Fabien Roussel: Intervention au Conseil national du 9 mai

 

Publié le 11 mai 2026

Nous sommes maintenant à un peu moins de deux mois de notre Congrès et à moins d’un mois du vote des 40 000 militantes et militants du PCF sur le projet de Base commune.

3 textes alternatifs proposent une autre orientation à cette base commune.

Parallèlement, plus de 600 contributions ont été déposées pour nourrir le débat. C’est le signe de la vitalité démocratique de notre parti et d’une volonté des militants de participer au débat général.

La situation internationale n’a jamais été aussi préoccupante, gravissime. Ce n’est pas mieux en France. Les forces d’extrême droite sont à l’offensive partout en Europe. Tout cela rend nos débats d’autant plus importants pour analyser le plus finement possible la situation, trouver les meilleures réponses. Et disons-le avec humilité, ce n’est pas simple. Continuer la lecture de Fabien Roussel: Intervention au Conseil national du 9 mai

Fabien Roussel sur TF1: Prix des carburants, taxation des géants pétroliers, nationalisation (video)

⛽️ Prix des carburants, taxation des géants pétroliers, nationalisation : ce matin sur TF1, Fabien Roussel a appelé le gouvernement à prendre des mesures fortes face à l’explosion des prix à la pompe et au choc énergétique.

Le secrétaire national du PCF annonce avoir écrit au Premier ministre pour exiger des réponses immédiates et concrètes en faveur des travailleurs, des ménages, des entreprises et de tous ceux qui subissent l’explosion des prix.

🚩 Blocage des prix de l’essence, taxation des superprofits des groupes pétroliers, hausse des salaires, réponse publique forte face au chantage de Total : des solutions existent pour protéger le pouvoir d’achat et reprendre la main sur notre souveraineté énergétique.

Unir les communistes (Franck Marsal, Gironde) Premières réflexions sur les textes alternatifs!

Samedi 2 mai 2026, par  Franck Marsal,

 40e congrès 2026 |

A/ le rôle du 40e congrès dans le développement du Parti Communiste

Le 40e congrès du PCF se présente avec une base commune, largement adoptée à 77 % par le Comité National sortant, et en contraste avec cette large unité, la promesse de 4 textes alternatifs.

Cette pratique des textes alternatifs n’est pas issue de la culture militante historique du PCF. C’est depuis le 32e congrès, à Martigues en 1995, qu’elle a été instituée. Elle correspond à une phase de renoncement aux principes d’organisation communistes, comme l’abandon des cellules, celui de l’organe central et du centralisme démocratique.

Deux de ces textes (’nos révolutions’, finalement retiré, et ’stratégie communiste’) ont été manifestement écrits avant que la base commune soit soumise au Comité National, amendée et adoptée par lui. C’est un pas de plus dans le glissement vers un fonctionnement en tendances s’affrontant les unes les autres, prenant la main sur le débat collectif, au détriment d’une discussion égale et fraternelle entre camarades, basée sur la responsabilité de chacun établie par le vote des communistes au congrès précédent.

Le 38e congrès a remis le parti et son projet politique au centre de notre stratégie de transformation. Il s’agissait d’en finir avec l’idée que le PCF ne pouvait plus être qu’une force d’appoint d’une gauche dominée par les forces sociaux-démocrates ayant le rôle principal. Cette orientation avait abouti à faire un petit commerce de la confiance acquise par le PCF au sein de la classe ouvrière, du prolétariat, et de larges couches du peuple par le sacrifice et l’effort de générations de militants de 1920 au tournant des années 1970. Cette confiance a été dilapidée pour soutenir d’abord le Mitterrandisme néo-libéral dans les différentes étapes de ses renoncements et de sa décomposition, puis le néo-Mitterandisme populiste de Mélenchon.

