Franck Marsal: sa réponse sur le PCF dont nous avons besoin ou un congrès pourquoi faire ?

Franck part de ma remarque de hier : la différence qu’il y a quand le PCF est à 20% comme prétend l’être Mélenchon -ça se discute mais faisons comme- il est clair que le capital ne sent pas le même rapport des forces. Cela ne tient pas à la personnalité de Melenchon ou celle de Roussel mais à qui ils ont derrière eux … Avoir des communistes c’est pas pareil que d’en appeler à une masse désorganisée de bobos et de zozos même chauffés à blanc dans le culte du chef… les mêmes bobos et zozos dans un parti communiste deviennent des militants que chacun connait. Comme on disait jadis quand le secrétaire de cellule passe même le chien remue la queue… Je dois avouer que je ne suis pas sure que certains membres actuels du comité national procurent de telles joies au masses y compris aux canidés… Mais écoutons ce Franck qui est sur le terrain nous dit de la question : il place le curseur là où il faut le réarmement et ce que cela signifie… (note de danielle Bleitrach)

Franck Marsal

Le parti communiste ne fait plus 20 % et personne ne l’a remplacé, ni n’est en voie de le faire. C’est un fait.

Nous sommes, en France, dans le stade où tout est fragile et rien encore ne se consolide encore. Il y a de timides avancées, encore essentiellement locales et désordonnées, mais souvent avec une volonté de faire face, quelles que soient les conditions et de chercher une issue..

Ces avancées se produisent dans un contexte qui se tend et où nous sentons monter les dangers : celui de la guerre et celui d’une offensive de la réaction dans notre pays. Continuer la lecture de Franck Marsal: sa réponse sur le PCF dont nous avons besoin ou un congrès pourquoi faire ?

Fabien Roussel, secrétaire national du PCF : « nous demandons une revalorisation immédiate de 5 % pour les salaires et pensions inférieurs à 2 500 euros net » + video

Le secrétaire national du PCF, Fabien Roussel, dénonce la faiblesse des mesures annoncées par le premier ministre sur le pouvoir d’achat. Il invite à se mobiliser devant les préfectures et le siège de Total, dont il réclame la nationalisation. Il s’exprime également sur les enjeux du 40e congrès du Parti communiste.

Fabien Roussel appelle à des mobilisations contre la vie chère et réclame la nationalisation de TotalEnergies qu’il accuse de profiter de la crise au Moyen Orient.

Le PCF tiendra son congrès les 3, 4 et 5 juillet à Lille. Il sera précédé de débats dans les sections et départements. Fabien Roussel, son secrétaire national, invite à avoir un parti « uni et fort » et se dit prêt à consacrer toute son « énergie » à la bataille des élections présidentielles si les militants communistes le désignent candidat par un vote en septembre.

Comment jugez-vous les annonces du gouvernement, jeudi 21 mai, pour faire face à la crise du pouvoir d’achat ? Continuer la lecture de Fabien Roussel, secrétaire national du PCF : « nous demandons une revalorisation immédiate de 5 % pour les salaires et pensions inférieurs à 2 500 euros net » + video

40ème CONGRÈS DU PCF, DU « PARTI OUVRIER » AU « PARTI D’ÉLUS » ? par Jean Paul Legrand

