
CONGRÈS DU PCF : Une contribution de fond de FRANCK MARSAL

DEMOCRITE "de la vie de la cité à l'actualité internationale"
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La direction communiste a initié, samedi, les travaux du 40e congrès, qui aura lieu cet été à Lille. L’objectif est de définir un projet de très long terme, pour les « quinze ou vingt prochaines années », afin de rendre lisible son ambition.
La date et le lieu sont inscrits dans les agendas : ce sera à Lille (Nord), du 4 au 6 juillet, que se tiendra le 40e Congrès du PCF. Le conseil national du parti a lancé, samedi, les travaux en vue de l’événement. L’objectif, affiche le secrétaire national, Fabien Roussel, est de « rendre lisible par le peuple tout entier notre ambition pour la France et la République », à savoir, pour les « quinze, vingt prochaines années », bâtir « l’union du peuple de France » par la « conquête d’une majorité populaire, la conquête du pouvoir par les luttes, par une remontée de notre influence ». Continuer la lecture de Union de la gauche, transition écologique, socialisme… Le conseil national du PCF lance les travaux du 40e congrès

La question des alliances revient régulièrement dans le débat politique à gauche, souvent sur un mode polémique : s’allier serait trahir, compromettre l’identité communiste, céder à la collaboration de classe. Cette critique, largement reprise par des courants dogmatiques ou populistes, révèle surtout une incompréhension profonde du marxisme et de l’histoire réelle du mouvement ouvrier.
Soyons clairs : les alliances ne sont pas une option tactique secondaire. Elles sont une nécessité objective de la lutte de classe, à condition qu’elles soient construites dans la clarté, la transparence et au service exclusif des intérêts du prolétariat.
CE QUE DIT LE MARXISME
Marx et Engels, dans le Manifeste du Parti communiste, sont sans ambiguïté : les communistes ne se coupent jamais du mouvement réel. Ils interviennent dans les luttes concrètes, travaillent avec d’autres forces quand cela permet d’affaiblir la domination du capital, tout en conservant leur indépendance politique et idéologique.
Lénine le rappelle dans La maladie infantile du communisme : « Renoncer à tout compromis, ce serait renoncer à la lutte politique sérieuse. »
Continuer la lecture de POURQUOI LES COMMUNISTES FONT DES ALLIANCES POLITIQUES ? Par J.P. Legrand