Cette réorientation du parti a été confirmée par le 39e congrès en 2023. Sa mise en oeuvre reste difficile : elle est combattue de l’intérieur et de l’extérieur par les adeptes divers du ralliement. Elle demeure inaboutie dans ses perspectives et portée de manière contradictoire. Les communistes doivent se battre sur tous les fronts : face au harcèlement néo-libéral de la classe dominante, face à la montée de la fascisation et de la guerre, mais aussi face à la démagogie populiste, aux trahisons internes, à la perte des traditions militantes et face à des baronnies au sein même du PCF.

Les partisans en internes d’une soumission ont mis leurs positions au service de la stratégie de Mélenchon, bon client de leur petit commerce. Ces fractionnistes sont ouvertement organisés au travers du groupuscule Continuer la lecture de Unir les communistes (Franck Marsal, Gironde) Premières réflexions sur les textes alternatifs!

Lénine et la dialectique du socialisme

Excellent texte de Gabriel Rockhill qui décrit en fait le socialisme ce moment paradoxal où le parti révolutionnaire construit le communisme avec les ruines du capitalisme. Alors qu’une certaine gauche occidentale pense que si le socialisme n’est pas idéal il ne peut pas mener au communisme, ils nient l’expérimentation, la critique et l’art de profiter de ses erreurs voire de celle des autres. Et il retrouve ce qui est effectivement essentiel dans l’impérialisme la lutte pour la souveraineté et dans ce cas l’aspect « autoritaire » n’est pas imposé par le pouvoir socialiste mais par l’impérialisme. Il ne s’agit pas seulement de « comprendre », il s’agit d’une conscience théorique pratique, tout ce que j’ai tenté à partir de l’expérience cubaine et de ce qu’elle m’a permis de comprendre de la Chine, de partager avec mes contemporains et qui se heurte à l’abandon de tout ce que nous avions acquis collectivement et qui a été liquidé par l’eurocommunisme.Je joins à ce texte un petit film sur Lénine à Paris, ne pas oublier qu’il a voulu être enseveli dans le drapeau de la Commune de Paris, tant cet échec terrible français avait apporté plus que certains acquis, il avait apporté à Marx, la nécessité de la dictature du prolétariat dans le socialisme. (note et traduction de danielle Bleitrach pour histoireetsociete)

Pensée du 7 avril 2026 de Gabriel Rockhill

  1. Apprendre l’alpinisme avec Lénine

Lénine a décrit un jour une scène où un alpiniste, cherchant à atteindre un sommet encore vierge, fut « contraint de rebrousser chemin, de redescendre, de chercher un autre itinéraire, peut-être plus long, mais qui lui permettrait d’atteindre le sommet ». À distance respectable, des personnes en contrebas observaient ses mouvements à la longue-vue et se moquaient cruellement de lui pour son échec. Continuer la lecture de Lénine et la dialectique du socialisme

Un communisme de conquêtes : la proposition du Conseil National du PCF pour le 40ᵉ congrès

Les communistes et leurs amis de la Section Castelsarrasin, Valence et Lomagne se réuniront le vendredi 10 avril à l’Espace Métais à 18h30 pour lancer le débat du 40ème congrès.

 » Un communisme de conquêtes  » – Préambule de la base commune

Pour information, le Préambule de la Base commune sur les objectifs du 40e Congrès | Retrouvez le projet de base commune en intégralité sur le site du Congrès.

Avec « Un communisme de conquêtes », il s’agit aujourd’hui de franchir une étape decisive : doter le PCF d’une démarche dans la durée, affirmer le rôle central du PCF dans la conquête des pouvoirs par le monde du travail. Volontairement, ce texte d’orientation ne reprend donc pas l’ensemble des travaux du précédent congrès. Le 40e Congrès du Parti communiste français s’inscrit dans la continuité des orientations définies lors des précédents congrès. Le texte du 38ᵉ Congrès, « Manifeste du Parti communiste », portait l’ambition d’arrêter l’effacement du PCF et de le rendre à nouveau visible dans le débat public. Celui du 39ᵉ Congrès, « L’ambition pour de nouveaux jours heureux », a permis de renouveler le projet communiste et de préciser ses propositions. Ce projet de base commune n’est pas un programme électoral mais se veut être un texte de visée communiste, fixant des priorités politiques et stratégiques, et donnant mandat à la future direction nationale pour mettre en œuvre ces orientations d’ici le prochain congrès.