L’histoire du Parti communiste français est profondément liée à celle de la classe ouvrière industrielle. Entre les années 1920 et les années 1970, le PCF s’est construit comme une organisation politique enracinée dans les usines, les mines, les chemins de fer, les ports et les grands bassins industriels.
Son encadrement militant provenait largement du monde ouvrier lui-même. Les cellules d’entreprise structuraient la vie du parti et l’expérience concrète de l’exploitation capitaliste constituait le cœur de sa culture politique.
Durant cette période, le PCF ne représentait pas seulement la classe ouvrière : il formait également des cadres issus directement de celle-ci. Les travaux du sociologue Bernard Pudal ont bien montré comment le parti permettait la promotion politique d’ouvriers souvent peu diplômés devenus responsables syndicaux, élus ou dirigeants politiques grâce à l’organisation communiste elle-même. La légitimité militante reposait alors largement sur l’expérience du travail industriel, des luttes sociales et de la confrontation quotidienne avec le patronat. La théorie marxiste de l’exploitation n’était pas une abstraction intellectuelle mais une réalité vécue dans les cadences de production, les rapports hiérarchiques de l’usine, les bas salaires ou les conflits sociaux.
LA DÉSOUVRIÉRISATION PROGRESSIVE DU PARTI
À partir des années 1970 et surtout dans les décennies suivantes, la sociologie du PCF s’est profondément transformée. Les chercheurs convergent généralement pour constater un recul progressif du poids ouvrier dans les structures militantes et dirigeantes du parti. Cette évolution accompagne naturellement les grandes mutations de la société française : désindustrialisation, fermeture des grands sites industriels, affaiblissement du syndicalisme ouvrier, montée du secteur tertiaire et transformation du salariat.
Mais plusieurs travaux sociologiques soulignent également que cette mutation ne relève pas uniquement d’un phénomène extérieur. Le PCF a lui-même progressivement modifié sa composition sociale et ses modes de recrutement militant. Le sociologue Julian Mischi montre notamment que les enseignants, les fonctionnaires, les élus locaux et les permanents institutionnels ont pris une place croissante dans l’appareil du parti. À mesure que disparaissaient les grandes cellules d’usine, les structures municipales et les réseaux institutionnels sont devenus centraux dans la vie communiste locale.
UNE TRANSFORMATION DU RAPPORT À L’EXPLOITATION CAPITALISTE
Cette transformation ouvre une interrogation importante sur les conséquences idéologiques et stratégiques d’un tel déplacement sociologique. On peut en effet formuler l’hypothèse selon laquelle l’effritement de la base ouvrière du PCF et le recul des cadres issus directement du travail industriel ont contribué à modifier les priorités politiques du parti. Lorsque les responsables politiques vivent quotidiennement les rapports d’exploitation dans l’entreprise capitaliste, la question de la production, de la propriété des moyens de production et de l’extraction de la plus-value tend naturellement à occuper une place centrale. En revanche, lorsque les cadres militants proviennent davantage des secteurs de la fonction publique, de l’enseignement, des collectivités territoriales ou des appareils administratifs, leur rapport concret au capital industriel devient plus indirect.
Il ne s’agit évidemment pas de prétendre que les fonctionnaires ou les salariés du secteur public échappent aux rapports de domination sociale. Les politiques d’austérité, la bureaucratisation du travail ou les logiques managériales affectent fortement ces professions. Mais les formes d’exploitation qu’ils subissent ne se manifestent pas de la même manière que dans le travail industriel directement soumis à la production de profit et à l’extraction de la plus-value. Cette différence d’expérience sociale peut influencer les représentations politiques, les priorités programmatiques et les formes de mobilisation.
LE DÉPLACEMENT DES PRIORITÉS POLITIQUES
Plusieurs chercheurs ont ainsi observé un déplacement progressif du centre de gravité idéologique du PCF. Les problématiques liées à l’administration locale, à la gestion des collectivités, aux politiques publiques ou aux enjeux sociétaux prennent progressivement davantage de place, tandis que les questions directement liées à la production industrielle, à l’organisation du travail ou à la souveraineté productive perdent de leur centralité. La culture politique issue de l’usine tend alors à s’effacer au profit d’une culture plus institutionnelle et gestionnaire.
Julian Mischi parle d’ailleurs d’une « désouvriérisation » du PCF. Selon lui, les ouvriers deviennent progressivement marginalisés dans les directions du parti alors que les élus locaux et les catégories diplômées acquièrent une influence croissante. Bernard Pudal avait déjà montré auparavant que la crise du PCF correspondait aussi à l’effondrement du modèle historique de promotion politique ouvrière qui avait longtemps constitué sa singularité.
Cette évolution ne concerne d’ailleurs pas uniquement le PCF. Dans l’ensemble de la gauche européenne, les chercheurs observent depuis plusieurs décennies une montée du poids des diplômés et des catégories intermédiaires au détriment des salariés issus du monde industriel. Cette transformation sociologique contribue souvent à éloigner les organisations politiques des préoccupations concrètes liées au travail productif, aux conditions de production et aux conflits industriels.
UNE HYPOTHÈSE À NUANCER
Toutefois, cette hypothèse doit être nuancée. Le recul de la classe ouvrière dans le PCF résulte aussi de transformations structurelles profondes de la société française. La désindustrialisation massive a détruit les grands collectifs ouvriers qui constituaient autrefois la base sociale du parti. Le monde du travail lui-même s’est fragmenté avec le développement de la sous-traitance, de la précarité, des plateformes logistiques et des nouvelles formes d’emploi. Le modèle de l’ouvrier de la grande usine fordienne ne correspond plus à la réalité contemporaine du salariat populaire.
Néanmoins, la question demeure politiquement centrale. Les recherches sociologiques suggèrent fortement que la composition sociale d’une organisation influence durablement sa manière de penser les rapports sociaux. Lorsque la direction politique est directement issue du monde de la production industrielle, les enjeux liés à l’exploitation capitaliste et à la création de la plus-value tendent à structurer profondément l’analyse politique. À l’inverse, lorsque le centre de gravité militant se déplace vers les appareils institutionnels et administratifs, les priorités peuvent progressivement se déplacer vers d’autres problématiques.
UNE QUESTION TOUJOURS ACTUELLE
Dans le contexte actuel de réindustrialisation, de crise énergétique et de débat sur la souveraineté économique, cette question retrouve une importance particulière. Les débats autour de l’industrie, de l’hydrogène, de la planification industrielle ou de la transition énergétique remettent au premier plan la question fondamentale de la production des richesses et du contrôle des outils de production. Ils posent indirectement la question du lien entre représentation politique et expérience sociale concrète du travail productif.
L’évolution sociologique du PCF apparaît ainsi non seulement comme un sujet d’histoire politique, mais aussi comme une clé de compréhension des difficultés contemporaines de la gauche à reconstruire un lien organique avec le monde du travail industriel et avec la classe ouvrière.
BIBLIOGRAPHIE
Bernard Pudal, Prendre parti. Pour une sociologie historique du PCF, Presses de la Fondation nationale des sciences politiques, 1989.
• Julian Mischi, Servir la classe ouvrière. Sociabilités militantes au PCF, Presses universitaires de Rennes, 2010.
• Julian Mischi, Le communisme désarmé. Le PCF et les classes populaires depuis les années 1970, Agone, 2014.
• Annie Kriegel, Les communistes français, Seuil, 1968.
• Philippe Buton, Le Parti communiste français. Histoire et stratégies 1945-2000, La Découverte, 2004.
• Michel Dreyfus, Histoire de la CGT, Complexe, 1995.
• Stéphane Sirot, Le syndicalisme, la politique et la grève. France et Europe : XIXe-XXIe siècles, Arbre bleu éditions, 2011.
• Pierre Bourdieu, La distinction. Critique sociale du jugement, Les Éditions de Minuit, 1979.
• Michel Verret, La culture ouvrière, L’Harmattan, 1988.
• Xavier Vigna, L’espoir et l’effroi. Luttes d’écritures et luttes de classes en France au XXe siècle, La Découverte, 2016.

