Bercy sait… et se tait : comment le ministère entretient le secret de Polichinelle des riches qui ne paient pas un centime d’impôt sur le revenu

L’ancien ministre de l’Économie Éric Lombard a affirmé que des « milliers » de très riches ne paient aucun impôt sur le revenu et que l’administration est au courant. De quoi relancer l’offensive de la gauche sur la taxation des milliardaires, sujet sur lequel elle a gagné une bataille culturelle.

Circulez, il n’y a rien à voir, a répondu, en substance, « les yeux dans les yeux », Amélie de Montchalin, ministre des Comptes publics.
© Firas Abdullah/ABACAPRESS.COM

 

La justice fiscale s’est trouvé un allié inattendu en cette rentrée 2026. Éric Lombard, ministre de l’Économie du gouvernement de François Bayrou jusqu’en septembre, s’était fait plutôt discret depuis l’automne. Jusqu’à réapparaître dans les colonnes de Libération, lundi, pour lâcher une bombe qui a légitimement mis le monde politique en émoi et la gauche en ébullition. Continuer la lecture de Bercy sait… et se tait : comment le ministère entretient le secret de Polichinelle des riches qui ne paient pas un centime d’impôt sur le revenu

Union de la gauche, transition écologique, socialisme… Le conseil national du PCF lance les travaux du 40e congrès

La direction communiste a initié, samedi, les travaux du 40e congrès, qui aura lieu cet été à Lille. L’objectif est de définir un projet de très long terme, pour les « quinze ou vingt prochaines années », afin de rendre lisible son ambition.

Fabien Roussel (PCF) : « Je rétablirai l'ISF » | Le Télégramme
« On parle de processus révolutionnaire, de changement de société sans nommer ce vers quoi on veut aller. Nous avons besoin de verbaliser les étapes pour aller vers le communisme. (…) Cela participe de la clarification d’un projet de rupture », explique Fabien Roussel. 

 

La date et le lieu sont inscrits dans les agendas : ce sera à Lille (Nord), du 4 au 6 juillet, que se tiendra le 40e Congrès du PCF. Le conseil national du parti a lancé, samedi, les travaux en vue de l’événement. L’objectif, affiche le secrétaire national, Fabien Roussel, est de « rendre lisible par le peuple tout entier notre ambition pour la France et la République », à savoir, pour les « quinze, vingt prochaines années », bâtir « l’union du peuple de France » par la « conquête d’une majorité populaire, la conquête du pouvoir par les luttes, par une remontée de notre influence ». Continuer la lecture de Union de la gauche, transition écologique, socialisme… Le conseil national du PCF lance les travaux du 40e congrès

Fabien Roussel : les Vœux 2026 de la direction du PCF (Video)

Quand l’extrême droite s’attaque aux engagements citoyens des élèves In Caf. Peda.

Une nouvelle fois, l’école se retrouve prise pour cible de l’extrême droite. À Lagny-sur-Marne, une action de défense des droits humains, menée par une antenne jeunes d’Amnesty International dans un lycée, a déclenché une polémique portée par un sénateur du Rassemblement national et le collectif créé par le parti d’extrême-droite Reconquête, Parents Vigilants. Accusée de « propagande militante » et d’atteinte à la laïcité sur la base de contenus qui ne leur ont pas tous été présentés, l’action des élèves ainsi que l’ONG font l’objet d’une attaque. Cet épisode, loin d’être isolé, illustre la stratégie désormais récurrente de pression et d’intimidation, par l’extrême droite, de la jeunesse et des acteurs éducatifs et associatifs. Continuer la lecture de Quand l’extrême droite s’attaque aux engagements citoyens des élèves In Caf. Peda.

Comment la Fondation Kairos, le lobby des écoles privées hors contrat cherche à séduire Vincent Bolloré et Pierre-Édouard Stérin

Cet article fait partie de la série: Pierre-Édouard Stérin, saint patron de l’extrême droite française (52 épisodes) Découvrir toute la série

Derrière les échanges nourris auxquels l’Humanité a eu accès, c’est bien une forme de proximité qui transpire entre Anne Coffinier, égérie des écoles privées hors contrat, et les proches de Vincent Bolloré et Pierre-Édouard Stérin, les deux principaux milliardaires qui mènent la bataille culturelle et politique en faveur des droites extrêmes.

