180 plans sociaux et 6,1 % de déficits publics : comment Sophie Binet étrille le bilan d’Emmanuel Macron

Lors d’une conférence de presse, ce vendredi 18 octobre, la secrétaire générale de la CGT a réaffirmé que l’abrogation de la réforme des retraites demeurait un « objectif majeur » de sa confédération. Les organisations syndicales seront auditionnées par les députés en commission des finances, lundi 21 octobre.

 

Forte d’une carte de France des 100 000 emplois menacés dans l’industrie en arrière-plan, Sophie Binet a donné le ton de sa conférence de presse de rentrée, ce vendredi 18 octobre. « La CGT recensait 140 plans de liquidation de l’emploi en mai dernier. Nous en dénombrant désormais 180, malgré des victoires à Metex ou Durlex », tance la secrétaire générale de la centrale de Montreuil. Continuer la lecture de 180 plans sociaux et 6,1 % de déficits publics : comment Sophie Binet étrille le bilan d’Emmanuel Macron

Fabien Roussel : « Il faut arrêter la spirale de la guerre et faire respecter le droit international au Proche-Orient »

Fabien Roussel, Secrétaire national du PCF

Alerté par des organisations humanitaires, par des militants, des élus de forces progressistes palestiniennes, israéliennes, libanaises, iraniennes, avec qui le PCF entretient des relations historiques, je prends une nouvelle fois à témoin l’opinion française.

Le risque de guerre généralisée au Proche et au Moyen-Orient est sérieux.

Le gouvernement de Benyamin Netanyahou se comporte comme un incendiaire fou au Moyen-Orient, tandis que les États-Unis et les pays de l’Union européenne continuent de le couvrir, de le soutenir et de l’armer jusqu’aux dents. Rien ne justifie un tel déversement de feu. Car le gouvernement israélien fait le choix d’envahir le Liban. Il viole sa frontière après avoir usé de pratiques dignes d’organisations terroristes et avoir procédé à des assassinats ciblés à Téhéran et au Liban : déjà plus de 2 000 personnes sont mortes dans ce dernier.

L’offensive terrestre et aérienne en cours a déjà poussé plus d’un million de Libanais à fuir leurs villages, dont beaucoup sont maintenant détruits et réduits à néant, et pourtant, les bombardements massifs se poursuivent. Aucun Libanais, exposé au risque de mort, croit qu’il ne s’agit que d’une guerre contre le Hezbollah. « Ils se moquent de nos vies », explique un responsable d’une organisation humanitaire.

« Le droit d’Israël à se défendre » revient à bombarder des civils, dont des enfants innocents. Ces derniers jours à Jabaliya, dans la bande de Gaza, 400 000 personnes sont assiégées, selon les Nations unies. Depuis plus d’une semaine, il n’y a plus d’eau et plus de moyens de subsistance. Au moins 140 personnes y auraient été tuées en quelques jours. À Gaza, le « risque de génocide » dénoncé par la Cour internationale de justice (CIJ), se déroule sous nos yeux.

Un affrontement entre Israël et l’Iran n’est plus à exclure et, au-delà, c’est un conflit entre grandes puissances que pourrait déclencher cette guerre dans une région à tous points de vue stratégique.

Et pourtant, les pays qui pourraient intervenir, au premier rang desquels les États-Unis et ceux de l’Union européenne, refusent d’agir pour arrêter le massacre. Aucun n’a le courage de prendre les décisions qui s’imposent.

Les Français et le monde sont horrifiés et, aujourd’hui, ont peur des conséquences des guerres menées par le premier ministre israélien et son gouvernement. Il faut arrêter cette spirale de la guerre par tous les moyens que nous permet le droit international.

Et, en l’occurrence, il ne peut pas y avoir deux poids, deux mesures en matière de droit international.

Avec les partis communistes de cette région du monde, nous appelons au retrait immédiat de toutes les forces militaires israéliennes du territoire souverain du Liban et réaffirmons notre solidarité avec la lutte des peuples libanais et palestinien, ainsi que notre soutien à leur droit fondamental et inaliénable, reconnu par le droit international, à se défendre. La France s’honorerait d’être à leurs côtés.

Nous appelons également à la fin des bombardements et des frappes militaires sur des sites au Liban, en Syrie, en Iran, au Yémen et au-delà. Nous appelons à un cessez-le-feu immédiat au Liban et à Gaza.