Pour que les choses soient claires: Le cas Mélenchon et le Zugzwang … par Danielle Bleitrach

Des interlocuteurs tout à fait de bonne foi me renvoient à des dialogues de Mélenchon avec d’autres héros de la « rupture » avec le capitalisme. Je voudrais que l’on comprenne ce qui fonde ma conviction qui ne s’acharne pas contre un individu que je ne considère pas comme un ennemi mais analyse un système dans lequel il prend place.

A savoir les quelques décennies dans lesquelles le « libéralisme » avec son primat des « élections » et d’une stabilité basée sur la pseudo victoire de la « démocratie » se combinait en fait avec celle d’un monde unipolaire. C’est ce moment là que je tente d’analyser à partir du choix mitterrandien de 1982 l’horizon indépassable du capital, la rigueur et l’austérité après un baroud d’honneur qui succède au Mitterrand allant en Cancun y lire un discours concocté par régis Debray. Mitterrand va être accompagné dans ce retournement par toute la gauche qui crie avec Montand « Vive la crise » et chante le nouveau héros antifasciste que serait Tapie. Tout cela parfaitement orchestré pour transformer la politique en spectacle dans lequel la gauche et la droite se délitent. Je vous conseille de lire à ce sujet ce que dit Eric Li c’est très parlant. Continuer la lecture de Pour que les choses soient claires: Le cas Mélenchon et le Zugzwang … par Danielle Bleitrach

Mélenchon 2027: une candidature présidentielle qui freine la mobilisation des travailleurs (Alexandre Lantier)

