A propos du discours de Fabien Roussel, en bref ce qui est convaincant par Danielle Bleitrach

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Histoire et société

Il me semble que nous avons tous intérêt, et les militants communistes au premier chef, à bien mesurer ce qu’une telle orientation exige de ceux qui s’engagent. D’abord à arrêter de se situer seulement par rapport aux autres candidats dans une guéguerre qui personnellement me donne envie de fuir. Ce discours était d’une autre tenue. Laissons les polémiques sordides à ceux qui ne vivent que de ce type de politique : une des forces du discours de Fabien Roussel a été de s’élever au-dessus de cette foire d’empoigne et de s’inscrire pleinement dans cette bataille électorale, tout en ne restant pas enfermé dans cette échéance, et surtout dans les jeux politiciens des plateaux de télévision. Il a été très pragmatique et a insisté sur les luttes de la rentrée, ce qui peut empêcher l’étranglement du capital contre le travail, les ménages, les vieux, les jeunes, un calendrier.

Voilà pour l’immédiat, l’incontournable, mais il y a la perspective.

Là il a lié étroitement son programme de candidat à une perspective dans laquelle les propositions du PCF ont une tout autre dimension:

À l’Assemblée nationale, le RN fait bloc pour préserver les cadeaux fiscaux aux plus riches et aux entreprises

Le groupe lepéniste, qui refuse toute augmentation d’impôts, a permis aux macronistes de maintenir plusieurs cadeaux fiscaux aux entreprises et de repousser la taxe Zucman. Tout en prétendant défendre les « intérêts du peuple ».

Taxe Zucman, ISF, fiscalité des entreprises : les votes du RN contribuent à préserver plusieurs dispositifs favorables aux plus hauts revenu.
© Patricia Huchot-Boissier/ABACAPRESS.COM

Le 13 mai 2026, en entrant dans l’Hémicycle, les députés s’attendent à un après-midi plutôt tranquille. La proposition de loi à l’ordre du jour, visant à « soutenir l’innovation thérapeutique contre les cancers, les maladies rares et les maladies orphelines de l’enfant », est censée faire consensus.

C’est compter sans le Rassemblement national. Les lepénistes votent contre. Car pour faire avancer la recherche sur les cancers infantiles, considérée comme peu rentable par les professionnels du médicament, une taxe de 0,1 % sur le chiffre d’affaires des laboratoires pharmaceutiques en France est proposée. Continuer la lecture de À l’Assemblée nationale, le RN fait bloc pour préserver les cadeaux fiscaux aux plus riches et aux entreprises

Chômage à 8,3% : l’argent public doit servir l’emploi, pas les licenciements

 

Le taux de chômage atteint 8,3% au deuxième trimestre 2026, en hausse de 0,7 point sur un an. Cela représente 261 000 chômeuses et chômeurs supplémentaires en douze mois. Le chômage des jeunes atteint 21,6 % et 671 000 personnes recherchent un emploi depuis plus d’un an.

Derrière ces chiffres, il y a des centaines de milliers de vies fragilisées, des familles plongées dans l’incertitude et des territoires affaiblis. Continuer la lecture de Chômage à 8,3% : l’argent public doit servir l’emploi, pas les licenciements

Le congrès du PCF en direct vidéo (LILLE 2026)

Suivez les débats, les prises de paroles, les moments forts du 40ème congrès du Parti Communiste Français

Fabien Roussel : « Il faut relancer l’économie par les salaires » In Alternatives Économiques

Entretien avec: Fabien Roussel, Secrétaire national du Parti communiste français, maire de Saint-Amand-les-Eaux

A moins d’un an de l’élection présidentielle, les idées fusent à gauche. Pour nourrir les débats et les réflexions, Alternatives Economiques a décidé d’interviewer plusieurs personnalités politiques de gauche afin d’éclairer comment, chez chacun et chacune, s’articule une vision du monde, un programme et des combats prioritaires.

Après Jean-Luc Mélenchon et Olivier Faure, nous poursuivons notre série d’entretiens avec le secrétaire national du Parti communiste français, Fabien Roussel. Il développe son plan de relance et de réindustrialisation de l’économie française, son choix du nucléaire ainsi que sur le modèle agricole, l’évolution de la protection sociale, l’immigration, etc., et ses priorités pour le quinquennat.

Comment jugez-vous la situation économique et budgétaire de la France ?