Ce texte a vocation à s’appuyer sur les acquis existants et à être complété par les productions les plus récentes du Parti qui constituent des contributions essentielles à l’élaboration et à la mise en œuvre de son projet.

La crise systémique du capitalisme suscite de profonds bouleversements : guerres, menaces nucléaires, effondrement des principaux indicateurs écologiques, crise sociale, crise démocratique. L’ordre international est traversé par des recompositions majeures, marquées à la fois par la volonté du capital étatsunien d’asseoir sa domination internationale sur un nouveau mode d’accumulation, mais aussi par la contestation de l’hégémonie du dollar et la montée de nouvelles puissances. Les tensions s’exacerbent à mesure que l’administration Trump entend conserver sa suprématie dans un ordre mondial devenu multipolaire, et qu’elle s’affranchit à cette fin du droit international pour affirmer sa volonté impérialiste et guerrière.

Dans ce contexte, la France s’enfonce dans une crise majeure. Elle apparaît affaiblie. Du fait de l’alignement de tous ses gouvernements sur l’impérialisme étatsunien et de leur acceptation des orientations mises en œuvre au sein de l’Union européenne, sa voix s’est progressivement marginalisée sur la scène internationale.

Ce déclassement est indissociable des choix économiques et sociaux opérés depuis plusieurs décennies. Les politiques néolibérales ont profondément fragilisé l’appareil productif, accéléré la désindustrialisation, affaibli le modèle agricole français et contribué au recul des infrastructures publiques. En privilégiant la financiarisation au détriment du travail et de la production, elles ont aggravé les inégalités et réduit ses capacités de répondre aux défis du siècle, en particulier le dérèglement climatique.

Cette situation alimente une crise sociale catastrophique, tandis que l’échec du macronisme a plongé le pays dans une crise de régime inédite depuis les origines de la Ve République. Le recul de la conscience de classe et l’atomisation du salariat, la peur de l’avenir qui s’empare des catégories populaires nourrissent les replies identitaires. Elles favorisent la progression de plus en plus dangereuse de l’extrême droite. Aucune des réponses politiques existantes n’est aujourd’hui à la hauteur pour combattre ce phénomène et le faire refluer durablement.

Face à ces défis, « Un communisme de conquêtes » propose une orientation ambitieuse autour d’un projet de dépassement du capitalisme et d’unir le peuple de France. Pour cela, il importe de bâtir une force politique solidement ancrée dans le monde du travail et de la création, capable de rassembler largement les travailleuses et les travailleurs, de faire progresser la conscience de classe et de donner à la gauche une base sociale forte.
C’est par la mobilisation du monde du travail que pourra être inversé le rapport de force. Cette dynamique est indispensable pour faire reculer l’extrême droite et ouvrir une perspective politique capable de répondre aux défis économiques, sociaux et environnementaux de notre temps. Elle constitue la condition pour la conquête des pouvoirs et la construction d’une société d’émancipation.

Comme ils l’ont fait à l’occasion de leurs derniers congrès, c’est aux communistes qu’il appartient de s’emparer à présent de cette proposition de base commune, de l’enrichir de leurs expériences et de leurs réflexions, d’en faire le levier collectif du déploiement de leur parti afin de lui permettre de se hisser au niveau de secousses historiques.

Fabien Roussel: « Merci aux militantes et militants du PCF » + grand entretien sur France Inter + adhésion

Je voulais tout simplement vous dire quelques mots d’introduction pour saluer et remercier, en notre nom à tous, l’ensemble des militantes et des militants du Parti communiste français qui, depuis des mois, ont mené une bataille politique formidable sur le terrain, au plus près des habitants, pour présenter des projets, convaincre et argumenter. C’est leur mobilisation, partout sur le territoire, dans toutes les fédérations, dans nos petits villages comme dans nos grandes villes, qui a permis de donner de la force et de l’énergie à nos campagnes municipales. Et c’est aussi grâce à eux, grâce à elles, que les listes de large rassemblement ont pu gagner dans toute la France.