Il faut relancer le débat sur l’échec stratégique de la « gauche » et particulièrement des partis communistes européens, non pas depuis 15 ans et l’émergence de cette « nouvelle nouvelle gauche » mais depuis 50 ans, depuis le tournant euro-communiste, le dos tourné aux pays socialistes (qui a contribué à alimenter la crise de 1989-1991) et l’abandon de la perspective de la révolution sociale. Cet article a le mérite de soulever ce débat et de nous permettre un retour particulier sur les quinze dernières années, mais je dois dire que je suis davantage en accord avec le commentaire de Danielle qui en appelle au retour au combat communiste, qu’avec les conclusions de l’article où l’on sent poindre le renouvellement d’une nouvelle tentative de la « gauche radicale ». La « gauche » moderne, c’est en fait le nom qui a été donné, notamment en France, à un projet politique de réinvention du réformisme et de l’opportunisme destiné à marginaliser les partis communistes, à empêcher leur reconstruction. « L’union de la gauche » était censée permettre de « changer la vie », puis de « combattre l’extrême-droite ». Elle a surtout servi à empêcher la sévère critique que méritaient le réformisme et l’opportunisme. Sur ces bases fausses, les acquis historiques de la Libération ont été liquidés, l’industrie a été détruite, les classes populaires ont été laminées et l’extrême-droite a prospéré comme jamais. Le projet de Thorez, Duclos, Frachon et de toute cette génération qui a construit le parti et en a fait la première force politique du pays n’était pas celui-là. C’était l’unité de la classe ouvrière, par le Front Unique ouvrier, qui dénonça sans relâche le réformisme, en particulier dans le mouvement syndical, développant une puissante génération de cadres syndicaux révolutionnaires, qui formeront l’ossature de la CGT réunifiée de 1945. C’était ensuite, lorsque les conditions historiques avaient évolué, c’est-à-dire lorsque la social-démocratie comprit que le développement du fascisme menait à sa liquidation avec les exemples italien, allemand et espagnol et réalisait un tournant politique en conséquence, lorsque le peuple dans son ensemble réalisait l’imminence du danger fasciste, l’unité du peuple à travers le Front populaire. Enfin, après une nouvelle étape historique, lorsque la trahison des classes dirigeantes fut consommée, ce fut l’unité de la nation à travers le Front National, le vrai, celui de la résistance et non l’organisation fondée par Le Pen et des résidus des SS dans les années 1970. L’articulation de ces trois étapes peut se présenter différemment dans des conditions historiques nouvelles, qui sont celles, comme le dit Danielle, du vent de l’histoire qui tourne, sous l’effet du développement historique des pays du Sud, dans la brèche ouverte contre le mur du sous-développement par la Chine socialiste. Mais la réarticulation nécessite une analyse fine et réaliste, et non la confusion la plus totale des notions pour servir simplement de couverture au pire opportunisme, schéma que nous voyons malheureusement se reproduire sans fin depuis des décennies (note de Franck Marsal pour Histoire&Société).
Ces décennies, comme je l’analyse dans mon livre à paraître en 2026, le Zugzwang ou la fin du libéralisme libertaire, et après ? (1) ont commencé au moins dans le années 1980, et celle qui s’étend en Europe à partir de 2010, dans le monde, a atteint aujourd’hui la fin peu glorieuse de cette dérive qui a été d’abord comme Syriza anticommuniste sur le fond. C’est ce qui se passe en France, avec l’incapacité à se mobiliser contre la guerre et les sordides élections municipales. Depuis 1980, le PCF s’est auto-liquidé et ceux qui ont accompli cela sont toujours en place, censurent, étouffent tout ce qui peut naître, entretiennent la division, la médiocrité (2). Cela s’accompagne de ce parfum de mort autour de l’icône que parait mériter la « République française » et sur laquelle, à l’inverse de cette incroyable classe politico-médiatique j’ai honte de voir ce qu’elle est devenue, comme notre malheureux pays en plein accès de pétainisme. C’est cette histoire qui est en train de s’achever alors que le « vent de l’Histoire » a tourné que je décris dans « le Zugzwang » ou « c’est la fin du libéralisme libertaire, et après? « . Ceux qui auront le courage et la lucidité de tirer un trait sur les « illusions » de l’eurocommunisme, du mitterrandisme se placeront peut-être en position de la victoire d’un autre monde et ils surmonteront les divisions en choisissant le sens de l’histoire, de la paix et du développement (note et traduction de Danielle Bleitrach pour histoireetsociete).
(1) je rappelle que le Le zugzwang est une situation aux échecs où le joueur n’a plus aucun mouvement favorable possible – toute action de sa part entraîne une détérioration fatale de sa position sur le plateau de jeu.
(2) après la prestation du député de la Seine saint Denis, Peu, président du Groupe de la Gauche démocratique, au meeting de la LFI, qui vise entre autres le maire de Saint-Amand-les-Eaux, il va peut-être être difficile d’expliquer qu’il est légitime de censurer l’ignoble stalinienne que serait Danielle Bleitrach dans l’Huma, la propriété des mêmes… et que tout cela ne fait pas le lit de l’extrême-droite, je dis ça, je dis rien, de toute façon malheureusement cela n’a plus grande importance…
Par Vladimir Bortun
Il y a dix ans, des partis contestataires du sud de l’Europe étaient élus sur la promesse de transformer le capitalisme. Leur échec recèle des leçons que la gauche contemporaine ne peut ignorer.

