Guerre d’Espagne : 90 ans après le coup d’État franquiste, la bataille pour la mémoire continue

Neuf décennies après le coup de force du 17 juillet 1936, le pays de Garcia Lorca refuse toujours de regarder son passé en face. Et de s’acquitter de sa dette historique envers les républicains.

La guerre d’Espagne continue de hanter la mémoire de nombreuses familles, près de quatre-vingt-dix ans après le soulèvement militaire de juillet 1936.
© Droit réservéSéville, Madrid (Espagne), envoyé spécial. 

« Nous venons pour voir la vierge, ce n’est pas un cours d’histoire. » Pour échapper au soleil qui irradie la capitale andalouse, l’enseignante presse le pas en entraînant son groupe à travers le parvis. Non, elle n’a pas emmené ses collégiens jusqu’à la basilique de la Macarena pour leur parler de Gonzalo Queipo de Llano. Dommage.

Sa trentaine d’élèves n’apprendra rien, ici, sur celui qui fut le général en chef de l’armée du Sud. Ni les milliers de touristes qui viennent chaque année admirer le somptueux maître-autel néobaroque. Ici, rien n’indique que c’est à sa base qu’a reposé, jusqu’en 2022, le corps de celui qu’on appelait aussi le « boucher de Séville », responsable d’une répression impitoyable à l’origine de quelque 45 000 morts. Continuer la lecture de Guerre d’Espagne : 90 ans après le coup d’État franquiste, la bataille pour la mémoire continue

Les révolutions Star Trek: Relations interraciales, abolition des richesses et de l’aliénation du travail, refus de la colonisation… In l’Humanité

Lancée en septembre 1966, puis sauvée in extremis par sa première communauté de fans fin 1967, la série culte continue d’être enrichie jusqu’à ce jour dans le respect de l’univers de son créateur, et surtout, de ses valeurs progressistes, anticapitalistes, pacifistes et désormais écologistes.

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En trois saisons, « Star Trek : The Original Series » (TOS) va poser des questions fondamentales en leur donnant une tournure positive : et si l’humanité survivait à ses propres barbaries ? Et si l’argent n’était pas l’alpha et l’oméga ?
© Desilu Production / NBC Television / Paramount Television

 

1966 : les États-Unis s’engagent toujours plus dans la guerre du Vietnam. La ségrégation raciale sévit encore et les mouvements pour les droits civiques s’élargissent et se radicalisent. Les arsenaux nucléaires menacent la planète et la conquête spatiale sert de vitrine à la guerre froide.

C’est dans ce climat anxiogène qu’apparaît le 8 septembre, sur NBC, la forme si particulière du vaisseau « Enterprise NCC-1701 ». À son bord, un équipage qui dynamite les préjugés de l’époque : une femme noire occupe un poste stratégique, un pilote japonais navigue vingt ans après Hiroshima, un jeune Russe est aux commandes tactiques en plein conflit Est-Ouest, sans oublier un drôle d’alien aux oreilles pointues et un capitaine qui use de diplomatie avant de faire parler la poudre. Continuer la lecture de Les révolutions Star Trek: Relations interraciales, abolition des richesses et de l’aliénation du travail, refus de la colonisation… In l’Humanité

VSS: dans l’éducation nationale, les syndicats dénoncent un dispositif de signalement insuffisant et des personnels en manque de formation

Édouard Geffray s’est à nouveau félicité, dimanche 14 juin, du fait que l’éducation nationale ait effectué 80 000 signalements auprès de la justice. Un satisfecit qui laisse les enseignants dubitatifs face au manque de formation et de moyens.

Les syndicats alertent sur le besoin urgent de formation et d’accompagnement des personnels.