Bien sûr, nous avons subi quelques revers difficiles à avaler. Mais partout, nos camarades se sont battus avec sincérité et honnêteté pour défendre des programmes au service des habitants, de l’être humain, du pouvoir d’achat, des services publics et du climat, au service des belles valeurs de la République.

Je vous propose que, tous ensemble, nous les remercions et que nous applaudissions chaleureusement et fraternellement toutes les belles, et très belles, victoires de nos camarades à Nîmes, mais aussi à Martigues, Échirolles, en Île-de-France, à Montreuil, Vitry, Bagneux, Villejuif, Gennevilliers, Noisy, Mitry, et dans plus de 400 communes de France métropolitaine. On peut les applaudir chaleureusement.

Ces centaines de maires communistes et apparentés, à travers tout le pays, constituent un point d’appui fondamental, direct et concret pour l’avenir de notre pays. Grâce aux milliers d’élus de notre sensibilité qui siègent désormais sur les bancs des majorités comme de l’opposition, dans des centaines de conseils municipaux, le Parti communiste français demeure la seconde force à gauche, riche et fier de son implantation.

Alors, mes camarades, bravo à toutes et à tous, et tous nos encouragements et nos meilleurs vœux pour votre mandat.

Intervention du secrétaire national en ouverture du CN

Le Grand Entretien sur France Inter

Je rejoins le PCF, je veux prendre ma place dans les combats d’aujourd’hui et de demain… 

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« Nous ne voulons pas faire un choix entre Jean-Luc Mélenchon et Raphaël Glucksmann » : pour 2027, le PCF veut un « communisme de conquêtes »

La direction du Parti communiste, réunie ce week-end, a approuvé le texte qui pourrait servir de base de discussion lors du 40e congrès, en juillet prochain. Proposition est faite d’une candidature « combative » pour 2027.

« C’est en ayant une candidature combative à l’élection présidentielle, comme nous avons su le faire en 2022, que nous serons en meilleure position pour avoir le plus de députés possible », souligne Fabien Roussel.

Le débat peut s’ouvrir. Ce dimanche à Paris, le Conseil national (CN) du PCF a approuvé à 77 % des voix le projet de base commune de discussion, « Un communisme de conquêtes », qu’il soumet aux adhérents à l’occasion du congrès du parti, qui se tiendra les 3, 4 et 5 juillet à Lille.

Les 38e et 39e congrès ont porté « l’ambition de rendre à nouveau visible notre parti dans le débat public » et « permis de renouveler notre projet et de préciser nos propositions », a rappelé en introduction Léon Deffontaines, responsable de la commission chargée de la rédaction du texte. Continuer la lecture de « Nous ne voulons pas faire un choix entre Jean-Luc Mélenchon et Raphaël Glucksmann » : pour 2027, le PCF veut un « communisme de conquêtes »

Un regard décalé et à chaud sur ces résultats des élections municipales, par Danielle Bleitrach

Il ne m’apparaissait pas que l’on pouvait attendre de ces élections une véritable clarification des enjeux ni l’arrêt,de ce qui va avec une dérive à droite, mais les résultats sont meilleurs qu’ils auraient pu être et préservent l’avenir. comme dans le cas de la belle victoire de Pierre Belloch à Vitry, la reconquête de Nimes . Ces quelques impressions sont celles de Danielle Bleitrach qui n’est adhérente à aucun parti. Franck Marsal en particulier fera certainement sa propre analyse de ces élections en tant que militant du PCF. Je précise néanmoins que je suis convaincue de la nécessité de l’existence d’un parti communiste – qui n’est pas celui existant après des décennies de « liquidation ». Un parti communiste dégageant une perspective vers le socialisme, un parti qui organise la classe ouvrière, le monde du travail, les couches populaires, et ne se contente pas d’en faire des distributeurs de tracts derrière leur champion du moment, un parti qui a une ligne claire respecté à l’interne et qui crée les conditions du rassemblement le plus large en faveur de la paix et de le reconstruction du pays, l’intervention citoyenne. Bref un parti qui me restitue l’honneur d’être française et pas de me faire abuser par des gens qui parlent de patrie pour mieux la trahir et la lier à la guerre, à la misère, à l’angoisse du lendemain. Continuer la lecture de Un regard décalé et à chaud sur ces résultats des élections municipales, par Danielle Bleitrach