Alors que de nouveaux projets de gauche prennent de l’ampleur – du récent triomphe de Mamdani à l’émergence d’un nouveau parti de gauche en Grande-Bretagne – il est pertinent de revenir sur le « moment de la gauche » en Europe dans les années 2010. Il y a dix ans, les espoirs étaient grands. Bien que le gouvernement SYRIZA vienne de capituler face à la Troïka, on fondait encore des espoirs sur d’autres partis de gauche d’Europe du Sud (Podemos, le Bloc de Gauche), un Parti travailliste britannique revigoré et le nouveau parti de Mélenchon en France. Dix ans plus tard, pourtant, le néolibéralisme reste fermement ancré, de plus en plus autoritaire et ouvertement belliciste. Pire encore, l’extrême droite s’est imposée comme le principal adversaire du centre politique, malgré le caractère largement illusoire de sa prétendue rupture avec l’orthodoxie néolibérale. Comment en sommes-nous arrivés là ? Continuer la lecture de Les décennies perdues de la gauche européenne et les élections municipales de 2026, rien n’est joué !

“Le vieux monde se meurt. Le nouveau tarde à apparaître. Et dans ce clair-obscur surgissent les monstres.” (Gramsci)
De notre capacité à comprendre la Chine dépend désormais la possibilité d’envisager de construire une perspective socialiste tant en France qu’au niveau international faite de coopération, de multilatéralisme, de respect des peuples et des souverainetés. Faute de quoi l’enlisement dans la crise capitaliste s’approfondira avec son cortège de concurrence, de précarité et de pauvreté, voire son issue fasciste et guerrière…

Initié par la section communiste de Grenoble et soutenu par la Fédération de l’Isère, un débat s’est tenu lundi 8 décembre dans les locaux de la Fédération avec Marianne Dunlop, co-autrice avec Danielle Bleitrach, Jean Jullien et Franck Marsal du livre « Quand la France s’éveillera à la Chine », publié aux Editions Delga en avril 2025 et préfacé par Fabien Roussel. Par les temps qui courent de propagande contre le « péril jaune », et vu la censure contre ce livre, c’est quasiment un évènement politique… Le secrétaire fédéral, Jérémie Giono, a introduit la soirée en indiquant que la préoccupation actuelle sur les municipales ne devait pas nous empêcher de continuer à réfléchir à l’état du monde, d’où la grande utilité de cette rencontre. Laquelle, pour être clair, vient d’un communiste grenoblois qui a rencontré Franck Marsal à l’Université du PCF en août, ce qui confirme que la démarche des auteurs et autrices et notamment Danielle Bleitrach pour imposer la présence d’un débat avec Franck Marsal, à l’Université d’été du PCF, était plus que pertinente… Continuer la lecture de Le socialisme chinois à Grenoble : c’est l’ensemble du Parti qui doit s’emparer de ce débat
Que se passe-t-il en Chine ? C’était un peu la question posée lors de la soirée organisée le 8 décembre par la section communiste de Grenoble, avec la contribution de l’universitaire Marianne Dunlop, professeur de chinois et de russe. Une rencontre qui a permis d’entrevoir l’ampleur des bouleversements d’un pays sorti en quelques décennies du sous-développement pour devenir un acteur majeur de l’économie et de la politique mondiales.
Par Luc Renaud

Marianne Dunlop, polyglotte, agrégée de russe, professeur de linguistique chinoise à l’université d’Arras, traductrice.
Que se passe-t-il en Chine ? C’était un peu la question posée lors de la soirée organisée le 8 décembre par la section communiste de Grenoble, avec la contribution de l’universitaire Marianne Dunlop, professeur de chinois et de russe. Une rencontre qui a permis d’entrevoir l’ampleur des bouleversements d’un pays sorti en quelques décennies du sous-développement pour devenir un acteur majeur de l’économie et de la politique mondiales. Continuer la lecture de Grenoble. S’éveiller à la Chine, la proposition de Marianne Dunlop
Depuis 2008, Moissac Au Cœur s’est imposé dans le paysage politique local!