J’assure les publications de ce matin, après avoir reçu un message hier soir de Danielle, qui a fait une mauvaise chute. Avec l’aide de son entourage, elle a pu aller à la pharmacie et a de nombreuses contusions. Nous lui souhaitons tous le meilleur repos et rétablissement. La candidature de Mélenchon, lancée très prématurément, alors que se prépare une crise majeure, ne permet ni la mobilisation collective, ni l’unité. Renvoyant le peuple à l’échéance électorale, qu’il proclame gagné d’avance (comme il l’avait fait en défiant Marine Le Pen à Hénin-Baumont lors de législatives, avant de se désintéresser définitivement de ce territoire ouvrier et populaire après sa défaite retentissante), Mélenchon se pose en obstacle à l’action collective. La crise et les transformations mondiales et nationales provoquées par la fermeture du Détroit d’Ormuz se poseront dès les prochaines semaines, dès la fin du moi de mai et le début de celui de juin et s’approfondiront à l’été. La construction de l’unité du peuple nécessite d’apporter une perspective de solution à la marche vers la guerre, c’est la perspective du Sud global et des BRICS, de l’ouverture de discussions avec la Russie et la Chine et au renforcement du pouvoir des monopoles de la finance qui veut faire payer cette marche à la guerre par la destruction des moyens de vie et de développement du peuple et de la nation, c’est la perspective de l’unité du peuple et de l’unité de la nation autour de son intérêt immédiat, l’intérêt collectif, la réindustrialisation et la modernisation de la France, par la planification et le pouvoir aux mains des travailleurs. (Note de Franck Marsal pour Histoire&Société)

Rien de plus vache qu’un trotskiste pour un autre trotskiste. Il est vrai que l’obédience de Mélenchon, les lambertistes a un lourd passé qui a pesé sur souvent injustement sur d’autres branches. Comme ici WSWS qui est incontestablement la branche avec laquelle le dialogue est le plus intéressant. Même si je ne partage pas tous les arguments il y a qui paraissent incontournables et que nous avons déjà note en fait le soutien évident à la politique impérialiste de Macron comme en a témoigné son interview à la tribune du dimanche et plus généralement toutes ses prises de position et celles de LFI qui ont visé non seulement à diviser la gauche mais à le faire sans autre perspective qu’une manoeuvre électoraliste pour la présidentielle, une véritable obsession « mitterrandienne ». (Note de Danielle Bleitrach)

texte d’Alexandre Lantier

Le 3 mai, Jean-Luc Mélenchon a annoncé sa candidature à l’élection présidentielle de 2027 sur le plateau du journal télévisé de TF1. L’entretien qu’il a accordé à Anne-Claire Coudray a exposé non pas une perspective révolutionnaire, mais l’absence d’une telle perspective. Avec son parti La France insoumise (LFI), il agit non pas pour mobiliser les travailleurs contre l’austérité et la guerre, mais pour les étouffer par une orientation nationaliste vers les institutions capitalistes françaises. Continuer la lecture de Mélenchon 2027: une candidature présidentielle qui freine la mobilisation des travailleurs (Alexandre Lantier)

De la nécessité d’un journal communiste comme organisateur collectif dans la guerre de classe en cours. + Dates

Il manque incontestablement le pôle que constituait l’Humanité en tant que journal communiste. Le produit hybride d’aujourd’hui n’est pas à la hauteur de « la guerre de classe » qui fait rage et on peut estimer que celle-ci va encore connaître des niveaux plus durs qui exigeront une force collective et ses « armes ». Il évident que quelques soient les initiatives actuelles y compris Histoireetsociete, sur le plan international et Théorique, il n’y a pas l’équivalent de ce qu’était l’Humanité, tout au plus la manifestation de possibles. Et il faudra du temps pour reconstituer une direction et une équipe crédible, ce que dit l’intervention de Fabienne Lefebvre qui participera probablement à l’aventure d’Histoireetsociete 3, nouvelle formule, les « amis d’Histoireetsociete » c’est qu »au moins à l’occasion du 40 e Congrès des voix se font entendre et pas pour refermer l’Humanité, mais pour en faire un facteur d’unité et de rassemblement. Ce que devra être le PCF ou il n’aurait aucune raison d’être. (note de DB pour histoireetsociete)

 40e congrès 2026 | Une contribution de Fabienne Lefebvre

Face à l’offensive des forces du capital qui préparent une nouvelle fois la guerre menée par l’impérialisme états-unien, et ses bras armés que sont l’OTAN et le dollar, il y a urgence à la riposte ! Le capital, irréformable, poursuit donc son hégémonie et s’exonère même de pratiques dites démocratiques, dont il n’a plus besoin pour s’accumuler. Il acte de fait, qu’il ne peut y avoir de choix des peuples contraire aux intérêts de la bourgeoisie, c’est-à-dire ceux de la classe dominante. Prédation impérialiste, refus démocratique, montée du fascisme et choix de la guerre s’organisent donc implacablement contre la classe du travail qui produit les richesses.

