bâtir leur pays !

Faire le pari de la jeunesse, c’est faire le pari d’une belle République, unie, forte et audacieuse. C’est tout ce dont la France a besoin !

 

Agression au collège de Sanary-sur-Mer : protéger l’école, ses personnels et les enfants !

Le Parti communiste français exprime sa profonde solidarité avec la professeure grièvement blessée au collège de Sanary-sur-Mer, avec ses proches, ses collègues, les élèves et leurs familles, durement éprouvés par un acte d’une violence insoutenable.

Nous saluons le courage des équipes éducatives et des personnels de santé mobilisés pour accompagner les élèves et tenter de réparer, autant que possible, le traumatisme collectif causé par cette agression.

lire aussi: Attaque dans un collège de Sanary : l’Ecole et ses professeur.es en première ligne

Ce drame rappelle avec force une réalité que nous dénonçons depuis des années : l’école et la protection de l’enfance sont laissées exsangues par des politiques d’austérité qui fragilisent à la fois les personnels et les jeunes les plus en difficulté.

Rien ne justifie un acte aussi grave. Mais tout oblige à regarder lucidement les défaillances du système. Des signaux d’alerte existaient. Une situation familiale préoccupante avait été signalée. Un suivi éducatif était en cours. Pourtant, les délais d’intervention, notamment de la Protection judiciaire de la jeunesse, étaient inacceptables. Quatre mois pour un rendez-vous avec la PJJ, c’est quatre mois de trop. Ce n’est pas un « dysfonctionnement », c’est le résultat de suppressions de postes, de sous-financement chronique et d’un désengagement de l’État.

La sécurité à l’école ne se construira ni par la stigmatisation de la jeunesse, ni comme certains le portent par une surenchère répressive, ni par la transformation des établissements en zones policières. Elle se construit par :

  • des équipes éducatives renforcées et formées ;
  • une présence massive de personnels médico-sociaux dans les établissements (psychologues, infirmiers, assistants sociaux) ;
  • une protection de l’enfance dotée de moyens suffisants pour intervenir rapidement et durablement comme nous le portons dans notre plan pour la protection de l’enfance ;
  • une PJJ capable d’assurer un suivi effectif, continu et humain des mineurs en difficulté ;
  • une école émancipatrice, qui lutte contre les inégalités sociales et la relégation.

Le PCF appelle le gouvernement à rompre immédiatement avec les logiques d’austérité qui détruisent les services publics. Investir dans l’éducation, la prévention et la protection de l’enfance, ce n’est pas un coût : c’est une nécessité pour la société tout entière.

Le Parti communiste français continuera de se tenir aux côtés des personnels de l’Éducation nationale, des travailleurs sociaux, des familles et des jeunes pour défendre une école publique protectrice, humaine et émancipatrice.

Paris, le 4 février 2026,

Parti communiste français.

PCF: logement, face à la crise des solutions existent !

La publication du 31e rapport de la fondation pour le logement des défavorisés dresse un constat alarmant : la crise du logement s’aggrave et frappe une part grandissante de la population.

900 personnes, dont 92 enfants, sont mortes à la rue en 2025. Près d’un million de personnes ne disposent pas d’un logement personnel. Les attributions annuelles de logements sociaux s’effondrent et atteignent le plus bas niveau depuis 10 ans alors que 2,9 millions de personnes sont en attente. Les difficultés à payer son loyer ou ses factures d’énergies touchent de plus en plus de nos concitoyennes et concitoyens. Le résultat ? Une hausse insupportable des expulsions.

Le logement est devenu l’un des premiers facteurs d’inégalités et d’insécurité sociale dans notre pays. Des millions de personnes sont aujourd’hui mal logées. La spéculation immobilière et foncière continue de prospérer, au détriment du droit fondamental à se loger.

Pour le Parti communiste français, cette situation n’est pas une fatalité. Elle est le résultat de choix politiques qui ont fait du logement une marchandise, livrée aux logiques financières, au lieu d’en faire un bien commun. Et le budget 2026 va encore aggraver la situation !

Le PCF porte des propositions nationales claires pour sortir de la crise :

  • Faire respecter le droit au logement en interdisant les expulsions sans solution de relogement.
  • Encadrer les loyers pour garantir que le coût du logement n’excède pas une part supportable du revenu des ménages.
  • Relancer massivement la construction de logements sociaux, avec un objectif national ambitieux et le renforcement de la loi SRU.
  • Créer un véritable service public national du logement, s’appuyant sur un pôle public financier, une maîtrise publique du foncier et des outils de planification démocratiques.
  • Revaloriser les aides au logement et sécuriser les parcours résidentiels.

Ces mesures sont indispensables pour garantir à chacune et chacun un logement digne, accessible et économe en énergie.