L’éducation nationale n’a rien à voir avec le drame de Lyhanna, et sa politique de signalement à la justice est à la hauteur des enjeux. C’est en substance l’exercice d’autosatisfaction auquel s’est livré Édouard Geffray sur France Inter, dimanche 14 juin, faisant tousser quelques personnels. Continuer la lecture de VSS: dans l’éducation nationale, les syndicats dénoncent un dispositif de signalement insuffisant et des personnels en manque de formation

Il s’agit d’hégémonie pas de l’électoralisme derrière un leader qui placerait les siens dans les appareils d’Etat…

Il existe aujourd’hui un malentendu répandu qui révèle non seulement une pauvreté politique, mais aussi une surprenante ignorance théorique : la croyance que l’hégémonie culturelle consiste à s’emparer des appareils politiques, à remplacer les dirigeants et à nommer des intellectuels partageant les mêmes idées à des postes clés de production symbolique. C’est une grave erreur : l’hégémonie n’est pas le résultat mécanique du pouvoir politique, mais sa condition préalable. On ne gouverne pas pour établir l’hégémonie ; au contraire, le gouvernement est légitimé – au sens historico-politique, et non simplement électoral – dans la mesure où l’hégémonie  est déjà  acquise.

LES ILLÉGÉTARIENS DE L’HÉGÉMONIE CULTURELLE

Par Francesco Coniglione

Il existe aujourd’hui un malentendu répandu qui révèle non seulement une pauvreté politique, mais aussi une surprenante ignorance théorique : la croyance que l’hégémonie culturelle consiste à s’emparer des appareils politiques, à remplacer les dirigeants et à nommer des intellectuels partageant les mêmes idées à des postes clés de production symbolique. C’est une grave erreur : l’hégémonie n’est pas le résultat mécanique du pouvoir politique, mais sa condition préalable. On ne gouverne pas pour établir l’hégémonie ; au contraire, le gouvernement est légitimé – au sens historico-politique, et non simplement électoral – dans la mesure où l’hégémonie  est déjà  acquise. Continuer la lecture de Il s’agit d’hégémonie pas de l’électoralisme derrière un leader qui placerait les siens dans les appareils d’Etat…

Marjane Satrapi, autrice de « Persepolis », est morte à l’âge de 56 ans

La bédéiste et réalisatrice franco-iranienne Marjane Satrapi est morte à l’âge de 56 ans, a annoncé sa famille jeudi 4 juin. L’autrice a connu la postérité avec la série de bande dessinée « Persepolis », mettant en scène une adolescente iranienne qui doit composer avec l’histoire politique de son pays natal et son arrivée en Europe.

L’œuvre de Marjane Satrapi a pris une ampleur internationale suite à la publication et l’adaptation en film d’animation de « Persepolis ». © Europa Press/ABACA

Figure majeure de la bande dessinée, l’artiste franco-iranienne Marjane Satrapi, est « morte de tristesse un peu plus d’un an après le décès de Mattias Ripa, son mari et l’amour de sa vie », indique un communiqué de ses proches, transmis jeudi 4 juin à l’Agence France-Presse (AFP). Elle avait 56 ans. Continuer la lecture de Marjane Satrapi, autrice de « Persepolis », est morte à l’âge de 56 ans

Edgar Morin, penseur de la complexité et passionné de l’humanité

Disparition Le sociologue et philosophe, ancien résistant communiste, puis humaniste engagé à gauche, auteur de la Méthode et d’une œuvre à ramifications nombreuses, est décédé vendredi 29 mai à l’âge de 104 ans.

Edgar Morin, en 2024, à l’âge de 102 ans  Eliot Blondet / ABACAPRESS.COM 

C’est une perte considérable pour le monde intellectuel français dont il était depuis plusieurs décennies une figure majeure. L’annonce de la mort d’Edgar Morin vendredi 29 mai plonge aussi dans la tristesse les rangs de la gauche politique et citoyenne dont il était une figure créative à la pugnacité lumineuse et à la réflexivité généreuse. Ces derniers temps, sa longévité ajoutait à son panache d’optimisme et de courage à toute épreuve, forgé dans la Résistance aux heures les plus noires de notre continent européen, sous le joug de la barbarie nazie.