Ainsi, les économies occidentales se réarment à un niveau sans précédent depuis la Guerre froide, avec des dépenses militaires prévues à 5% du PIB d’ici 2035, faisant payer aux travailleurs européens, le poids de leur guerre. L’accord-cadre, brisant la souveraineté de la France, passé entre l’Union Européenne et les États-Unis en juillet 2025, rentre dans cette logique guerrière avec l’obligation d’achat de 750 milliards de dollars d’hydrocarbures et d’armements US. Aujourd’hui, ce système de domination prédateur et parasitaire est de plus en plus contesté par de nombreux peuples qui font le choix des BRICS+, c’est-à-dire celui de la dédollarisation, de la souveraineté, de la coopération et de la protection de la planète. Dans ce monde devenu multipolaire un chemin se dessine donc, afin de faire communauté de destin pour l’humanité, une voie pour la transition révolutionnaire s’ouvre et celle d’un socialisme contemporain devient possible !

Le bilan du système capitaliste est sans appel. Il survit uniquement grâce à une protection sans faille de la bourgeoisie et à la collaboration de classe des sociaux-démocrates. L’idéologie qui domine est donc bien celle de la classe dirigeante dont les idées sont portées à un niveau de propagande exacerbée par quasi l’ensemble de tous les médias qu’elle possède.

En effet, l’emprise du capital sur les médias se caractérise par une concentration croissante entre quelques-uns et des mécanismes d’influence qui vont au-delà du simple contrôle de propriété. La difficulté est qu’aujourd’hui les communistes ne disposent plus d’outils pour contrebalancer cette hégémonie culturelle. Ainsi en France, la majorité des médias nationaux est détenue par de grands groupes industriels et des milliardaires empêchant toute pensée alternative au système. Voici un aperçu des principaux acteurs et de leurs actifs :

Quotidiens nationaux

Principaux propriétaires/actionnaires : Bernard Arnault (LVMH), Famille Dassault, Famille Amaury, Xavier Niel / Daniel Křetínský (via fonds).
Médias détenus : Les Échos, Le Parisien-Aujourd’hui en France, Paris Match ; Le Figaro ; L’Équipe ; Le Monde, La Croix (partiellement).

Télévisions (audience nationale)

Principaux propriétaires/actionnaires : Vincent Bolloré, Rodolphe Saadé (CMA-CGM), Famille Bouygues, Famille Mohn (Bertelsmann).
Médias détenus : Canal+, CNews, C8 ; BFM TV, RMC ; TF1, LCI, TMC ; M6, RTL, W9.

Autres médias (presse, radio)

Principaux propriétaires/actionnaires : Vincent Bolloré, Rodolphe Saadé, Iskander Safa (héritiers), François Pinault
Médias détenus : Le Journal du Dimanche, Europe 1, RFM ; La Provence ; Valeurs Actuelles ; Le Point

En outre, cette concentration s’accélère : des groupes comme Bolloré (Lagardère, Prisma Media) ou Saadé (Altice Media, La Tribune) ont réalisé de nombreuses acquisitions récentes et l’influence de ces propriétaires ne se limite pas à leur présence au capital. Elle s’exerce par plusieurs canaux, plus ou moins directs.

Pression directe et ingérence éditoriale : Nomination stratégique des dirigeants (ex : Geoffroy Lejeune ex-Valeurs Actuelles à la tête du JDD par Bolloré) ; Affaiblissement des contre-pouvoirs internes (chez Bolloré, Paris Match, JDD, CNews, les Sociétés De Journalistes garantes traditionnelles de l’indépendance rédactionnelle se sont dissoutes) ; Auto-censure…

Cet accaparement de l’espace médiatique, culturel…à des fins de propagande idéologique accompagne et renforce la pédagogie du renoncement au profit de l’accumulation durable du capital, en diffusant une vision du monde qui naturalise l’exploitation. C’est une victoire idéologique de ladite démocratie bourgeoise et parlementaire réunie sous le concept de la fin de l’histoire ! Prétentieux mais efficace !

