Les semaines passent et, malgré quelques orages, la sécheresse s‘aggrave obligeant les éleveurs à nourrir le bétail avec le foin récolté pour l’hiver et des aliments importés. Parallèlement, les enseignes de la grande distribution font croître les importations de produits alimentaires pour réduire les prix payés aux agriculteurs français, faisant ainsi reculer la souveraineté alimentaire du pays.
Publié le 4 juin 2026, un rapport du Sénat nous informait que les cinq enseignes que sont Leclerc, Carrefour, Intermarché, Système U et Auchan cumulent désormais 84,8% des parts de marché dans la grande distribution, dont 63,5% pour les trois premières nommées.
Chaque année, entre novembre et février, ces enseignes mettent la pression sur leurs fournisseurs de l’industrie agroalimentaire dont beaucoup de Petites et Moyennes Entreprises (PME) , d’Entreprises de Taille Intermédiaire (ETI ) ainsi que des coopératives agricoles engagées dans la transformation des fruits et légumes, des produits laitiers, des viandes et dans la production de vins. Continuer la lecture de Quand la sécheresse accentue le pillage des paysans
Adjoint PCF à la mairie de Paris, Jacques Baudrier appelle à se saisir du concept de lutte des classes pour mener la bataille écologique. Avec des propositions pour rendre accessibles les véhicules électriques et la rénovation thermique des logements, comme exemples de mesures répondant à la fois aux exigences sociales et environnementales.
Face à la canicule, Fabien Roussel défend un plan d’urgence pour protéger le pays face au dérèglement climatique : rénovation des logements, transports, services publics et investissements de long terme.
Il revient également sur la protection de l’enfance, les moyens des services publics, la présidentielle de 2027 et la situation au Proche-Orient.
📺 Extrait de son passage sur BFM.
00:00 Canicule : urgence climatique et adaptation du pays
08:30 Services publics : hôpital, protection de l’enfance et moyens de l’État
Entretien avec: Fabien Roussel, Secrétaire national du Parti communiste français, maire de Saint-Amand-les-Eaux
A moins d’un an de l’élection présidentielle, les idées fusent à gauche. Pour nourrir les débats et les réflexions, Alternatives Economiques a décidé d’interviewer plusieurs personnalités politiques de gauche afin d’éclairer comment, chez chacun et chacune, s’articule une vision du monde, un programme et des combats prioritaires.
Après Jean-Luc Mélenchon et Olivier Faure, nous poursuivons notre série d’entretiens avec le secrétaire national du Parti communiste français, Fabien Roussel. Il développe son plan de relance et de réindustrialisation de l’économie française, son choix du nucléaire ainsi que sur le modèle agricole, l’évolution de la protection sociale, l’immigration, etc., et ses priorités pour le quinquennat.
Comment jugez-vous la situation économique et budgétaire de la France ?
Fabien Roussel : La France traverse une crise grave. Nous sommes confrontés à un risque réel de récession. Mais je tiens à le dire immédiatement : ce n’est pas une fatalité. Nous avons les moyens de sortir de cette crise et d’en limiter les effets. Pour cela, il faut s’attaquer aux vrais sujets : l’énergie, la réindustrialisation, la pauvreté au travail, les salaires, les retraites. Une relance de l’économie par la consommation et par la production est possible. La situation est sérieuse, mais nous avons les moyens de nous en sortir.
Jusqu’à 600 alertes en une journée dans l’académie de Normandie… Combien de fiches RSST (registre santé sécurité au travail)ont été remplies par les personnels les deux premiers jours de la canicule ? Près de 600 dans l’académie de Normandie, plus de 250 dans l’académie d’Orléans-Tours, 274 en deux jours à Bordeaux : la vague de chaleur provoque une hausse sans précédent des signalements liés aux conditions de travail dans les établissements scolaires. Face à des salles de classe dépassant régulièrement les 30 °C et à des malaises parmi les élèves comme les personnels, les syndicats dénoncent l’absence d’anticipation de l’État et réclament un cadre national de protection. Continuer la lecture de Canicule : les signalements explosent dans les écoles
49 départements en vigilance rouge, plus de 40° C par endroits, des écoles fermées, classes à 35° C, des salarié·es exposé·es, des hôpitaux sous tension, des logements invivables : la France étouffe ! Et le gouvernement bricole. Il y a quelques semaines, un jeune de 19 ans mourait d’hyperthermie après avoir travaillé toute une journée sur un toit.
Depuis des décennies, depuis les alertes répétées des scientifiques, depuis les rapports du GIEC, tout est connu. Comme le rappelle Valérie Masson-Delmotte : gouverner, c’est prévoir. Or Emmanuel Macron n’a rien prévu à la hauteur. Il a poursuivi les choix capitalistes qui aggravent la crise : austérité contre les collectivités, abandon des services publics, recul de la rénovation thermique, soutien aux grands pollueurs, cadeaux au capital et aux plus riches. Continuer la lecture de Canicule : face à l’urgence climatique, l’inaction du pouvoir est criminelle
Au salon Eurosatory, banques et fonds d’investissement ont désormais leur place aux côtés des industriels de l’armement. Dans un monde traversé par les conflits, la défense semble devenir le nouvel eldorado pour la finance.