Fabien Roussel : La France traverse une crise grave. Nous sommes confrontés à un risque réel de récession. Mais je tiens à le dire immédiatement : ce n’est pas une fatalité. Nous avons les moyens de sortir de cette crise et d’en limiter les effets. Pour cela, il faut s’attaquer aux vrais sujets : l’énergie, la réindustrialisation, la pauvreté au travail, les salaires, les retraites. Une relance de l’économie par la consommation et par la production est possible. La situation est sérieuse, mais nous avons les moyens de nous en sortir.

Le débat budgétaire va bientôt revenir au premier plan. La réduction du déficit et de la dette doit-elle être une priorité ? Continuer la lecture de Fabien Roussel : « Il faut relancer l’économie par les salaires » In Alternatives Économiques

Retraites agricoles : ce que contient la proposition de loi communiste adoptée à l’Assemblée (PCF)

A la quasi-unanimité, les députés ont adopté en première lecture un texte du communiste Julien Brugerolles qui complète les précédentes lois Chassaigne adoptées en 2020 et 2021 sur les petites retraites agricoles.

Le texte prévoit, entre autres, d’étendre la revalorisation à 85 % du SMIC des pensions des anciens conjoints collaborateurs et aides familiaux ayant une carrière complète.
© iStock 

L’Assemblée nationale a adopté, ce jeudi 4 juin, une proposition de loi du communiste Julien Brugerolles pour l’augmentation de certaines petites retraites agricoles. Hormis quelques abstentions dans les rangs macronistes, le texte a été adopté en première lecture à la quasi-unanimité des députés présents. Une performance politique d’autant plus importante que le gouvernement ne soutenait pas la proposition communiste.

Le texte prévoit d’étendre la revalorisation à 85 % du SMIC (1 200 euros par mois) des pensions des anciens conjoints collaborateurs et aides familiaux ayant une carrière complète. Une avancée qui concerne presque 200 000 personnes, quasi exclusivement des femmes, précise le groupe de la Gauche démocrate et républicaine (GDR). La proposition votée comprend aussi le changement de calcul de la pension majorée de référence et la suppression du mécanisme d’écrêtement qui pénalise 100 000 pensionnés ayant cotisé à plusieurs régimes de retraite.

La suite des lois « Chassaigne »

Cette proposition de loi du député Julien Brugerolles, qui a remplacé à l’Assemblée André Chassaigne début 2025, est la poursuite du travail engagé il y a des années par l’ancien président du groupe GDR. Deux lois dites « Chassaigne », en 2020 et 2021, avaient permis une première revalorisation des retraites agricoles « après plus de quatre ans de bataille parlementaire », rappelle le groupe. Le présent texte tente de combler plusieurs trous dans la raquette qui existent encore.

Le parcours législatif de la proposition de loi ne fait néanmoins que commencer ; son destin est désormais entre les mains du Sénat. Si jamais la Haute Assemblée l’adoptait à son tour, il faudrait alors une seconde lecture dans chacune des deux chambres, sauf si le gouvernement reprend le texte à son compte, ce qui paraît à l’heure actuelle peu probable.

 

Comment la CGT et la FSU construisent une « maison commune » ?

Depuis 2023, les deux centrales ont entamé un processus de rapprochement visant à la création d’une « maison commune », tout en écartant l’hypothèse d’une fusion. Le 54e congrès confédéral de la CGT doit faire office de point d’étape.

 

« L’union est un combat », écrivait l’ancien directeur de l’Humanité Étienne Fajon. L’histoire du mouvement social est plutôt marquée par la division des centrales. De la seule CGT en 1895, le syndicalisme français dénombre cent trente ans plus tard huit confédérations, de taille et encrage différents. Mais « nos ambitions revendicatives, la transformation sociale que nous portons, font face à une adversité de plus en plus dure, avec l’alliance entre le capital et l’extrême droite », observe Kamel Brahmi, membre de l’exécutif confédéral CGT. Continuer la lecture de Comment la CGT et la FSU construisent une « maison commune » ?

Retraites : Jordan Bardella tombe le masque et drague toujours plus lourdement le patronat

Le président du Rassemblement national a laissé entendre qu’il souhaitait une réforme différente de celle défendue par Marine Le Pen. Il envisage une suppression de l’âge légal de départ et une ouverture à la capitalisation. Une attaque en règle contre le monde du travail, pour donner des gages au patronat.