Dans ce contexte de guerre de classe, un journal communiste, s’appuyant sur une solide méthodologie (historique, philosophique…) et sur l’expérience militante du Parti serait donc un outil indispensable pour briser ce monopole idéologique. L’analyse communiste (matérialiste) ne peut, en effet, se dissoudre comme un courant parmi d’autres d’une « gauche » (idéaliste) cherchant à rendre le capitalisme plus juste. Le journal communiste doit au contraire développer son influence pour permettre aux travailleurs et aux progressistes de trouver les appuis pour rendre concrète la nécessité de renverser les rapports sociaux, et notamment les rapports de propriété.

C’est pourquoi, l’abandon de notre « organe central », outil officiel pour diffuser les positions et décisions du parti en 1994 lors de son 28ᵉ Congrès, fut une erreur.

Elle a eu pour effet d’accompagner la déshérence idéologique du Parti et de plonger les travailleurs dans le désarroi face à la broyeuse du capital, leur laissant le champ libre pour la mise en place de leur système civilisationnel. Cette situation devient très problématique voire dangereuse dans la période actuelle de guerre de classe.

Néanmoins, le Parti conscient de ce manque a développé, depuis quelques années, son site pcf.fr et sa rubrique actualité. Cette dernière sans hiérarchisation éditoriale, sans un travail de contextualisation journalistique ne peut atteindre largement les travailleurs et /ou ceux qui s’interrogent sur les positions des communistes. Le développement de cette rubrique illustre le besoin d’un organe central, mais ne répond nullement à ce besoin.

Il convient donc de retrouver les fondements théoriques et politiques pour :

Un journal qui soit le porte-voix unifié du Parti, garantissant que tous les membres, des dirigeants aux cellules agissent et s’expriment à partir d’une analyse et d’une ligne commune, c’est à dire celles décidées et votées au Congrès dans le respect du vote des communistes et de leur souveraineté. Car l’unité du Parti n’est pas mécanique, elle est idéologique. Le journal est donc l’outil pour la forger et la préserver.

Un journal qui transmet les décisions et les analyses stratégiques à l’ensemble du Parti et au monde du travail et qui relaye les expériences, les luttes et les initiatives venues du terrain. Un journal qui également partage les analyses d’autres Partis communistes et forces progressistes pour mieux comprendre le mouvement du monde, ce qui nous manque pour appréhender notamment des conflits comme en Ukraine.

Un journal qui participe à la formation théorique des adhérents mais aussi des sympathisants dans le cadre de la praxis, en la mettant en perspective avec la situation nationale et internationale, afin d’éviter que la conscience reste morcelée et empirique.

Mais aussi un journal, qui au-delà de la diffusion d’idée, organise et coordonne les luttes locales en leur donnant un sens national. Sa diffusion doit permette également de renforcer le Parti et contribuer à forger une conscience collective du monde du travail. Il s’agit donc, ici, d’aider à élever la conscience de classe en reliant les luttes quotidiennes à une analyse systémique du capitalisme et de l’État, tout en décryptant les discours médiatiques et politiques de la classe dominante.

Le journal permet aussi d’éviter l’isolement des travailleurs, afin de construire des convergences. Ainsi en donnant la parole aux travailleurs eux-mêmes (témoignages, reportages sur les luttes, stratégie industrielle, bouleversement du monde, culture, environnement…), il renforce le sentiment de légitimité et de puissance collective.

Un journal communiste doit également et surtout permettre de faire germer la nécessité d’un changement révolutionnaire, c’est-à-dire l’exigence d’une rupture avec le capital. Cette volonté d’être utile au quotidien est essentielle et se retrouve par exemple dans le journal numérique « Liberté Actus » alimenté par des militants communistes.

La fonction première du journal, permette le passage de la conscience immédiate à la conscience historique.

C’est par ce travail patient de propagande, de mise en mouvement et d’organisation que le journal contribue à transformer la « classe en soi » (objective) en une « classe pour soi » (consciente et mobilisée pour ses intérêts historiques). Il décode le vécu des travailleurs qui vivent l’exploitation au quotidien (répressions, management agressif, discriminations, bas salaires, précarité, licenciements). Alors que la presse bourgeoise isole ces faits (« l’entreprise est mal dirigée… ») ou les naturalise (« la concurrence est rude, déloyale… »), en utilisant abondamment la « novlangue » pour dénaturer la réalité. Quand ce n’est pas pour criminaliser les luttes !