MUNICIPALES DE 2026: Un scrutin sans raz de marée mais riche d’enseignements (+vidéo de F. Roussel)

Par JP Legrand
Le second tour des municipales de 2026 n’a pas produit la vague annoncée. Ni basculement généralisé vers le Rassemblement national, ni percée irrésistible de La France insoumise. Le pays confirme au contraire une fragmentation politique profonde, où les équilibres locaux l’emportent largement sur les dynamiques nationales.
Le RN poursuit son implantation, notamment dans des villes comme Perpignan, Carcassonne ou Menton, mais il se heurte toujours à des résistances dans les grandes villes. À Marseille comme à Nîmes, des configurations locales ont permis de contenir sa progression.
LA MACRONIE EN RECUL NET
L’un des enseignements majeurs du scrutin réside dans les difficultés de la majorité présidentielle. À Pau, mais aussi dans de nombreuses villes moyennes, la macronie enregistre des revers significatifs. Faute d’ancrage local solide, elle apparaît souvent comme une force hors-sol, dépendante de dynamiques nationales qui ne suffisent plus à convaincre.
Ce recul confirme une tendance déjà perceptible : sans relais militants durables ni figures locales reconnues, il est difficile de s’imposer dans une élection où la proximité reste déterminante.
LFI ENTRE PROGRESSION ET CONTRADICTIONS
La France insoumise s’impose comme une force incontournable du paysage politique local. Elle progresse, influence les alliances et parvient parfois à l’emporter, comme à Creil, dans une configuration singulière marquée par le retrait et le soutien d’une partie de la droite. Ce type de situation interroge sur les recompositions à l’œuvre et sur la porosité croissante des clivages traditionnels.
Mais cette dynamique reste contrastée. À Toulouse, LFI n’a pas réussi à rassembler suffisamment largement pour l’emporter, illustrant les limites de sa stratégie dans certaines grandes villes.
Plus largement, une question traverse désormais le débat politique : celle du rapport entre LFI et certaines formes de communautarisme. Sans être uniforme selon les territoires, cette interrogation pèse sur sa capacité à élargir son audience et à construire des majorités stables, notamment dans des contextes urbains complexes.
LES FORCES TRADITIONNELLES RÉSISTENT
Face à ces mouvements, les partis traditionnels démontrent une capacité de résistance non négligeable. Les socialistes conservent plusieurs positions importantes, tandis que la droite classique maintient ou reconquiert des villes. La logique municipale continue de privilégier l’implantation, l’expérience et la crédibilité de gestion.
LE PCF : UNE RÉSISTANCE QUI S’AFFIRME
Dans ce paysage fragmenté, le Parti communiste français confirme une solidité remarquable en restant la deuxième force politique à gauche sur l’ensemble du territoire. Souvent discret dans les résultats nationaux en raison de sa participation à des listes d’union, il conserve pourtant l’essentiel de ses bastions.
De Vitry-sur-Seine à Bonneuil-sur-Marne, en passant par Allonnes, il continue de faire vivre un modèle municipal fondé sur la proximité, les services publics et un ancrage populaire durable.
Surtout, la conquête de Nîmes constitue un événement politique majeur. Dans une grande ville, en dehors de ses terres traditionnelles, et dans un contexte de forte concurrence avec le RN, le PCF démontre qu’il est encore capable de gagner.
UNE FRANCE POLITIQUE ÉCLATÉE
Ce premier bilan met en évidence une réalité désormais bien installée : aucune force ne parvient à s’imposer durablement à l’échelle nationale dans le champ municipal. Le RN progresse sans dominer, LFI influence sans conquérir massivement, la macronie recule, tandis que les partis traditionnels et les forces d’ancrage local continuent de jouer un rôle central.
LE RETOUR DISCRET DE L’ANCRAGE LOCAL
Dans ce contexte, le PCF apparaît comme l’un des acteurs les plus constants du paysage politique local. En conservant la plupart de ses bastions et en remportant une ville comme Nîmes, il confirme que la politique municipale repose d’abord sur le temps long, la présence sur le terrain et la cohérence des engagements.
À l’heure des recompositions rapides et des stratégies nationales mouvantes, ce sont peut-être ces qualités, plus discrètes mais plus solides, qui dessinent les perspectives les plus durables.
Fabien Roussel a annoncé que le PCF dispose de 72 maires communistes dans des communes de + de 35.000 habitants.
Les résultats du 1ᵉ tour ont montré que le PCF progressait dans les communes de + de 3500 habitants (+50).
On peut estimer que le PCF, pour la première fois depuis 2001, progresse lors des élections municipales.
Les résultats du 2ᵉ tour donnent :
✅ Les gains réalisés par le PCF : 8
🔴 Héricourt (70)
🔴 Bethoncourt (25)
🔴 Nîmes (30)
🔴 Aubagne (13)
🔴 Gond-Pontouvre (16)
🔴 Wignehies (59)
🔴 Villefranche-d’Allier (03)
🔴 Bords (17)
❌Les pertes : 7
🔴 Vierzon (18)
🔴 Escaudain (59)
🔴 Douchy-les-Mines (59)
🔴 Billy-Montigny (62)
🔴 Villeneuve-lès-Maguelone (34)
🔴 Vénissieux (69)
🔴 Champs-sur-Marne (77)
✅ Réélections : 23
❌ Listes battues au 2ᵉ tour : 6 (sans perte de la commune)