À l’approche des élections municipales, le PCF rappelle que les communes ont un rôle central à jouer. Nos propositions municipales visent à répondre concrètement aux besoins des habitants :

  • Défendre et développer le logement social dans chaque commune, en priorité pour les ménages aux revenus les plus modestes.
  • Lutter contre la vacance et la spéculation par une politique foncière volontariste.
  • Soutenir les bailleurs publics et les offices HLM.
  • Mettre en place des politiques locales de prévention des expulsions et d’accompagnement des locataires.

Là où les communistes sont aux responsabilités, des politiques ambitieuses montrent qu’il est possible d’améliorer concrètement la vie des habitants.

La crise du logement est une crise politique. Elle appelle un changement profond de cap : rompre avec la financiarisation, redonner des moyens à la puissance publique et faire du logement un pilier de la justice sociale et écologique.

Lire aussi les propositions du PCF pour toutes les communes

Le Parti communiste français appelle à une mobilisation nationale pour que le logement redevienne ce qu’il doit être : un droit, pas un privilège.

Paris, le 3 février 2026, Parti communiste français.

Soutien du PCF à Cuba face à l’agression et aux menaces des États-Unis

Le trois janvier dernier, les États-Unis agressaient la République bolivarienne du Venezuela et kidnappaient le président Nicolas Maduro et la députée Cilia Flores. Lors de cet acte de guerre inacceptable, 100 personnes ont perdu la vie, parmi elles 32 soldats cubains.

Je voudrais, au nom du Parti communiste français, vous adresser ici toute ma solidarité et envoyer mes condoléances et mon affection aux familles des Cubains assassinés par l’impérialisme étatsunien. Ce sont toutes les personnes qui luttent contre la guerre, pour la souveraineté des peuples à disposer d’eux-mêmes, qui sont depuis le 3 janvier endeuillées. Continuer la lecture de Soutien du PCF à Cuba face à l’agression et aux menaces des États-Unis

La commune, un bouclier de protection sociale ?

Face à des préoccupations très diverses (pouvoir d’achat, insécurité, santé et logement), les municipalités constituent un levier pour répondre aux attentes populaires. Ce défi est pourtant menacé par les politiques austéritaires. Alors, la commune, un bouclier de protection sociale ? Johanna Rolland, maire PS de Nantes, Anne Vignot, maire EELV de Besançon et Patrice Bessac, maire PCF de Montreuil, nous livrent leurs réponses.

« Les communes ne promettent pas l’impossible : elles transforment concrètement le quotidien des gens », estime Patrice Bessac.
© JPL/REA 

Le maire est l’élu le plus apprécié. Pour autant, les municipalités sont tiraillées entre la réponse aux attentes actuelles très multiples et la pression financière exercée par le désengagement de l’État

Dans ce contexte, cette opinion favorable se construit au quotidien grâce à des politiques humaines inventives et à l’engagement de collectifs de proximité. Trois maires, acteurs en première ligne, en témoignent à quelques semaines des élections municipales.

Selon le baromètre Odoxa, 63 % des Français ont une bonne opinion de leur maire, loin devant les autres élus. À quoi expliquez-vous cette préférence ? Continuer la lecture de La commune, un bouclier de protection sociale ?

MUNICIPALES : Un combat local décisif pour l’emploi, les services publics et l’unité populaire (Jean Paul Legrand)

Les élections municipales ne sont pas des élections secondaires. Elles constituent un moment politique central, car elles conditionnent la capacité des communes à agir concrètement sur l’emploi, le développement économique et la cohésion sociale. Dans un contexte marqué par l’austérité budgétaire, la domination du capital financier, les menaces de l’impérialisme sur notre nation et l’affaiblissement des services publics, le rôle des équipes municipales est stratégique.

Doter les communes d’équipes unies autour d’un objectif prioritaire clair – défendre et promouvoir le développement des entreprises locales et de l’emploi – est une nécessité car sans essor de nos forces productives le pays s’appauvrit et son indépendance est de plus en plus précaire . Continuer la lecture de MUNICIPALES : Un combat local décisif pour l’emploi, les services publics et l’unité populaire (Jean Paul Legrand)

Crachats, excréments, insultes…, victime du racisme de ses voisins, Divine Kinkela en garde à vue

L’aide-soignante et militante communiste, Divine Kinkela, avait été victime d’insultes racistes de ses voisins, comme l’avait révélé un reportage diffusé par France 2 en juin 2024. Depuis, elle continue à subir ce harcèlement raciste. Son voisin a été jusqu’à jeter des excréments sur sa voiture. Pourtant c’est elle qui a été placée quelques heures en garde à vue, jeudi 29 janvier. Elle avait fait usage d’un spray lacrymogène pour se défendre.