Le journal communiste, lui, ne montre pas seulement comment un licenciement est lié aux choix d’un actionnaire, à une loi sur le travail, aux délocalisations permises par les traités internationaux, notamment européens. D’une part, il généralise en transformant une souffrance individuelle en un phénomène de classe, révélant le système qui produit structurellement ces effets. D’autre part, il ne se contente pas de commenter ou d’interpréter l’actualité, il la recadre au prisme de la lutte des classes, de l’exploitation de la plus-value, du rôle de l’État comme « comité exécutif de la bourgeoisie » (un conflit dans un hôpital devient l’illustration de la marchandisation de la santé ; La délocalisation de la production de l’acier une atteinte à notre souveraineté nationale…)

Le journal construit aussi une culture autonome (littérature, cinéma, sciences…), première étape de formation, en l’arrachant à l’idéalisme bourgeois pour en proposer une lecture matérialiste et de classe.

Le journal comme organe central est donc le laboratoire et le champ de bataille de la conscience de classe. Il transforme une expérience vécue par les travailleurs en un moment d’une histoire collective, et donc d’actions, dont ils peuvent devenir les acteurs. Pour le Parti, il est l’incarnation matérielle de son projet et le ciment de son unité. Le journal communiste assume ainsi publiquement son appartenance au Parti et fait vivre son lien avec celui-ci, ce qui constitue la racine la plus solide de son ancrage de classe.

C’est en ce sens que Lénine affirmait que « le journal est pour nous non seulement un propagandiste collectif et un agitateur collectif, mais aussi un organisateur collectif », l’organisation commençant par celles des idées. Sans un journal produisant un travail idéologique constant et massif, le Parti n’est donc qu’une organisation de combat de plus. Sa lecture, son achat puis son abonnement sont également des étapes qui peuvent amener vers l’adhésion et donc au renforcement du Parti. Dans la guerre de classe en cours, il est donc grand temps de nous doter, de nouveau, de cet outil essentiel si l’on souhaite peser sur le mouvement du monde, les communistes lors de notre 40e Congrès peuvent collectivement le décider !

Fabienne LEFEBVRE
Membre du Conseil national, Fédération du Val-de-Marne


Les communistes de Castelsarrasin ouvrent le débat

Ils accueilleront les camarades et au delà lors d’apéro-congrès pour débattre aux dates suivantes tout au long du mois de mai, dés 18H30:

  • mercredi 13
  • lundi 18
  • vendredi 22
  • mardi 26
  • vendredi 29

Les inscriptions sont ouvertes:

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Fabien Roussel: Intervention au Conseil national du 9 mai

 

Publié le 11 mai 2026

Nous sommes maintenant à un peu moins de deux mois de notre Congrès et à moins d’un mois du vote des 40 000 militantes et militants du PCF sur le projet de Base commune.

3 textes alternatifs proposent une autre orientation à cette base commune.

Parallèlement, plus de 600 contributions ont été déposées pour nourrir le débat. C’est le signe de la vitalité démocratique de notre parti et d’une volonté des militants de participer au débat général.

La situation internationale n’a jamais été aussi préoccupante, gravissime. Ce n’est pas mieux en France. Les forces d’extrême droite sont à l’offensive partout en Europe. Tout cela rend nos débats d’autant plus importants pour analyser le plus finement possible la situation, trouver les meilleures réponses. Et disons-le avec humilité, ce n’est pas simple. Continuer la lecture de Fabien Roussel: Intervention au Conseil national du 9 mai

Fabien Roussel sur TF1: Prix des carburants, taxation des géants pétroliers, nationalisation (video)

⛽️ Prix des carburants, taxation des géants pétroliers, nationalisation : ce matin sur TF1, Fabien Roussel a appelé le gouvernement à prendre des mesures fortes face à l’explosion des prix à la pompe et au choc énergétique.

Le secrétaire national du PCF annonce avoir écrit au Premier ministre pour exiger des réponses immédiates et concrètes en faveur des travailleurs, des ménages, des entreprises et de tous ceux qui subissent l’explosion des prix.

🚩 Blocage des prix de l’essence, taxation des superprofits des groupes pétroliers, hausse des salaires, réponse publique forte face au chantage de Total : des solutions existent pour protéger le pouvoir d’achat et reprendre la main sur notre souveraineté énergétique.

Unir les communistes (Franck Marsal, Gironde) Premières réflexions sur les textes alternatifs!

Samedi 2 mai 2026, par  Franck Marsal,

 40e congrès 2026 |

A/ le rôle du 40e congrès dans le développement du Parti Communiste

Le 40e congrès du PCF se présente avec une base commune, largement adoptée à 77 % par le Comité National sortant, et en contraste avec cette large unité, la promesse de 4 textes alternatifs.