L’édition 2026 du salon Eurosatory a réuni plus de 2 600 exposants venus de 68 pays, dans un monde ravagé par les guerres. IMAGO/Chris Emil Janssen
À Eurosatory, le plus grand événement mondial consacré à la défense et la sécurité, la guerre semble lointaine. Alors que l’édition 2026 vient de s’achever après avoir réuni plus de 2 600 exposants venus de 68 pays, dans un monde aux prises avec de multiples conflits, le secteur ne semble jamais s’être aussi bien porté. « Une affluence record » dans « un événement à l’intersection de l’innovation technologique, de la réflexion stratégique et de la coopération internationale », se félicite l’organisation, pilotée par COGES Events, filiale du GICAT (l’association professionnelle qui représente les industriels français de la défense terrestre et aéroterrestre). Continuer la lecture de « On espère se faire du pognon » : À Eurosatory, la guerre rencontre banquiers et investisseurs
Des systèmes d’IA offensifs, capables de détecter des failles inédites dans des services informatiques et de les exploiter, pourraient être bientôt sur le marché, en particulier Mythos d’Anthropic, qui fait grand bruit.
Pas simple à première vue de distinguer le vrai du coup de communication. Quand, début avril, l’entreprise états-unienne Anthropic assurait que la nouvelle version de son IA générative, Claude, actuellement en test et baptisée Mythos, était si douée en code informatique qu’elle représentait une véritable menace en matière de cybersécurité mondiale et qu’on ne pouvait la laisser entre les mains de n’importe qui, le scepticisme était de mise. Continuer la lecture de Intelligence artificielle : faut-il avoir peur de Mythos ?
Le secrétaire national du Parti communiste à Pechbonnieu (31)
Le sommet « IA avec nous » s’ouvre à Lille sous l’égide du président de la République. Les enjeux sont immenses. Je partage l’alerte de nombreux scientifiques, intellectuels, citoyennes et citoyens sur les défis de l’intelligence artificielle et fais miens les mots du pape Léon XIV soulignant que nous ne pouvons pas laisser l’IA nuire à ce que notre « magnifique Humanité » a en commun : la vérité, la dignité du travail et la liberté. Ni laisser s’épanouir ses usages guerriers. J’y ajoute la nécessité de maîtriser l’impact écologique de cette technologie. Alors que l’ONU estime que l’IA devrait faire doubler la consommation d’énergie et d’eau des centres de données d’ici 2030, le défi à relever est immense.
Ma conviction est que l’IA sera « avec nous » si et seulement si elle est « à nous ». L’IA pose en grand les questions de la planification de la révolution numérique et de l’appropriation publique et sociale des moyens de production. C’est en répondant à ces enjeux que la France pourra être indépendante, que nous pourrons limiter l’impact écologique, et que l’IA pourra libérer les travailleurs et travailleuses des tâches aliénantes et dégager du temps pour la vie, la création, la délibération collective.
Dans les mains du capital privé, l’IA est une menace. Dans les mains du peuple, elle est un outil au service du progrès social.
Contrairement au récit dominant, l’IA telle qu’elle se déploie aujourd’hui détruit plus d’emplois qu’elle n’en crée, vampirise et uniformise la création et concentre les gains sur une infime minorité de détenteurs de capital. C’est pourquoi je soutiens la proposition portée par le sénateur communiste Pierre Ouzoulias visant l’instauration d’une présomption d’exploitation des contenus culturels par les fournisseurs d’intelligence artificielle. C’est un premier pas essentiel.
Laissée aux mains du privé, l’IA ne libérera pas l’être humain : elle le surveillera, le remplacera sans partage des gains, l’appauvrira. La menace n’est pas dans la technologie. Elle est dans son usage et son rapport de propriété. C’est cela qu’il faut penser, changer.
L’heure est à planifier et démocratiser l’IA. C’est parce que nous avons su planifier dans les domaines de l’énergie et de la défense que nous conservons aujourd’hui une relative autonomie.
C’est nécessaire aujourd’hui pour l’IA. La France doit construire un pôle public du numérique doté de véritables moyens ; une recherche correctement financée ; une industrie solide pour disposer des matériels et infrastructures ; une maîtrise souveraine de l’intégralité de la chaîne de valeur – de la fonderie des semi-conducteurs jusqu’aux modèles socles ; un droit de regard des salariés sur les usages de l’IA dans chaque entreprise ; et une formation massive de nos enseignants.
Aucune de ces conditions n’est remplie par l’empilement de milliards du CIR avec ceux des cérémonies Choose France ! Pire, nos jeunes mathématiciens, data scientists, chercheurs en IA sont encore obligés de partir à l’étranger pour travailler. Il y a pourtant un gisement d’emplois immense pour nos jeunes dans les métiers du numérique.
En outre, parce que l’IA ne connaît pas les frontières, développer la coopération est essentiel.
Si nous ne pouvons pas accepter d’être dominés, ne cherchons pas non plus à être les dominants. Privilégions la coopération : les effets d’échelle sont si importants que nous devons construire notre souveraineté en coopération avec d’autres peuples, et d’abord avec nos voisins européens, grâce à une gestion respectueuse et intelligente de nos interdépendances.
La France devrait appeler à construire une coopération internationale publique sur la recherche en IA, avec un partage des infrastructures entre pays du Sud et du Nord, et une gouvernance démocratique mondiale de ces technologies, à rebours de la guerre impérialiste actuelle.
Pour conclure, mesurons que si le capitalisme de plateforme peut générer des profits sans précédent dans l’histoire, sa domination tient sur des bases fragiles. De nombreux chercheurs et experts, des patrons mêmes, nous disent que le dépassement de la propriété privée par la mise en commun qu’incarne le logiciel libre est un moyen efficace pour tenir en respect les géants. Et la logique contamine peu à peu le matériel avec les logiques d’architectures ouvertes.
Concernant les infrastructures, nous rappelons que notre Constitution républicaine dit bien que les monopoles doivent être publics. Alors respectons-la !
Faisons de l’IA un outil de notre émancipation et non une nouvelle arme à la main des puissants !