Divine Kinkela, le 30 janvier, devant son domicile
Franck Cartelet

Montargis (Loiret), envoyés spéciaux

L’émotion se lit son visage. « Ils m’ont déjà dit qu’ils allaient prendre mon sourire, explique, aux bords des larmes, Divine Kinkela. Mais je suis naturellement joyeuse. Je pense que cela va déranger les racistes de voir une femme noire rayonner ». En 2024, dans la foulée de la dissolution, l’aide-soignante de 57 ans avait été projetée au-devant de l’attention médiatique, après une enquête de France 2 sur le vote Rassemblement nationale, à Montargis, dans le Loiret. Dans le reportage diffusé par Envoyé spécial, ses voisins, Didier et Nelly Harnois, proféraient, face caméra des injures racistes : « On a quitté les HLM à cause de gens comme toi », « On est chez nous alors tu dégages », « Va à la niche »… Continuer la lecture de Crachats, excréments, insultes…, victime du racisme de ses voisins, Divine Kinkela en garde à vue

Capgemini : sanctions, remboursement des aides et contrôle public et social ! (PCF)

 

Publié le 30 janvier 2026

Capgemini, entreprise française, a conclu avec l’Immigration and Customs Enforcement (ICE), sous couvert d’une de ses filiales, des accords, en particulier pour fournir du « skip-tracing » (identification et localisation des migrants), pour un montant de 365 millions de dollars. Plus Capgemini localise de migrants, plus elle empoche ! Continuer la lecture de Capgemini : sanctions, remboursement des aides et contrôle public et social ! (PCF)

Police municipale : pourquoi les villes de gauche finissent par s’y résoudre

Après s’être longtemps opposées aux polices municipales, les villes de gauche s’y résolvent de plus en plus face au désengagement de l’État. En veillant toutefois au respect de son rôle et de son périmètre, permis par la loi, au contraire de la droite.

Le PCF, lui, tout en exprimant sa « grande vigilance face à plusieurs dérives possibles », ne se dit « pas opposé par principe » à leur développement « dans un cadre précis » à définir – qui exclut l’armement létal.
©Max BAUWENS/REA 

En six ans, le changement de ton est spectaculaire. En 2019, alors candidat à la Mairie de Paris pour Europe Écologie-Les Verts (EELV), David Belliard est catégorique : « La police municipale, c’est inutile, électoraliste. Ça ne sert à rien ! » Cinq ans plus tard, en août 2025, l’adjoint d’Anne Hidalgo se félicite de la création d’une police municipale par la majorité de gauche en 2021. Et plaide, désormais, pour un renforcement de ses effectifs « parce que nous avons besoin d’agents sur le terrain » en complémentarité des missions de la police nationale. Continuer la lecture de Police municipale : pourquoi les villes de gauche finissent par s’y résoudre

40e congrès 2026: Le socialisme, seule réponse possible à la crise historique actuelle, par Franck Marsal

Histoire et societe ne se veut pas simplement un site d’information apportant une dimension géopolitique et historique, mais il est devenu pour ses animateurs, ses lecteurs un laboratoire d’idées autour du basculement historique que nous sommes en train de vivre. Un lieu avec un but commun mais où chacun conserve son ancrage privilégié sans l’imposer aux autres. En ce qui me concerne j’ai la conviction que les partis, les syndicats, les organisations existantes sont actuellement des lieux où ce débat est impossible, même si les échos de ce qu’il devrait être grandissent. Par expérience de censure stupide et irresponsable du groupe fractionnel qui pour moi détient encore les clés du PCF et de son congrès, j’ai décidé de m’en abstraire. Sans le moins du monde nier qu’à la base comme dans d’autres lieux, il existe des possibles. Il n’est donc pas question de pratiquer la politique du pire et de devenir les adversaires de ce qui demeure un atout pour les « opprimés » de France, simplement rester dans un tel cadre ne mène pour moi nulle part, c’est une perte de temps et j’en ai peu. Ce n’est la position ni de Franck, ni de Marianne, ni même celle de Jean. C’est une pratique que nous avons pour tous nos intervenants, nous l’étendons à l’équipe de direction comme un mode de fonctionnement démocratique nécessaire. Marianne, Franck et Jean, comme d’autres courants qui interviennent ici, mais sans que nous devenions le lieu de ces débats, nous exposeront leurs réflexions et l’avancée de leur « voie » propre, nous renvoyons nos lecteurs à propos de ce texte de Franck Marsal et de tous ceux qu’il publiera dans ce cadre à Pcf débat et nous continuerons à nous aider mutuellement dans Histoireetsociete. (note et traduction de Danielle Bleitrach pour histoireetsociete)

Contribution de Franck Marsal – Section des Rives de Dordogne – Fédération de la Gironde

Notre parti a décidé de tenir un congrès en juillet. C’est un choix courageux, qui doit permettre de renforcer et de développer les positions du parti dans une période difficile, une période d’accélération de l’histoire, de montée des tensions et aussi des opportunités. Il a été décidé, dans ce cadre, de réouvrir la question fondamentale de notre projet historique, que l’on appelle communément la question du socialisme. Continuer la lecture de 40e congrès 2026: Le socialisme, seule réponse possible à la crise historique actuelle, par Franck Marsal