L’Europe, et singulièrement la France, doit décider de sanctions politiques et économiques à l’encontre du gouvernement d’extrême droite de Benyamin Netanyahou tant qu’il violera délibérément le droit international. L’Union européenne en particulier doit suspendre ses accords d’association avec Israël, qui n’en respecte pas le chapitre II, à savoir le respect des droits humains.

Toute livraison d’armes à destination d’Israël doit être interdite et sanctionnée.

La France, membre permanent du Conseil de sécurité de l’ONU, doit demander que le gouvernement israélien respecte les résolutions de l’ONU, appelle à un cessez-le-feu, à la libération des prisonniers palestiniens et des otages israéliens, à mettre fin à l’occupation et la colonisation de la Cisjordanie et de Gaza. La France doit agir pour garantir la mise en œuvre de la résolution 1701 de l’ONU permettant à la Finul d’exercer sa mission dans le Liban du Sud, dont celle de garantir le respect de l’intégrité territoriale du Liban dans son espace terrestre comme aérien.

Il faut que la Cour pénale internationale émette enfin les mandats d’arrêt demandés par le procureur général Karim Khan à l’encontre de Benyamin Netanyahou et de son ministre de la Défense, Yoav Gallant, ainsi que des dirigeants du Hamas encore en vie.

La politique du gouvernement de Netanyahou est aussi une menace pour le peuple israélien qui, avec courage et par dizaine de milliers, manifeste dans tout le pays depuis des mois pour réclamer la cessation des hostilités et la libération des otages. Il a tout notre soutien.
Dénoncer la politique du gouvernement d’Israël, ce n’est pas de l’antisémitisme, c’est défendre et protéger le droit international. C’est défendre le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, à vivre libres et en sécurité, que ce soit le peuple palestinien comme le peuple israélien.

C’est pourquoi la France doit reconnaître l’État de Palestine, aux côtés de celui d’Israël, comme l’ont déjà fait l’Espagne, l’Irlande et plus d’une centaine de pays dans le monde. La reconnaissance de l’État de Palestine est un enjeu mondial pour parvenir à la paix.

Propagande : Bolloré placarde la tête de Bardella dans toutes les gares, les cheminots somment la SNCF d’agir

Porté par l’empire Bolloré, le livre du président du Rassemblement national, Jordan Bardella, bénéficiera d’une campagne publicitaire massive. Jusqu’à submerger les gares de France. La CGT et Sud Rail appellent la SNCF à refuser cet affichage à rebours des valeurs du groupe.

 

Jordan Bardella a mis du temps à le pondre, mais le voici enfin. Du moins pour qui attend vraiment sa prose. Annoncé depuis plusieurs mois, le premier livre du président du Rassemblement national, « Ce que je cherche », paraîtra en librairie le 9 novembre.

Et pour assurer sa promotion, les éditions Fayard, dirigée par Lise Boëll, éditrice qui a fait d’Éric Zemmour un essayiste d’extrême droite à succès, voit les choses en grand. D’abord, l’ouvrage sera tiré à 155 000 exemplaires. Ensuite, la maison, filiale d’Hachette Livre, propriété de Vincent Bolloré par le groupe Vivendi, a prévu d’inonder les médias du groupe de ce dernier.

Du Journal du dimanche jusqu’à CNews, sans oublier Europe 1 ou le JDNews, impossible pour leur audience de passer à côté du très absent député européen d’extrême droite. Plus surprenant, son visage devrait aussi couvrir les murs des gares de tout le pays, via une campagne publicitaire d’ampleur. Au grand étonnement de la SNCF et de ses cheminots. Continuer la lecture de Propagande : Bolloré placarde la tête de Bardella dans toutes les gares, les cheminots somment la SNCF d’agir

La crise politique en France et le rôle essentiel du Parti Communiste Par Franck Marsal

« Mon parti m’a rendu les couleurs de la France
Mon parti, mon parti, merci de tes leçons
Et depuis ce temps-là, tout me vient en chansons
La colère et la joie l’amour et la souffrance
Mon parti m’a rendu les couleurs de la France »

Du poète à son parti, La Diane Française, Louis Aragon, 1944

Contribution de Franck Marsal (Fédération de la Gironde) pour la conférence nationale du PCF.

Le Conseil National du Parti Communiste Français a décidé de lancer un grand débat au sein du parti. Trois questions sont posées : l’analyse électorale ; la lutte contre l’extrême-droite, les politiques capitalistes et les victoires révolutionnaires et enfin, l’organisation du parti.