L’antifascisme et l’antinazisme

David-Simon Edgar Nahoum est né à Paris le 8 juillet 1921. Ses parents, juifs originaires de Salonique (Grèce), se sont installés en France lors de la Première Guerre mondiale. Un drame marque les premières années de la longue vie du philosophe et sociologue. Ce fils unique, âgé seulement de 10 ans, va perdre sa mère. Est-ce le manque irrémédiable qui produira chez lui une véritable prise de conscience de la fragilité mais aussi de la force de la vie ? Quoi qu’il en soit, une perception très profonde de la condition humaine se mettra très jeune chez lui au service du respect des autres. Ce sens de l’humain sera le fil conducteur de son existence. Son combat humaniste passe d’abord par l’antifascisme et l’antinazisme au cours de ces terribles années 1930-1940 durant lesquelles la bête immonde antisémite dévore le monde. Continuer la lecture de Edgar Morin, penseur de la complexité et passionné de l’humanité

40ème CONGRÈS DU PCF, DU « PARTI OUVRIER » AU « PARTI D’ÉLUS » ? par Jean Paul Legrand

L’histoire du Parti communiste français est profondément liée à celle de la classe ouvrière industrielle. Entre les années 1920 et les années 1970, le PCF s’est construit comme une organisation politique enracinée dans les usines, les mines, les chemins de fer, les ports et les grands bassins industriels.
Son encadrement militant provenait largement du monde ouvrier lui-même. Les cellules d’entreprise structuraient la vie du parti et l’expérience concrète de l’exploitation capitaliste constituait le cœur de sa culture politique.
Durant cette période, le PCF ne représentait pas seulement la classe ouvrière : il formait également des cadres issus directement de celle-ci. Les travaux du sociologue Bernard Pudal ont bien montré comment le parti permettait la promotion politique d’ouvriers souvent peu diplômés devenus responsables syndicaux, élus ou dirigeants politiques grâce à l’organisation communiste elle-même. La légitimité militante reposait alors largement sur l’expérience du travail industriel, des luttes sociales et de la confrontation quotidienne avec le patronat. La théorie marxiste de l’exploitation n’était pas une abstraction intellectuelle mais une réalité vécue dans les cadences de production, les rapports hiérarchiques de l’usine, les bas salaires ou les conflits sociaux.
LA DÉSOUVRIÉRISATION PROGRESSIVE DU PARTI
À partir des années 1970 et surtout dans les décennies suivantes, la sociologie du PCF s’est profondément transformée. Les chercheurs convergent généralement pour constater un recul progressif du poids ouvrier dans les structures militantes et dirigeantes du parti. Cette évolution accompagne naturellement les grandes mutations de la société française : désindustrialisation, fermeture des grands sites industriels, affaiblissement du syndicalisme ouvrier, montée du secteur tertiaire et transformation du salariat.
Mais plusieurs travaux sociologiques soulignent également que cette mutation ne relève pas uniquement d’un phénomène extérieur. Le PCF a lui-même progressivement modifié sa composition sociale et ses modes de recrutement militant. Le sociologue Julian Mischi montre notamment que les enseignants, les fonctionnaires, les élus locaux et les permanents institutionnels ont pris une place croissante dans l’appareil du parti. À mesure que disparaissaient les grandes cellules d’usine, les structures municipales et les réseaux institutionnels sont devenus centraux dans la vie communiste locale.
UNE TRANSFORMATION DU RAPPORT À L’EXPLOITATION CAPITALISTE
Cette transformation ouvre une interrogation importante sur les conséquences idéologiques et stratégiques d’un tel déplacement sociologique. On peut en effet formuler l’hypothèse selon laquelle l’effritement de la base ouvrière du PCF et le recul des cadres issus directement du travail industriel ont contribué à modifier les priorités politiques du parti. Lorsque les responsables politiques vivent quotidiennement les rapports d’exploitation dans l’entreprise capitaliste, la question de la production, de la propriété des moyens de production et de l’extraction de la plus-value tend naturellement à occuper une place centrale. En revanche, lorsque les cadres militants proviennent davantage des secteurs de la fonction publique, de l’enseignement, des collectivités territoriales ou des appareils administratifs, leur rapport concret au capital industriel devient plus indirect.
Il ne s’agit évidemment pas de prétendre que les fonctionnaires ou les salariés du secteur public échappent aux rapports de domination sociale. Les politiques d’austérité, la bureaucratisation du travail ou les logiques managériales affectent fortement ces professions. Mais les formes d’exploitation qu’ils subissent ne se manifestent pas de la même manière que dans le travail industriel directement soumis à la production de profit et à l’extraction de la plus-value. Cette différence d’expérience sociale peut influencer les représentations politiques, les priorités programmatiques et les formes de mobilisation.