Sa définition actuelle n’a plus lieu d’être et en devenant Démocrite « de la vie de la cité à l’actualité internationale », ce site va essayer de répondre aux besoins de débats, de compréhension et d’appréciations de l’actualité tant locale que nationale et au delà.
Chercher et croiser des informations, alimenter les internautes en contenus, le site continuera son rôle de mise à disposition d’une réflexion qui échappe aux médias dominants.
Peut-être que dans un avenir proche, il évoluera vers une communication plus moderne. Pour autant, prendre le temps de lire, s’est déjà comprendre le monde sans les artifices de l’immédiateté si prisés sur les réseaux sociaux de nos jours!
Enfin, le changement de nom de domaine est en cours, ainsi que les différentes extensions nécessaires.
Merci de rester fidèles!

Il y avait d’autres choix possibles, nous aurions préféré celui de tenir bon devant les liquidateurs. Ce qui se passait à l’humanité, comme dans la fête de ce journal et dans le groupe qui n’était même plus communiste disait clairement l’ampleur de la destruction « à la découpe » de ce parti. Il n’y a rien de nouveau, simplement dans le parti comme au plan de la situation française, les masques tombent parce que la situation géopolitique les lézardent et qu’ils sont contraints, de plus en plus minoritaires, de montrer ce qu’ils sont. Le problème n’est donc pas seulement eux mais la faiblesse de la majorité et sa désorganisation théorique, politique qui freine l’intervention populaire.
Il faut construire et faire la clarté … Continuer la lecture de Parler vrai à propos de ce qui se passe dans la Seine Saint Denis et autres lieux… par Danielle Bleitrach
Le mode de production est au cœur de la crise environnementale, économique et sociale. À l’heure du numérique, sa transformation semble difficile. Des alternatives existent pourtant. Tour d’horizon avec l’historienne Sophie Wahnich et l’économiste Jean-Marie Harribey.

Sophie Wahnich, Historienne
Avant de faire un saut imaginatif, faisons d’abord quelques remarques sur le néocapitalisme contemporain. Il est à la fois encastré dans la plateforme numérique, y compris l’IA, et producteur de cette matrice. Cette double position rend plus difficile encore la sortie du capitalisme, car ces outils ont pris la main sur la structure administrative des États, des hôpitaux aux services de l’impôt en passant par l’armée, l’énergie, les ministères et services publics. Continuer la lecture de En débat: Le capitalisme, un horizon indépassable ?

Denis Durand, membre du conseil national du PCF, codirecteur d’Économie&Politique
Ce numéro d’Économie & Politique paraît en un moment où beaucoup de nos lecteurs peinent sans doute à trouver le sommeil. L’an dernier, un mouvement profond de notre peuple avait imposé un rassemblement autour du Nouveau Front populaire et de son programme, et repoussé ainsi la mainmise sur l’appareil d’État des héritiers de Pétain, de Damand, de Touvier, aujourd’hui admirateurs de Trump. En 2025, la menace – dans un mois, dans un an ? – se fait plus pressante que jamais.
Leurs obsessions : briser les reins de tout ce qui peut combattre la domination du capital, à commencer par le mouvement syndical dans ses composantes les plus aguerries ; et aussi un combat pour effacer de la civilisation ce qui a fait l’histoire singulière de la France depuis trois cents ans, depuis les Lumières, la grande Révolution et les révolutions ouvrières du XIXe siècle, jusqu’aux avancées sociales et économiques de la Libération, et jusqu’aux mouvements féministes et émancipateurs d’aujourd’hui. Continuer la lecture de Il est encore temps de conjurer la catastrophe in Economie et Politique