 

Cela ne fait pas un pli : l’univers de la Fondation Kairos et de son appendice Créer son école, c’est un monde qui n’aime pas la gauche, l’éducation nationale ou l’enseignement public. Mais c’est aussi une mouvance qui doit tirer son épingle du jeu face à des concurrents installés sur le même secteur et, là, il n’est pas rare, comme le démontrent les échanges que dévoile aujourd’hui l’Humanité, de voir les boutiques se livrer une âpre concurrence pour obtenir des faveurs, ou nouer toutes les alliances, même les moins avouables. Continuer la lecture de Comment la Fondation Kairos, le lobby des écoles privées hors contrat cherche à séduire Vincent Bolloré et Pierre-Édouard Stérin

« L’école inclusive est au bord de l’implosion » : la proposition de loi, « pour un statut de fonctionnaire aux AESH » rejetée par le Sénat

La proposition de loi visant à accorder le statut de fonctionnaire aux 145 000 accompagnantes d’élèves en situation de handicap a été rejetée, mercredi 7 janvier, par le Sénat. Marie-Pierre Monier, élue socialiste qui a porté le texte, ne désarme pas et compte poursuivre la lutte pour permettre une reconnaissance de ces salariées précaires sur lesquelles reposent en grande partie la promesse d’une école inclusive. 

 

Quelque 50 000 enfants porteurs de handicap n’avaient pas d’accompagnantes d’élèves en situation de handicap (AESH) à la dernière rentrée de septembre, bien qu’une notification de la MDPH (Maison des personnes handicapées) leur en ait accordé le droit. Pour Marie-Pierre Monier, sénatrice socialiste qui, aux côtés de sa collègue Annie Le Houérou, a porté la proposition de loi visant à créer un corps de fonctionnaires pour ces 140 000 accompagnantes (93 % sont des femmes), la raison en est évidente. Continuer la lecture de « L’école inclusive est au bord de l’implosion » : la proposition de loi, « pour un statut de fonctionnaire aux AESH » rejetée par le Sénat

Utilisation vs Interdiction des réseaux sociaux numériques : attention aux amalgames

Interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans ? « Les interdictions (en vigueur en Australie) en projet en cette nouvelle année 2026 pour les moins de 15 ans nous semblent s’inscrire dans cette habitude des pouvoirs fragiles qui préfèrent interdire qu’éduquer et discerner » écrit Bruno Devauchelle dans ce texte qui interroge la notion de « réseau ».

Les « réseaux sociaux » : un amalgame qui empêche de penser

Quand on parle des « réseaux sociaux », on oublie toujours de spécifier la dimension numérique. Car les réseaux sociaux sont une composante de la vie humaine en société et cela depuis fort longtemps. Continuer la lecture de Utilisation vs Interdiction des réseaux sociaux numériques : attention aux amalgames

Trop froid, trop chaud : le bâti scolaire, un enjeu majeur de santé et d’apprentissage

La vague de froid, comme l’épisode caniculaire de juin dernier, a mis en lumière une réalité criante : les écoles françaises souffrent d’un bâti souvent inadapté aux enjeux climatiques. Ceci n’est pas sans conséquences directes sur la santé des élèves et du personnel. Un rapport publié à la rentrée 2025 par l’Alliance écologique et sociale (AES), regroupant syndicats et associations comme la FSU, Sud Éducation, Greenpeace ou Oxfam, dresse un état des lieux alarmant et formule des pistes pour agir. Continuer la lecture de Trop froid, trop chaud : le bâti scolaire, un enjeu majeur de santé et d’apprentissage

RATP: agents et sous-traitants musulmans dans le viseur

Une note destinée aux encadrants de la RATP, signée par Jean Castex en juillet 2025, incite à contrôler les pratiques religieuses des agents et prestataires, pour respecter la « neutralité » et la « laïcité » du service public. Au prix de graves atteintes aux libertés individuelles.

 

Sont interdits, tout « livre religieux, bouteilles d’eau dans les sanitaires, cartons pliés pouvant servir à la réalisation de prières, tapis, stickers à connotation politique ». 

Lorsque Myriam1 apprend que, dans certains sites de la RATP, les bouteilles en plastique dans les toilettes devront être contrôlées, retirées et remises aux chefs par les travailleurs des sociétés de nettoyage, elle éclate de rire. « Les bouteilles d’eau ne servent pas que pour les ablutions, c’est aussi juste pour être propre derrière… On ne peut même pas se laver les fesses ? » ironise-t-elle. Continuer la lecture de RATP: agents et sous-traitants musulmans dans le viseur

« Le patronat organise le grand déménagement de notre industrie » Aymeric Seassau

Face aux difficultés du tissu industriel français, symbolisées par la récente liquidation judiciaire de Brandt, le communiste Aymeric Seassau appelle l’État à agir et dénonce le rôle du capital.

Aymeric Seassau, Membre du CEN du PCF, responsable à la nouvelle industrialisation
« Cette situation crée, dans le pays, un sentiment d’injustice et de colère très fort. Il est urgent d’y apporter des réponses, d’autant que l’extrême droite rôde et surfe sur ce désespoir », analyse-t-il. 