LE DÉPLACEMENT DES PRIORITÉS POLITIQUES
Plusieurs chercheurs ont ainsi observé un déplacement progressif du centre de gravité idéologique du PCF. Les problématiques liées à l’administration locale, à la gestion des collectivités, aux politiques publiques ou aux enjeux sociétaux prennent progressivement davantage de place, tandis que les questions directement liées à la production industrielle, à l’organisation du travail ou à la souveraineté productive perdent de leur centralité. La culture politique issue de l’usine tend alors à s’effacer au profit d’une culture plus institutionnelle et gestionnaire.
Julian Mischi parle d’ailleurs d’une « désouvriérisation » du PCF. Selon lui, les ouvriers deviennent progressivement marginalisés dans les directions du parti alors que les élus locaux et les catégories diplômées acquièrent une influence croissante. Bernard Pudal avait déjà montré auparavant que la crise du PCF correspondait aussi à l’effondrement du modèle historique de promotion politique ouvrière qui avait longtemps constitué sa singularité.
Cette évolution ne concerne d’ailleurs pas uniquement le PCF. Dans l’ensemble de la gauche européenne, les chercheurs observent depuis plusieurs décennies une montée du poids des diplômés et des catégories intermédiaires au détriment des salariés issus du monde industriel. Cette transformation sociologique contribue souvent à éloigner les organisations politiques des préoccupations concrètes liées au travail productif, aux conditions de production et aux conflits industriels.
UNE HYPOTHÈSE À NUANCER
Toutefois, cette hypothèse doit être nuancée. Le recul de la classe ouvrière dans le PCF résulte aussi de transformations structurelles profondes de la société française. La désindustrialisation massive a détruit les grands collectifs ouvriers qui constituaient autrefois la base sociale du parti. Le monde du travail lui-même s’est fragmenté avec le développement de la sous-traitance, de la précarité, des plateformes logistiques et des nouvelles formes d’emploi. Le modèle de l’ouvrier de la grande usine fordienne ne correspond plus à la réalité contemporaine du salariat populaire.
Néanmoins, la question demeure politiquement centrale. Les recherches sociologiques suggèrent fortement que la composition sociale d’une organisation influence durablement sa manière de penser les rapports sociaux. Lorsque la direction politique est directement issue du monde de la production industrielle, les enjeux liés à l’exploitation capitaliste et à la création de la plus-value tendent à structurer profondément l’analyse politique. À l’inverse, lorsque le centre de gravité militant se déplace vers les appareils institutionnels et administratifs, les priorités peuvent progressivement se déplacer vers d’autres problématiques.
UNE QUESTION TOUJOURS ACTUELLE
Dans le contexte actuel de réindustrialisation, de crise énergétique et de débat sur la souveraineté économique, cette question retrouve une importance particulière. Les débats autour de l’industrie, de l’hydrogène, de la planification industrielle ou de la transition énergétique remettent au premier plan la question fondamentale de la production des richesses et du contrôle des outils de production. Ils posent indirectement la question du lien entre représentation politique et expérience sociale concrète du travail productif.
L’évolution sociologique du PCF apparaît ainsi non seulement comme un sujet d’histoire politique, mais aussi comme une clé de compréhension des difficultés contemporaines de la gauche à reconstruire un lien organique avec le monde du travail industriel et avec la classe ouvrière.
BIBLIOGRAPHIE
• Bernard Pudal, Prendre parti. Pour une sociologie historique du PCF, Presses de la Fondation nationale des sciences politiques, 1989.
• Julian Mischi, Servir la classe ouvrière. Sociabilités militantes au PCF, Presses universitaires de Rennes, 2010.
• Julian Mischi, Le communisme désarmé. Le PCF et les classes populaires depuis les années 1970, Agone, 2014.
• Annie Kriegel, Les communistes français, Seuil, 1968.
• Philippe Buton, Le Parti communiste français. Histoire et stratégies 1945-2000, La Découverte, 2004.
• Michel Dreyfus, Histoire de la CGT, Complexe, 1995.
• Stéphane Sirot, Le syndicalisme, la politique et la grève. France et Europe : XIXe-XXIe siècles, Arbre bleu éditions, 2011.
• Pierre Bourdieu, La distinction. Critique sociale du jugement, Les Éditions de Minuit, 1979.
• Michel Verret, La culture ouvrière, L’Harmattan, 1988.
• Xavier Vigna, L’espoir et l’effroi. Luttes d’écritures et luttes de classes en France au XXe siècle, La Découverte, 2016.

