6 décembre 1905 : la loi de séparation de l’Église et de l’État est définitivement votée, un souffle de libération et d’émancipation

Le 6 décembre 1905, la loi de séparation de l’Église et de l’État est définitivement votée. Fruit d’une longue lutte des républicains parmi lesquels Jaurès et Briand, la loi s’impose non sans résistances du clergé et de ses soutiens. Cette loi est une étape historique fondamentale entre les principes posés par la révolution et la consécration de la république laïque à la libération.

L’application de la loi ne va pas sans heurts. L’inventaire des biens de l’Église suscite la réaction des milieux catholiques. Dans l’église Sainte-Clotilde à Paris en 1906. © ROGER-VIOLLET

« Victoire historique. » Sous ce titre triomphant et sur trois colonnes à la Une, « l’Humanité » du 7 décembre 1905 publie un grand article de Francis de Pressensé, député socialiste de Lyon. La loi de séparation des Églises et de l’État, que la Chambre des députés a adopté le 3 juillet, vient de l’être par le Sénat, le 6 décembre, sans modification, par 181 voix contre 102. Le président de la République Émile Loubet n’a plus, malgré son opposition, qu’à la promulguer le 9. En dépit de multiples difficultés, la séparation, inscrite dans tous les programmes républicains depuis 1869, est enfin adoptée. Continuer la lecture de 6 décembre 1905 : la loi de séparation de l’Église et de l’État est définitivement votée, un souffle de libération et d’émancipation

Indonésie, Népal, Pérou, Madagascar… « One Piece », le drapeau pirate qui rallie les révoltes de la Gen Z du monde entier

Le drapeau des héros du manga « One Piece » est devenu l’emblème des manifestations qui ont secoué ces derniers mois l’Indonésie, le Népal, le Pérou, Madagascar et même la France. Partout, les jeunes s’identifient aux camarades du pirate Monkey D. Luffy, foncièrement anticapitalistes, antiracistes… et révolutionnaires.

Mobilisation contre des projets climaticides à Jakarta, Indonésie, le 8 octobre 2025. Le drapeau des héros du manga « One Piece » – tête de mort et chapeau de paille – est devenu l’un des emblèmes des manifestations.
© Yasuyoshi CHIBA / AFP

C’est une irrésistible promesse d’aventure, d’amitié et de luttes. Depuis la création du manga One Piece en 1997, le joyeux équipage du « gamin au chapeau de paille » Monkey D. Luffy a embarqué avec lui tous les enfants et grands enfants du monde. Les chiffres, colossaux, font de la saga d’Eiichiro Oda l’une des plus grandes œuvres du XXIe siècle : en novembre 2025, ce sont 1 165 chapitres écrits et 1 150 épisodes animés que des millions de personnes se hâtent de découvrir chaque semaine depuis vingt-huit ans. Continuer la lecture de Indonésie, Népal, Pérou, Madagascar… « One Piece », le drapeau pirate qui rallie les révoltes de la Gen Z du monde entier

C’est quoi le féminisme municipal ? (video)

👉 C’est quoi, concrètement, le féminisme municipal ? On a posé la question à plusieurs camarades engagées dans les communes : qu’est-ce que ça veut dire mener une politique féministe à l’échelle municipale ?

👉 Services publics, urbanisme, transports, santé, petite enfance

👉 Lutte contre les violences sexistes et sexuelles

👉 Sécurité dans l’espace public

👉 Place des femmes en politique et dans les exécutifs locaux

👉 Émancipation, égalité réelle et accès aux droits À travers leurs réponses, une conviction se dégage :

➡️ le féminisme municipal, c’est transformer la ville pour qu’elle soit pensée pour toutes et tous.

➡️ renforcer les services publics, c’est une politique féministe.

➡️ Et pour beaucoup, le féminisme municipal rejoint le combat du communisme municipal.

📣 Une vidéo pour nourrir le débat, outiller les militant·es et préparer les batailles municipales à venir.

✊ Féminisme, communisme, services publics : mêmes combats.

Avec : Elsa Siffert, Sigrid Gérardin, Saïda Safir, Charlotte Blandiot-Faride, Shirley Wirden, Gladys Grelaud, Amandine Liard et Barbara Gomes