Cette pratique des textes alternatifs n’est pas issue de la culture militante historique du PCF. C’est depuis le 32e congrès, à Martigues en 1995, qu’elle a été instituée. Elle correspond à une phase de renoncement aux principes d’organisation communistes, comme l’abandon des cellules, celui de l’organe central et du centralisme démocratique.

Deux de ces textes (’nos révolutions’, finalement retiré, et ’stratégie communiste’) ont été manifestement écrits avant que la base commune soit soumise au Comité National, amendée et adoptée par lui. C’est un pas de plus dans le glissement vers un fonctionnement en tendances s’affrontant les unes les autres, prenant la main sur le débat collectif, au détriment d’une discussion égale et fraternelle entre camarades, basée sur la responsabilité de chacun établie par le vote des communistes au congrès précédent.

Le 38e congrès a remis le parti et son projet politique au centre de notre stratégie de transformation. Il s’agissait d’en finir avec l’idée que le PCF ne pouvait plus être qu’une force d’appoint d’une gauche dominée par les forces sociaux-démocrates ayant le rôle principal. Cette orientation avait abouti à faire un petit commerce de la confiance acquise par le PCF au sein de la classe ouvrière, du prolétariat, et de larges couches du peuple par le sacrifice et l’effort de générations de militants de 1920 au tournant des années 1970. Cette confiance a été dilapidée pour soutenir d’abord le Mitterrandisme néo-libéral dans les différentes étapes de ses renoncements et de sa décomposition, puis le néo-Mitterandisme populiste de Mélenchon.

Cette réorientation du parti a été confirmée par le 39e congrès en 2023. Sa mise en oeuvre reste difficile : elle est combattue de l’intérieur et de l’extérieur par les adeptes divers du ralliement. Elle demeure inaboutie dans ses perspectives et portée de manière contradictoire. Les communistes doivent se battre sur tous les fronts : face au harcèlement néo-libéral de la classe dominante, face à la montée de la fascisation et de la guerre, mais aussi face à la démagogie populiste, aux trahisons internes, à la perte des traditions militantes et face à des baronnies au sein même du PCF.

Les partisans en internes d’une soumission ont mis leurs positions au service de la stratégie de Mélenchon, bon client de leur petit commerce. Ces fractionnistes sont ouvertement organisés au travers du groupuscule Continuer la lecture de Unir les communistes (Franck Marsal, Gironde) Premières réflexions sur les textes alternatifs!

Lénine et la dialectique du socialisme

Excellent texte de Gabriel Rockhill qui décrit en fait le socialisme ce moment paradoxal où le parti révolutionnaire construit le communisme avec les ruines du capitalisme. Alors qu’une certaine gauche occidentale pense que si le socialisme n’est pas idéal il ne peut pas mener au communisme, ils nient l’expérimentation, la critique et l’art de profiter de ses erreurs voire de celle des autres. Et il retrouve ce qui est effectivement essentiel dans l’impérialisme la lutte pour la souveraineté et dans ce cas l’aspect « autoritaire » n’est pas imposé par le pouvoir socialiste mais par l’impérialisme. Il ne s’agit pas seulement de « comprendre », il s’agit d’une conscience théorique pratique, tout ce que j’ai tenté à partir de l’expérience cubaine et de ce qu’elle m’a permis de comprendre de la Chine, de partager avec mes contemporains et qui se heurte à l’abandon de tout ce que nous avions acquis collectivement et qui a été liquidé par l’eurocommunisme.Je joins à ce texte un petit film sur Lénine à Paris, ne pas oublier qu’il a voulu être enseveli dans le drapeau de la Commune de Paris, tant cet échec terrible français avait apporté plus que certains acquis, il avait apporté à Marx, la nécessité de la dictature du prolétariat dans le socialisme. (note et traduction de danielle Bleitrach pour histoireetsociete)

Pensée du 7 avril 2026 de Gabriel Rockhill

  1. Apprendre l’alpinisme avec Lénine

Lénine a décrit un jour une scène où un alpiniste, cherchant à atteindre un sommet encore vierge, fut « contraint de rebrousser chemin, de redescendre, de chercher un autre itinéraire, peut-être plus long, mais qui lui permettrait d’atteindre le sommet ». À distance respectable, des personnes en contrebas observaient ses mouvements à la longue-vue et se moquaient cruellement de lui pour son échec. Continuer la lecture de Lénine et la dialectique du socialisme