De la nécessité d’un journal communiste comme organisateur collectif dans la guerre de classe en cours. + Dates

Il manque incontestablement le pôle que constituait l’Humanité en tant que journal communiste. Le produit hybride d’aujourd’hui n’est pas à la hauteur de « la guerre de classe » qui fait rage et on peut estimer que celle-ci va encore connaître des niveaux plus durs qui exigeront une force collective et ses « armes ». Il évident que quelques soient les initiatives actuelles y compris Histoireetsociete, sur le plan international et Théorique, il n’y a pas l’équivalent de ce qu’était l’Humanité, tout au plus la manifestation de possibles. Et il faudra du temps pour reconstituer une direction et une équipe crédible, ce que dit l’intervention de Fabienne Lefebvre qui participera probablement à l’aventure d’Histoireetsociete 3, nouvelle formule, les « amis d’Histoireetsociete » c’est qu »au moins à l’occasion du 40 e Congrès des voix se font entendre et pas pour refermer l’Humanité, mais pour en faire un facteur d’unité et de rassemblement. Ce que devra être le PCF ou il n’aurait aucune raison d’être. (note de DB pour histoireetsociete)

 40e congrès 2026 | Une contribution de Fabienne Lefebvre

Face à l’offensive des forces du capital qui préparent une nouvelle fois la guerre menée par l’impérialisme états-unien, et ses bras armés que sont l’OTAN et le dollar, il y a urgence à la riposte ! Le capital, irréformable, poursuit donc son hégémonie et s’exonère même de pratiques dites démocratiques, dont il n’a plus besoin pour s’accumuler. Il acte de fait, qu’il ne peut y avoir de choix des peuples contraire aux intérêts de la bourgeoisie, c’est-à-dire ceux de la classe dominante. Prédation impérialiste, refus démocratique, montée du fascisme et choix de la guerre s’organisent donc implacablement contre la classe du travail qui produit les richesses.

Ainsi, les économies occidentales se réarment à un niveau sans précédent depuis la Guerre froide, avec des dépenses militaires prévues à 5% du PIB d’ici 2035, faisant payer aux travailleurs européens, le poids de leur guerre. L’accord-cadre, brisant la souveraineté de la France, passé entre l’Union Européenne et les États-Unis en juillet 2025, rentre dans cette logique guerrière avec l’obligation d’achat de 750 milliards de dollars d’hydrocarbures et d’armements US. Aujourd’hui, ce système de domination prédateur et parasitaire est de plus en plus contesté par de nombreux peuples qui font le choix des BRICS+, c’est-à-dire celui de la dédollarisation, de la souveraineté, de la coopération et de la protection de la planète. Dans ce monde devenu multipolaire un chemin se dessine donc, afin de faire communauté de destin pour l’humanité, une voie pour la transition révolutionnaire s’ouvre et celle d’un socialisme contemporain devient possible !

Le bilan du système capitaliste est sans appel. Il survit uniquement grâce à une protection sans faille de la bourgeoisie et à la collaboration de classe des sociaux-démocrates. L’idéologie qui domine est donc bien celle de la classe dirigeante dont les idées sont portées à un niveau de propagande exacerbée par quasi l’ensemble de tous les médias qu’elle possède.