Le temps de la « ceinture rouge » et le bricolage d’aujourd’hui, quelle issue politique ? par Danielle Bleitrach

 

Qui s’est interrogé tout au long de cette campagne des municipales entre la cloison étanche qui s’était créée entre la crise du côté d’Ormuz, la montée du prix de l’essence, les dangers de guerre, mais aussi la crise alimentaire, tous ces nuages qui s’accumulent à l’horizon à cause d’Ormuz mais aussi la perte de confiance dans le système. Il y a cette réalité et face à cela il y a cette campagne très « localisée ». Notez l’atomisation volontaire, le fait qu’il y a eu peu de leaders nationaux pour intervenir en tant que tel. C’était d’autant plus stupéfiant que cette manière de coller au terrain se heurtait aux ambitions manifestes de « leaders » constituant leur assise de députés, sénateurs, le tout conçu pour étayer un leader présidentiel avec un fond de montée de l’extrême droite . Et cette « atomisation » a atteint un nouveau seuil au vu des résultats. Pourtant pour les Français se dessinait en filigrane le poids de la réalité: les menaces de guerre, le prix de l’essence, mais aussi une « résistance » populaire qui à sa manière revendiquait les fondamentaux, ce qui était nié depuis des décennies et a continué à l’être par un prisme médiatique dépassé et qui s’ingénie à nous masquer les possibles, ceux qui naissent de la lutte des classes, la revendication à la justice à la souveraineté sur nos propres décisions nationales, cette marque de fabrique du peuple français.

UNE CAMPAGNE ELECTORALE MEDIATIQUEMENT DIGNE DE CLOCHEMERLE

La “ceinture rouge” désigne les mairies communistes autour de Paris, historiquement installées dans des villes ouvrières et industrielles . Au plus fort en 1977, la ceinture rouge s’est délitée au fil des scrutins municipaux. Cette transformation ne prend sens que si nous la resituons dans un contexte géopolitique qui est celui de la relation de la France à l’atlantisme et l’affaiblissement parallèle du « gaullisme » et du PCF de Maurice Thorez. Deux adversaires mais partageant une certaine conception de la souveraineté et de la politique. Continuer la lecture de Le temps de la « ceinture rouge » et le bricolage d’aujourd’hui, quelle issue politique ? par Danielle Bleitrach