00:00 – Services publics et féminisme municipal

00:31 – Femmes, travail et charge mentale

01:05 – Santé publique et égalité d’accès

01:35 – Une politique municipale pensée pour les femmes

01:58 – Lutte contre les violences sexistes et sexuelles

02:31 – Accompagner l’émancipation des femmes

02:57 – Urbanisme féministe et sécurité

03:16 – Sortir les femmes des compétences assignées

03:38 – Femmes, pouvoir et responsabilités locales

04:00 – Combattre le sexisme en politique

04:22 – Transmettre d’autres modèles d’engagement

04:40 – Légitimité des femmes dans l’espace public

05:05 – Prévenir et protéger face aux violences

05:16 – Féminiser l’espace public et la mémoire collective

06:12 – Donner réellement le pouvoir aux femmes en politique

Ce que disent les syndicats sur la complémentaire santé obligatoire de la MGEN

Le 1er mai 2026, tous les agent.es du ministère seront affilié.es à la complémentaire santé obligatoire de la MGEN. Si l’accord interministériel a été signé par la majorité des organisations syndicales, des points de vigilance et des critiques de cette réforme imposée par l’employeur se font entendre par les syndicats en première ligne pour accompagner et former les personnels. La prise en charge de l’optique et des frais dentaires sont notamment dans le viseur.

L’accord signé par la majorité des syndicats : insuffisances, progrès

« Cette réforme confirme que les gouvernements successifs s’appuient sur le renforcement du rôle des assurances complémentaires pour faire reculer la place, le rôle et les principes de la Sécurité sociale » dénonce la secrétaire générale du Snes-FSU Sophie Vénititiay. Continuer la lecture de Ce que disent les syndicats sur la complémentaire santé obligatoire de la MGEN

La laïcité, combat à poursuivre et à gagner (Vidéo intégrale)

Nous venons de célébrer le 120e anniversaire de la loi de séparation de l’Église et de l’État. Il est révélateur du moment politique que ni le président de la République, ni le gouvernement, ni aucun des partis se revendiquant à tout instant d’un « arc républicain » n’aient éprouvé le besoin de marquer cet anniversaire.

Et que le PCF ait été, à gauche, le seul à y avoir consacré une soirée de débat, le 1er décembre, sous la coupole de la place du Colonel-Fabien.

Voilà qui sonne comme un rappel : la laïcité républicaine n’est pas une simple disposition d’ordre public, établissant «  la liberté de croire et de ne pas croire », comme certains le disent. Si elle n’est nullement une manifestation d’hostilité aux croyants, elle entend garantir la liberté de conscience, afin de permettre aux individus de se soustraire à tout despotisme politique et à toute pression inquisitoriale des religions. Elle est, par-là, indissociable des principes liés de justice, d’égalité des droits, de libre accès de tous les jeunes à une éducation de qualité et à l’esprit critique (ce qui est la mission même de l’école publique). Elle repose sur cette promesse humaniste et universaliste qui veut prémunir la société des fragmentations ethniques ou religieuses, autant que des affrontements communautaires. Ainsi est-elle, tout à la fois, la garantie de la souveraineté des citoyennes et des citoyens, et un instrument concourant à l’unité du monde du travail contre des divisions qui favorisent la domination d’un capital toujours prédateur. C’est de cette manière que la décrivait Jaurès.

Parce que l’exigence laïque repose sur cette démarche d’émancipation, les droites, les intégrismes de toute nature, les adversaires de la Raison et de la science auront toujours cherché à l’édulcorer, à en briser la cohérence, à aggraver constamment un dualisme scolaire favorisant l’enseignement privé et creusant les inégalités sociales, à faire reculer les lois de la République face à la loi de Dieu décrétée prééminente.

De nos jours, la laïcité est de nouveau un enjeu majeur.

Elle se voit prise en tenailles par des dérives identitaires en apparence ennemies mais en réalité jumelles. D’un côté, les tenants d’une idéologie occidentaliste la dévoient cyniquement en faisant de l’islam le principal problème de la France, et ils s’en prennent avec violence à nos compatriotes musulmans assimilés à des fondamentalistes voire à des terroristes. De l’autre, le totalitarisme théologico-politique qu’est l’islamisme s’oppose à l’universalisme issu des Lumières, rejette l’égalité entre hommes et femmes, défie la laïcité scolaire, développe des discours antisémites, et prône la supériorité de la Charia sur la démocratie.

La gauche se devrait donc d’être en première ligne pour défendre cette pierre d’angle de la République.

Ce n’est plus tout à fait le cas, soit que certains s’inclinent devant un néolibéralisme s’employant à disloquer l’action publique jusqu’à l’école et dans les services publics, soit que d’autres se montrent complaisants devant les offensives intégristes ou les dérives essentialistes en prônant une « tolérance » devenue l’alibi de leur renoncement.

Les communistes s’honorent d’avoir, dès 1946, fait intégrer la visée laïque dans le préambule de la Constitution. Pour eux, plus que jamais, se rassembler autour de la laïcité est un combat. À renouveler en permanence !