Comme le note la résolution du CN elle-même, pour répondre à ces trois questions cruciales, on ne peut éviter de procéder à une analyse globale, et notamment, d’examiner les racines internationales de la crise. Le monde change. Plus précisément, il a déjà beaucoup changé. Il y a 50 ans, le monde connaissait sa croissance démographique la plus importante. Au plus fort de cette croissance, en 1967, le rythme était d’un doublement de la population du globe tous les 30 ans. Des 3 milliards d’habitants, atteints en 1961, nous sommes parvenus à 8 milliards en 2023. Cette population nouvelle, située dans les anciennes colonies et semi-colonies de l’occident s’est maintenant urbanisée, elle s’industrialise et s’éduque, malgré tous les obstacles que l’occident a mis sur sa route. Comptant des milliards d’actifs, salariés, ouvriers, employés, prolétaires donc, elle porte avec elle désormais des changements profonds de l’ordre du monde. Les pays du Sud, les BRICS, aspirent à changer les rapports mondiaux, et eux-mêmes changent rapidement sous l’effet d’une lutte de classes qui s’intensifie partout. Les classes opprimées, partout, innovent, expérimentent et cherchent des réponses, dans leur action et dans leur expérience historique. La France, par son histoire et sa géographie, est questionnée par ces changements. Pour les classes dominantes, c’est une nouvelle marginalisation avec la nostalgie de l’empire colonial. Pour les couches populaires, c’est l’opportunité de bâtir une nouvelle grande étape de modernisation, de changement social et de nouveaux liens internationaux. Nous devons nous en saisir à pleines mains.

C’est le sens de cette contribution, qui propose au parti de se situer dans une perspective globale pour tenter de répondre aux questions posées par le Conseil National. Elle a été déposée sur le site officiel des contributions du PCF et y sera donc prochainement publiée. Continuer la lecture de La crise politique en France et le rôle essentiel du Parti Communiste Par Franck Marsal

« Une saignée », « un sabordage » : les syndicats d’enseignants dénoncent la suppression de 4 000 postes prévus dans le budget 2025

Sous couvert de démographie scolaire, le gouvernement a annoncé la suppression de 4 000 postes dans l’Éducation nationale, jeudi 10 octobre lors de la présentation du projet de budget 2025. Pour les syndicats l’argument ne tient pas. Ils dénoncent une scandaleuse « saignée » qui mettra à mal leurs missions.

 

« Nous voulons faire mieux avec moins. Je sais, vous avez déjà entendu cela avant. Sauf que nous, nous ferons moins d’abord. » La sentence prononcée par le ministre des Comptes publics, Laurent Saint-Martin, jeudi 10 octobre à l’heure de présenter le projet de budget 2025, prend une dimension toute particulière dans l’Éducation nationale. Elle devrait être amputée, selon les prévisions de l’exécutif, de pas moins de 4 000 postes. Et le gouvernement Barnier a beau se réfugier derrière la démographie scolaire (« 97 000 élèves en moins à la rentrée 2025 », selon la rue de Grenelle) et l’augmentation du nombre d’AESH (+ 2 000 postes d’accompagnants d’élèves en situation de handicap), l’argument est loin de convaincre les syndicats d’enseignants. Continuer la lecture de « Une saignée », « un sabordage » : les syndicats d’enseignants dénoncent la suppression de 4 000 postes prévus dans le budget 2025

Une profession sous le choc in Caf. Péda.

De la classe ouvrière aux classes populaires ?

En débat

En partenariat avec la Fondation Gabriel-Péri, une rencontre s’est déroulée le 15 septembre à l’Agora de la Fête de l’Humanité. L’échange a permis de mesurer les évolutions du travail dans notre pays à travers l’histoire, la sociologie et l’action politique.

 

Notre partenaire, la Fondation Gabriel-Péri, réalise un travail de longue haleine avec la tenue de nombreuses rencontres organisées sous la forme de colloques et de cycles de conférences, mais aussi à travers la parution de publications, de revues ou d’actes. En 2022, le colloque « Les classes populaires à l’écart du politique ? » a réuni de nombreux chercheurs.

Dans sa continuité, un débat se déroulait, le 15 septembre dernier, à la Fête de l’Humanité. La juriste Louise Gaxie, directrice de la Fondation Gabriel-Péri, coanimait la rencontre. En conclusion, elle a convié le public à venir fêter, le 9 novembre, à l’Espace Niemeyer, les vingt années d’existence de la fondation, engagée dans la bataille des idées.