Pourquoi appelez-vous à sonner « l’état d’urgence industriel » ?

 

Cet appel part d’un constat. La France et son appareil productif sont arrivés à un point de non-retour : nous sommes le tout dernier pays d’Europe en part de l’industrie dans le PIB. Peut-on vraiment vivre dans un pays dans lequel 78 % des médicaments, 87 % des vêtements et 92 % des équipements électroniques consommés sont produits à l’étranger ?

D’autant que c’est encore en train de reculer puisque avec la liquidation de Brandt, on perd le dernier producteur de cuisson en France. C’est grave pour la nation tout entière pour notre souveraineté de production, pour la transition écologique, puisqu’en perdant notre industrie, on en vient à importer de l’autre bout du monde ce que l’on pourrait fabriquer ici.

Et c’est grave pour la balance commerciale, l’emploi, et donc la protection de la protection sociale. C’est pour cela que nous lançons un cri d’alerte en appelant à l’état d’urgence industriel. Notre pays ne peut plus laisser cette casse se poursuivre. Il ne s’en remettrait pas.

Que symbolise, selon vous, la récente liquidation de Brandt ?

C’est un cas qui est extrêmement éloquent, mais il y en a d’autres : Mittal, Vencorex… Le premier responsable de cette situation, c’est le patronat, qui organise un grand déménagement industriel depuis plusieurs années. Et qui, comble de l’indécence, s’emploie dans le même temps à capter les politiques publiques en direction des entreprises pour alimenter le capital et reverser des dividendes record.

Disons les choses : en France, nous avons l’un des patronats les moins patriotes du monde puisque nos grands groupes ont 62 % de leurs emplois à l’étranger, contre 38 % en Allemagne et 28 % en Italie. Une situation amplifiée par l’abandon de l’État, symbolisé aujourd’hui par Emmanuel Macron, qui promeut la start-up nation au détriment de la France des usines.

Cette situation crée, dans le pays, un sentiment d’injustice et de colère très fort. Il est urgent d’y apporter des réponses, d’autant que l’extrême droite rôde et surfe sur ce désespoir.

Le PCF a mené une campagne sur le thème de l’industrie ces dernières semaines. Un tour de France a été réalisé pour recueillir doléances et propositions. Que retenez-vous de ce travail de terrain ?

Nous disons une chose : si l’État ne peut pas tout faire, l’État ne peut pas non plus ne rien faire. Il y a des mesures simples qui peuvent être prises dès maintenant. Comme déclarer un moratoire sur les licenciements pour ne plus perdre d’emplois industriels, réformer les tribunaux de commerce pour que les demandes des salariés soient entendues, notamment lorsqu’ils se prononcent en faveur d’une proposition de reprise favorable à l’emploi et à l’écologie.

Mais aussi se doter d’un pôle public bancaire, composé de la Caisse des dépôts, de la BPI (Banque publique d’investissement, NDLR) et de la Banque postale, pour en faire un levier économique nous permettant de nationaliser des groupes stratégiques. Mais aussi travailler sur la formation : il faut savoir qu’il existe beaucoup d’emplois industriels non pourvus en France par manque de compétences.

Cela suffira-t-il à faire vivre cette « nouvelle industrialisation » que vous appelez de vos vœux ?

Lorsque nous disons « nouvelle industrialisation », ça ne veut pas dire revenir à l’état antérieur. Mais en créer une qui répond aux enjeux de notre temps, en particulier la transition écologique. Il faut planifier une nouvelle stratégie industrielle nationale où l’État comme les travailleurs jouent pleinement leur rôle, notamment en sécurisant l’emploi et la formation, en reconstruisant et en défendant des filières industrielles stratégiques, en mobilisant les marchés publics pour favoriser le « produire en France »…

Et cela veut aussi dire relocaliser, conditionner les aides publiques à des objectifs décarbonés, peser sur la concurrence déloyale lorsque des produits interdits de production sur le territoire européen sont importés et mettre en place des barrières pour empêcher les produits nocifs et nuisibles pour le climat sur le continent.

Que répondre à ceux qui vous diront que nationaliser coûte cher ?

Nous proposons un plan de 100 milliards pour nationaliser lorsque c’est nécessaire et ainsi empêcher la casse de notre appareil productif dans nos territoires. On peut penser que c’est une grande somme, mais, en comparaison, nous déboursons aujourd’hui 211 milliards par an en aides aux entreprises, que ce soit des aides directes ou indirectes. Soit le double de ce qui est alloué aux collectivités territoriales. Quel est ce pays qui investit davantage dans le capital que dans la sauvegarde de ses emplois et ses services publics ?