Christian Picquet

Gabriel Perez : « On comprend le sentiment de désespoir qui frappe de nombreux collègues »

« Les réformes du lycée ont favorisé la concurrence entre élèves, enseignants et établissements, avec pour conséquence principale, un effondrement des collectifs de travail » déclare Gabriel Perez. L’auteur de l’ouvrage On achève bien l’école, Empêcher les professeurs d’enseigner et les élèves d’apprendre (Grasset) analyse les réformes Blanquer et leurs effets : évaluations, indicateurs, Parcoursup, réforme du lycée, réforme du baccalauréat, perte d’espaces collectifs… Continuer la lecture de Gabriel Perez : « On comprend le sentiment de désespoir qui frappe de nombreux collègues »

La Cour des comptes alerte sur la santé des professeurs : + 43 % d’arrêts de travail en 5 ans

Les absences pour raison de santé représentent désormais la principale cause d’absence des enseignants. Selon les derniers chiffres, entre 2018-2019 et 2023-2024, les congés de maladie ordinaires ont augmenté de 41,3 % tandis que les temps partiels thérapeutiques ont bondi de 250 %. Ces absences posent un – vrai – problème de remplacement, car elles concernent souvent des périodes de trois mois renouvelables. « Bien que les raisons de santé soient la première cause d’absence, le ministère de l’Education nationale ne conduit pas une politique de prévention structurée », constate la Cour des comptes dans son rapport publié vendredi 12 décembre qui pointe un manque de suivi des risques psychosociaux et l’absence de mesures adaptées pour les enseignants les plus âgés. Cette situation est particulièrement critique dans les établissements REP et REP+, où les élèves socialement fragiles subissent directement les conséquences de ces absences. Continuer la lecture de La Cour des comptes alerte sur la santé des professeurs : + 43 % d’arrêts de travail en 5 ans

Comment la Fondation Kairos, le lobby des écoles privées hors contrat cherche à séduire Vincent Bolloré et Pierre-Édouard Stérin

Derrière les échanges nourris auxquels l’Humanité a eu accès, c’est bien une forme de proximité qui transpire entre Anne Coffinier, égérie des écoles privées hors contrat, et les proches de Vincent Bolloré et Pierre-Édouard Stérin, les deux principaux milliardaires qui mènent la bataille culturelle et politique en faveur des droites extrêmes.

 

Cela ne fait pas un pli : l’univers de la Fondation Kairos et de son appendice Créer son école, c’est un monde qui n’aime pas la gauche, l’éducation nationale ou l’enseignement public. Mais c’est aussi une mouvance qui doit tirer son épingle du jeu face à des concurrents installés sur le même secteur et, là, il n’est pas rare, comme le démontrent les échanges que dévoile aujourd’hui l’Humanité, de voir les boutiques se livrer une âpre concurrence pour obtenir des faveurs, ou nouer toutes les alliances, même les moins avouables. Continuer la lecture de Comment la Fondation Kairos, le lobby des écoles privées hors contrat cherche à séduire Vincent Bolloré et Pierre-Édouard Stérin

Le 18 décembre, contre la xénophobie et l’exploitation, un même combat, celui des travailleurs !

Les personnes migrantes subissent toujours davantage d’attaques contre leurs droits et conditions d’existence, de la part des gouvernements d’Emmanuel Macron comme de l’Union européenne. Les récentes décisions européennes, dont l’ouverture de centres de retour en dehors des frontières de l’UE, vont renforcer les violations des droits humains. La France est quant à elle régulièrement sanctionnée pour non-respect des conventions internationales et du droit d’asile. Ces attaques s’accompagnent, jour après jour, de surenchères xénophobes et racistes de l’extrême droite et de la droite. Continuer la lecture de Le 18 décembre, contre la xénophobie et l’exploitation, un même combat, celui des travailleurs !

Grenoble. S’éveiller à la Chine, la proposition de Marianne Dunlop

Que se passe-t-il en Chine ? C’était un peu la question posée lors de la soirée organisée le 8 décembre par la section communiste de Grenoble, avec la contribution de l’universitaire Marianne Dunlop, professeur de chinois et de russe. Une rencontre qui a permis d’entrevoir l’ampleur des bouleversements d’un pays sorti en quelques décennies du sous-développement pour devenir un acteur majeur de l’économie et de la politique mondiales.

Par Luc Renaud

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Marianne Dunlop, polyglotte, agrégée de russe, professeur de linguistique chinoise à l’université d’Arras, traductrice.

Que se passe-t-il en Chine ? C’était un peu la question posée lors de la soirée organisée le 8 décembre par la section communiste de Grenoble, avec la contribution de l’universitaire Marianne Dunlop, professeur de chinois et de russe. Une rencontre qui a permis d’entrevoir l’ampleur des bouleversements d’un pays sorti en quelques décennies du sous-développement pour devenir un acteur majeur de l’économie et de la politique mondiales. Continuer la lecture de Grenoble. S’éveiller à la Chine, la proposition de Marianne Dunlop