Quelles sont les évolutions de la classe ouvrière à travers l’histoire ? Continuer la lecture de De la classe ouvrière aux classes populaires ?

Pour la paix au Proche-Orient : il faut des actes concrets !

Publié le 02 octobre 2024

L’armée israélienne a violé les frontières libanaises. Cela fait suite à des bombardements massifs qui touchent la population civile, faisant plusieurs milliers de morts. Ce sont pour le Liban les journées les plus sanglantes depuis la fin de la guerre civile en 1990. Le gouvernement libanais estime à un million le nombre de déplacés. C’est dans une logique de guerre régionalisée que s’est aujourd’hui engagée le pouvoir d’extrême-droite israélien.

Ce 1er octobre, l’Iran a décidé de lancer une vague de missiles sur plusieurs villes d’Israël et leurs populations. L’évènement est sans précédent. L’embrasement n’est plus une possibilité. Il est là, sous nos yeux. Continuer la lecture de Pour la paix au Proche-Orient : il faut des actes concrets !

Introduction liminaire au conseil de la métropole du Grand Lyon le 30 septembre 2024 par PAM

Une intervention avec laquelle Marianne et moi sommes parfaitement d’accord et que nous voudrions que tous les lecteurs de ce blog lisent ou écoutent parce qu’il fait un diagnostic auquel on ne peut qu’adhérer et qui ose enfin présenter le lien que chacun nie par opportunisme entre le mouvement du monde et les défis dans lesquels il est indispensable de partir de la réalité française. Cela pourrait être la base de la conférence nationale organisée par le PCF mais qui déjà ne répond pas à ce qui est dit dès le début, la nécessité d’une véritable écoute de tous, la censure, le mépris pour reconduire les mêmes, ceux qui ont liquidé et qui continuent à “visser les boulons” autour de la culture, l’idéologie, l’international, la presse, etc… Après ça “parlez” que les bouches s’ouvrent, pas trop il y a les élections municipales et l’asphyxie programmée n’acceptera pas une telle vérité… (note de Danielle Bleitrach pour histoireetsociete)

Nous l’avons répété, la France se fracture, écartelée entre les premiers de corvées et les premiers de cordées, entre ceux qui ne respectent plus rien et ceux qui ne supportent plus rien, entre l’unité de la fête olympique et la division politique profonde. Les politiques qui se succèdent continuent à prétendre résoudre des problèmes qui ne font que s’aggraver, et nous entrainent dans les guerres. Le monde bascule, tout s’accélère et nous restons dans l’impasse politique.

Que dire de la crise du logement quand tous les indicateurs sont dans le rouge, du logement des salariés au sans-abrisme, du logement étudiant au logement des senior? Continuer la lecture de Introduction liminaire au conseil de la métropole du Grand Lyon le 30 septembre 2024 par PAM

Pour son 84e congrès, le monde du HLM demande que l’État cesse de le ponctionner

Après des années de ponctions financières par l’État, le secteur de l’habitat social, qui tient son 84e congrès ce mardi et ce mercredi, à Montpellier, est confronté à une équation complexe : croissance du nombre de demandeurs, d’un côté ; pertes de moyens financiers pour construire et rénover, de l’autre.

Après quasiment sept années d’une politique du logement guidée par la seule volonté de réaliser des économies budgétaires, la nomination de l’UDI Valérie Letard au poste de ministre du Logement, est plutôt une bonne nouvelle.

Dans le marasme politique ambiant, celle-ci a été accueillie avec soulagement par les acteurs du secteur, à commencer par les bailleurs sociaux, qui se réunissent à partir de ce mardi 24 septembre à Montpellier (Hérault) pour leur 84e congrès annuel.

« C’est un signal positif en ces temps de crise du logement », a ainsi salué la Fédération des offices publics de l’habitat (Foph). L’arrivée de cette élue de terrain, considérée comme une bonne connaisseuse du logement, « pourrait augurer d’une reprise du dialogue avec les associations de locataires et les acteurs du logement social, rendu impossible par Guillaume Kasbarian », le ministre sortant, a estimé de son côté la Confédération nationale du logement (CNL).

A noter: Castelsarrasin, Jeudi 3 octobre de 10h00 à 11h00 café débat à l’Espace Métais: « La crise du logement »

avec Tarn et garonne – Julien Sueres représente la voix des locataires au 84ème congrès HLM

 

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