En effet, l’emprise du capital sur les médias se caractérise par une concentration croissante entre quelques-uns et des mécanismes d’influence qui vont au-delà du simple contrôle de propriété. La difficulté est qu’aujourd’hui les communistes ne disposent plus d’outils pour contrebalancer cette hégémonie culturelle. Ainsi en France, la majorité des médias nationaux est détenue par de grands groupes industriels et des milliardaires empêchant toute pensée alternative au système. Voici un aperçu des principaux acteurs et de leurs actifs :

Quotidiens nationaux

Principaux propriétaires/actionnaires : Bernard Arnault (LVMH), Famille Dassault, Famille Amaury, Xavier Niel / Daniel Křetínský (via fonds).
Médias détenus : Les Échos, Le Parisien-Aujourd’hui en France, Paris Match ; Le Figaro ; L’Équipe ; Le Monde, La Croix (partiellement).

Télévisions (audience nationale)

Principaux propriétaires/actionnaires : Vincent Bolloré, Rodolphe Saadé (CMA-CGM), Famille Bouygues, Famille Mohn (Bertelsmann).
Médias détenus : Canal+, CNews, C8 ; BFM TV, RMC ; TF1, LCI, TMC ; M6, RTL, W9.

Autres médias (presse, radio)

Principaux propriétaires/actionnaires : Vincent Bolloré, Rodolphe Saadé, Iskander Safa (héritiers), François Pinault
Médias détenus : Le Journal du Dimanche, Europe 1, RFM ; La Provence ; Valeurs Actuelles ; Le Point

En outre, cette concentration s’accélère : des groupes comme Bolloré (Lagardère, Prisma Media) ou Saadé (Altice Media, La Tribune) ont réalisé de nombreuses acquisitions récentes et l’influence de ces propriétaires ne se limite pas à leur présence au capital. Elle s’exerce par plusieurs canaux, plus ou moins directs.

Pression directe et ingérence éditoriale : Nomination stratégique des dirigeants (ex : Geoffroy Lejeune ex-Valeurs Actuelles à la tête du JDD par Bolloré) ; Affaiblissement des contre-pouvoirs internes (chez Bolloré, Paris Match, JDD, CNews, les Sociétés De Journalistes garantes traditionnelles de l’indépendance rédactionnelle se sont dissoutes) ; Auto-censure…

Cet accaparement de l’espace médiatique, culturel…à des fins de propagande idéologique accompagne et renforce la pédagogie du renoncement au profit de l’accumulation durable du capital, en diffusant une vision du monde qui naturalise l’exploitation. C’est une victoire idéologique de ladite démocratie bourgeoise et parlementaire réunie sous le concept de la fin de l’histoire ! Prétentieux mais efficace !

Dans ce contexte de guerre de classe, un journal communiste, s’appuyant sur une solide méthodologie (historique, philosophique…) et sur l’expérience militante du Parti serait donc un outil indispensable pour briser ce monopole idéologique. L’analyse communiste (matérialiste) ne peut, en effet, se dissoudre comme un courant parmi d’autres d’une « gauche » (idéaliste) cherchant à rendre le capitalisme plus juste. Le journal communiste doit au contraire développer son influence pour permettre aux travailleurs et aux progressistes de trouver les appuis pour rendre concrète la nécessité de renverser les rapports sociaux, et notamment les rapports de propriété.

C’est pourquoi, l’abandon de notre « organe central », outil officiel pour diffuser les positions et décisions du parti en 1994 lors de son 28ᵉ Congrès, fut une erreur.

Elle a eu pour effet d’accompagner la déshérence idéologique du Parti et de plonger les travailleurs dans le désarroi face à la broyeuse du capital, leur laissant le champ libre pour la mise en place de leur système civilisationnel. Cette situation devient très problématique voire dangereuse dans la période actuelle de guerre de classe.

Néanmoins, le Parti conscient de ce manque a développé, depuis quelques années, son site pcf.fr et sa rubrique actualité. Cette dernière sans hiérarchisation éditoriale, sans un travail de contextualisation journalistique ne peut atteindre largement les travailleurs et /ou ceux qui s’interrogent sur les positions des communistes. Le développement de cette rubrique illustre le besoin d’un organe central, mais ne répond nullement à ce besoin.