Dans une interview au journal allemand « Frankfurter Allgemeine Zeitung », Jordan Bardella a laissé échapper le fond de sa pensée sur le sujet des retraites, en décalage avec les déclarations précédentes de Marine Le Pen.
© Bertrand GUAY / AFP

Dire aux Français qu’on veut les obliger à travailler plus longtemps, au péril de leur santé, n’est pas chose aisée. Ce projet, Jordan Bardella a préféré d’abord en faire part aux Allemands. Mi-mai, le président du Rassemblement national (RN) est interrogé par le Frankfurter Allgemeine Zeitung : « Plaidez-vous pour un âge de départ à la retraite plus élevé ? » « Nous sommes en train d’examiner la question », acquiesce l’intéressé. Continuer la lecture de Retraites : Jordan Bardella tombe le masque et drague toujours plus lourdement le patronat

Fabien Roussel, secrétaire national du PCF : « nous demandons une revalorisation immédiate de 5 % pour les salaires et pensions inférieurs à 2 500 euros net » + video

Le secrétaire national du PCF, Fabien Roussel, dénonce la faiblesse des mesures annoncées par le premier ministre sur le pouvoir d’achat. Il invite à se mobiliser devant les préfectures et le siège de Total, dont il réclame la nationalisation. Il s’exprime également sur les enjeux du 40e congrès du Parti communiste.

Fabien Roussel appelle à des mobilisations contre la vie chère et réclame la nationalisation de TotalEnergies qu’il accuse de profiter de la crise au Moyen Orient.

Le PCF tiendra son congrès les 3, 4 et 5 juillet à Lille. Il sera précédé de débats dans les sections et départements. Fabien Roussel, son secrétaire national, invite à avoir un parti « uni et fort » et se dit prêt à consacrer toute son « énergie » à la bataille des élections présidentielles si les militants communistes le désignent candidat par un vote en septembre.

Comment jugez-vous les annonces du gouvernement, jeudi 21 mai, pour faire face à la crise du pouvoir d’achat ? Continuer la lecture de Fabien Roussel, secrétaire national du PCF : « nous demandons une revalorisation immédiate de 5 % pour les salaires et pensions inférieurs à 2 500 euros net » + video

 » Nos vies valent plus que leurs profits » : les syndicats ne chôment pas pour la fête du travail in DDM

Le rassemblement et le défilé du 1er mai ont été une réussite avec plus de 500 personnes dans la rue, syndicalistes, politiques et quidams mêlés.

 par Éric Théron

Une météo au beau fixe, des menaces sur la pérennité du 1er mai férié et des revendications longues comme un discours de Sébastien Turon, leader de l’UD CGT, la mobilisation était au rendez-vous hier matin devant la Maison du peuple où 500 personnes se sont rassemblées pour la fête du travail. Exclu de l’intersyndicale l’an dernier, Force Ouvrière a fait son retour en catimini avec ses drapeaux mais sans prise de parole.

En préambule, le chef de file de la CGT a annoncé une bonne nouvelle à l’assistance : la grève à la crèche Babilou a pris fin jeudi soir après des négociations couronnées de succès entre la direction, l’Unsa et la CGT, pas invitée à débattre mais très présente dans les faits. « Les salariées se sont opposées à une direction qui a fini par écouter après une semaine de grève. L’exemple de Babilou doit être reproduit ailleurs », a souligné Sébastien Turon, qui a également évoqué le sort des 23 salariés de Quercy Interventions Services menacés de licenciement « malgré l’argent public investi ».

« Nos vies valent plus que leurs profits »

Mobilisation, lutte et blocage, le secrétaire de l’UD CGT s’est ensuite montré plus offensif. « La CGT sera toujours là pour mener le combat de la classe ouvrière, de ceux qui produisent mais à qui on refuse tout. Le capital s’enrichit alors que nos vies se dégradent, maos nos vies valent plus que leurs profits. Rien n’est donné, tout est arraché par la lutte. »

Guillaume Mangenot (FSU), après avoir déploré les attaques frontales du gouvernement sur le 1er mai, « faisant le lit de l’extrême droite », a réaffirmé au nom de son syndicat un message de paix. « En soutien aux Ukrainiens, aux Palestiniens, aux Iraniens et aux Libanais. » Et de conclure avec les présidentielles dans le viseur. « Nous avons un an pour créer une alternative. »

Les guerres, le pouvoir d’achat, l’avancée de l’extrême droite, le représentant de Solidaires 82, Bernard Garcès a repris à son compte les grands thèmes de ce 1er mai 2026. Enfin, le collectif « Nous Toutes » a porté la parole des femmes. « Il n’y a pas de justice sociale sans justice féminine. Elles sont les plus touchées par la précarité et sont victimes de violences dans tous les espaces, au travail comme chez elles. » Et de demander « plus de prévention, un renforcement de la formation sur les violences sexuelles et sexistes et plus de places d’hébergement. »

Le cortège, bigarré et coloré, a conclu sa matinée revendicative par une randonnée urbaine en passant devant le tribunal, l’hôtel de ville et le MIB.