Il convient donc de retrouver les fondements théoriques et politiques pour :

Un journal qui soit le porte-voix unifié du Parti, garantissant que tous les membres, des dirigeants aux cellules agissent et s’expriment à partir d’une analyse et d’une ligne commune, c’est à dire celles décidées et votées au Congrès dans le respect du vote des communistes et de leur souveraineté. Car l’unité du Parti n’est pas mécanique, elle est idéologique. Le journal est donc l’outil pour la forger et la préserver.

Un journal qui transmet les décisions et les analyses stratégiques à l’ensemble du Parti et au monde du travail et qui relaye les expériences, les luttes et les initiatives venues du terrain. Un journal qui également partage les analyses d’autres Partis communistes et forces progressistes pour mieux comprendre le mouvement du monde, ce qui nous manque pour appréhender notamment des conflits comme en Ukraine.

Un journal qui participe à la formation théorique des adhérents mais aussi des sympathisants dans le cadre de la praxis, en la mettant en perspective avec la situation nationale et internationale, afin d’éviter que la conscience reste morcelée et empirique.

Mais aussi un journal, qui au-delà de la diffusion d’idée, organise et coordonne les luttes locales en leur donnant un sens national. Sa diffusion doit permette également de renforcer le Parti et contribuer à forger une conscience collective du monde du travail. Il s’agit donc, ici, d’aider à élever la conscience de classe en reliant les luttes quotidiennes à une analyse systémique du capitalisme et de l’État, tout en décryptant les discours médiatiques et politiques de la classe dominante.

Le journal permet aussi d’éviter l’isolement des travailleurs, afin de construire des convergences. Ainsi en donnant la parole aux travailleurs eux-mêmes (témoignages, reportages sur les luttes, stratégie industrielle, bouleversement du monde, culture, environnement…), il renforce le sentiment de légitimité et de puissance collective.

Un journal communiste doit également et surtout permettre de faire germer la nécessité d’un changement révolutionnaire, c’est-à-dire l’exigence d’une rupture avec le capital. Cette volonté d’être utile au quotidien est essentielle et se retrouve par exemple dans le journal numérique « Liberté Actus » alimenté par des militants communistes.

La fonction première du journal, permette le passage de la conscience immédiate à la conscience historique.

C’est par ce travail patient de propagande, de mise en mouvement et d’organisation que le journal contribue à transformer la « classe en soi » (objective) en une « classe pour soi » (consciente et mobilisée pour ses intérêts historiques). Il décode le vécu des travailleurs qui vivent l’exploitation au quotidien (répressions, management agressif, discriminations, bas salaires, précarité, licenciements). Alors que la presse bourgeoise isole ces faits (« l’entreprise est mal dirigée… ») ou les naturalise (« la concurrence est rude, déloyale… »), en utilisant abondamment la « novlangue » pour dénaturer la réalité. Quand ce n’est pas pour criminaliser les luttes !

Le journal communiste, lui, ne montre pas seulement comment un licenciement est lié aux choix d’un actionnaire, à une loi sur le travail, aux délocalisations permises par les traités internationaux, notamment européens. D’une part, il généralise en transformant une souffrance individuelle en un phénomène de classe, révélant le système qui produit structurellement ces effets. D’autre part, il ne se contente pas de commenter ou d’interpréter l’actualité, il la recadre au prisme de la lutte des classes, de l’exploitation de la plus-value, du rôle de l’État comme « comité exécutif de la bourgeoisie » (un conflit dans un hôpital devient l’illustration de la marchandisation de la santé ; La délocalisation de la production de l’acier une atteinte à notre souveraineté nationale…)

Le journal construit aussi une culture autonome (littérature, cinéma, sciences…), première étape de formation, en l’arrachant à l’idéalisme bourgeois pour en proposer une lecture matérialiste et de classe.

Le journal comme organe central est donc le laboratoire et le champ de bataille de la conscience de classe. Il transforme une expérience vécue par les travailleurs en un moment d’une histoire collective, et donc d’actions, dont ils peuvent devenir les acteurs. Pour le Parti, il est l’incarnation matérielle de son projet et le ciment de son unité. Le journal communiste assume ainsi publiquement son appartenance au Parti et fait vivre son lien avec celui-ci, ce qui constitue la racine la plus solide de son ancrage de classe.

C’est en ce sens que Lénine affirmait que « le journal est pour nous non seulement un propagandiste collectif et un agitateur collectif, mais aussi un organisateur collectif », l’organisation commençant par celles des idées. Sans un journal produisant un travail idéologique constant et massif, le Parti n’est donc qu’une organisation de combat de plus. Sa lecture, son achat puis son abonnement sont également des étapes qui peuvent amener vers l’adhésion et donc au renforcement du Parti. Dans la guerre de classe en cours, il est donc grand temps de nous doter, de nouveau, de cet outil essentiel si l’on souhaite peser sur le mouvement du monde, les communistes lors de notre 40e Congrès peuvent collectivement le décider !

Fabienne LEFEBVRE
Membre du Conseil national, Fédération du Val-de-Marne


Les communistes de Castelsarrasin ouvrent le débat

Ils accueilleront les camarades et au delà lors d’apéro-congrès pour débattre aux dates suivantes tout au long du mois de mai, dés 18H30:

  • mercredi 13
  • lundi 18
  • vendredi 22
  • mardi 26
  • vendredi 29

Les inscriptions sont ouvertes:

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Palantir : ce qu’il faut savoir de l’entreprise technofasciste américaine en croisade pour le futur de l’Occident

Profitant de la pandémie de Covid 19, du terrorisme, des conflits, l’entreprise cofondée par Alex Karp et Peter Thiel a vendu à de nombreux États son logiciel d’analyse opérationnelle des données, privatisant petit à petit des fonctions régaliennes. Elle vient de publier un manifeste programmatique et idéologique, qui explique pourquoi elle accompagne la radicalisation guerrière de l’administration Trump.

L’entreprise reproduit en Europe sa recette états-unienne, multiplie les contrats publics et lance ses salariés en politique, comme Julie Martinez, ex-responsable à la protection des données de Palantir, devenue porte-parole du PS et investie candidate à la mairie de Clichy.
© IMAGO / Dreamstime

Le livre République Technologique, publié par Alex Karp en février 2025,tient autant du programme politique que de la préfiguration d’un dystopique « futur de l’Occident » qui prend déjà corps

Palantir, l’entreprise qu’il dirige et qu’il a cofondée avec Peter Thiel, en a fait une synthèse récemment rendue publique, sous la forme d’un manifeste en 22 thèses, comme une forme d’affirmation de son pouvoir démesuré. Continuer la lecture de Palantir : ce qu’il faut savoir de l’entreprise technofasciste américaine en croisade pour le futur de l’Occident

Millionnaires de la finance: la France prend la tête de l’Europe

A défaut de prendre la tête même de la social démocratie consciente comme l’Espagne, nous avons les records que mérite la classe politique globalement la plus bête du monde… celle de nos divisions électoralistes pires que l’Italie qui n’est pas mal dans le genre pourtant… avec de tels crétins parlementaires suivant chaque leurre des enquêtes d’opinion nous sommes devenus le paradis des milliardaires en particulier dans l’armement, mais aussi dans la reconstruction après guerre… Eux ils savent défendre leurs intérêts et acheter ceux qui sont censés défendre les intérêts de la classe ouvrière et des autres travailleurs y compris intellectuels quand ils ne se contentent pas d’être de simples domestiques courtisans. (note et traduction de danielle Bleitrach pour histoireetsociete)

À l’échelle des 27 États membres, l’ABE recense 2.266 banquiers percevant une rémunération supérieure à un million d’euros en 2024.

HPB/AA – REUTERS – Heinz-Peter Bader

Le nombre de banquiers gagnant plus d’un million d’euros a plus que doublé en France entre 2019 et 2024, traduisant la montée en puissance de la place financière parisienne dans le paysage européen post-Brexit. 89 % sont des hommes. Continuer la lecture de Millionnaires de la finance: la France prend la tête de l’Europe