Reconstruire la gauche populaire | Léon Deffontaines | Europe 1 (Video)

Editorial : pourquoi je pense que le PCF est le moins mal placé pour en sortir? Par Danièle Bleitracht

Avant toutes choses deux annonces sur lesquelles nous reviendrons Le 26 juin à 11 H à Aix en Provence il y aura une cérémonie autour du renouvellement de la plaque de la rue Pascal Fieschi, mon compagnon, l’organisateur de la résistance dans le bassin minier et à Aix, torturé par la gestapo, à la tête de la révolte de la centrale d’Eysses et à Dachau. La mairie, Toni Genarro au nom des communistes aixois et moi nous prendrons la parole. Tous ceux qui ont connu Pascal sont invités à cette célébration qui rend hommage au rôle des communistes dans la lutte contre le fascisme et leur rôle de rassembleur. Il aurait voulu une invitation sans exclusive à la hauteur des exigences d’aujourd’hui.

 

Ma deuxième annonce est la fermeture proche cette semaine sans doute d’Histoireetsociete. Le site a atteint une fréquentation qu’il a rarement connu, une audience nationale et internationale la plus haute et c’est dû à ceux qui ont relayé ses articles malgré la censure qui frappait nos livres et nos articles, Merci à vous tous et j’espère que vous continuerez pour la nouvelle formule mieux sécurisé qui s’ouvrira aux alentours du premier juillet. Là aussi cette audience prouve ce que je vais esquisser dans cet éditorial.

LA PREMIERE IDEE C’EST LA CONFIANCE DANS LA FRANCE, PAYS SOUVERAIN ET DE LA LUTTE DES CLASSES Continuer la lecture de Editorial : pourquoi je pense que le PCF est le moins mal placé pour en sortir? Par Danièle Bleitracht

Pour Donald Trump, Benyamin Nétanyahou « devrait nous être très reconnaissant » d’être parvenu à un accord

Je ne voudrais pas avoir l’air d’insister sur les cruelles leçons de la situation mais je pense que ceux qui ont défendu bec et ongle cet Israël là devraient en tirer des leçons de bon sens. En particulier ceux qui ont tendance à vouloir voter pour Raphaël Glucksman malgré sa nullité évidente devraient réaliser ce que l’on peut attendre de certaines alliances. Nous n’avons pas cessé de leur expliquer que si les Etats-Unis survivraient à leur perte d’hégémonie il n’est pas sur que ceux qui ont sacrifié leur peuple à un tel suzerain ne perdent pas le pouvoir pour eux et même l’existence du pays dont ils avaient cru pouvoir faire une autre étoile du drapeau des Etats-Unis. Glucksman a d’autant moins d’excuse qu’il a déjà vécu ça aux côtés du Géorgien qui lui aussi avait cru en la protection des USA. (note et traduction de danielle Bleitrach)

16 janvier 2026, il faut que le régime des mollahs tombe, les mots ne suffisent plus , il faut des actes…De 2009 à 2012, Raphaël Glucksmann conseille le président géorgien Mikheil Saakachvili qui abolit le salaire minimum, licencie 60 000 fonctionnaires et abaisse l’impôt sur les dividendes à 5 %. mais il est pro-occidental et il sera chassé… On se demande si Raphaël Gluksman ne porte pas la poisse à la cause qu’il embrasse, méfiez-vous!!!

Lire aussi: Raphaël Glucksmann, nouvel enfant prodige de la bourgeoisie de gauche

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L’Union européenne a engendré des monstres.

Si les prévisions alarmistes sur la Chine et la Russie sont sans cesse déjouées en revanche en ce qui concerne la stratégie des USA et surtout celle de ses vassaux c’est le zugzwang, chaque coup met dans une situation pire sans que pour autant nous en soyons encore à chasser les monstres et le cauchemar qui en résulte. Là aussi faire prendre conscience du caractère non fatal de cette situation est une des vocations d’histoire et societe. Cela ne peut pas encore se faire au nom d’une force politique mais il y a une évolution. (note et traduction de danielle Bleitrach pour histoireetsociete)

L'Union européenne a engendré des monstres.

Une figure très influente du XXe siècle a déclaré : « Les États-Unis d’Europe seront réactionnaires, ou ils ne le seront pas . » Autrement dit : si les bourgeoisies européennes unissent leurs États, elles ne pourront le faire que dans le cadre d’un projet réactionnaire. Continuer la lecture de L’Union européenne a engendré des monstres.

Le plan américain (de privatisation sans fin) et les élections de 2026, un « modèle » y compris pour la France…

Le « plan américain » celui qui au plan international comme national affirme la survie du capitalisme fut-ce aux dépens du genre humain est ici décrit comme « la privatisation sans fin » l’enrichissement d’une poignée se nourrissant des ressources, de la vie de tous ». La bête sauvage pour reprendre la définition de Hegel n’a plus aucune régulation et le système politique repose sur des sommes de plus en plus colossales avec le spectacle permanent et l’art de noyer les foules sous une accumulation de détails, des cris de haine. Par parenthèse ce qui se passe sur les réseaux sociaux avec les campagnes de haine en particulier contre Fabien Roussel de la part d’une secte chauffée à blanc derrière Mélenchon est insupportable et nous conduit vers ce monde là. C’est pour cela que j’ai été conduite à publier hier la note suivante sur le dévoiement des campagnes électorales en France (1) (note et traduction de Danielle Bleitrach pour histoireetsociete)

Sidney Plotkin-Bill Scheuerman

Image par Element5 Digital.

Le plan américain et les élections de 2026

Woody Guthrie chantait fièrement « Cette terre est ta terre, cette terre est ma terre / De la Californie à l’île de New York », mais, en réalité, la privatisation de vastes ressources et richesses publiques est l’une des dynamiques marquantes de l’histoire américaine. L’économiste politique Thorstein Veblen a qualifié ce processus de « Plan américain » : la conversion des ressources publiques en propriétés privées le plus rapidement possible. Continuer la lecture de Le plan américain (de privatisation sans fin) et les élections de 2026, un « modèle » y compris pour la France…

Fabien Roussel : l’IA sera « avec nous » si elle est « à nous » ! + video

Le secrétaire national du Parti communiste à Pechbonnieu (31)

Le sommet « IA avec nous » s’ouvre à Lille sous l’égide du président de la République. Les enjeux sont immenses. Je partage l’alerte de nombreux scientifiques, intellectuels, citoyennes et citoyens sur les défis de l’intelligence artificielle et fais miens les mots du pape Léon XIV soulignant que nous ne pouvons pas laisser l’IA nuire à ce que notre « magnifique Humanité » a en commun : la vérité, la dignité du travail et la liberté. Ni laisser s’épanouir ses usages guerriers. J’y ajoute la nécessité de maîtriser l’impact écologique de cette technologie. Alors que l’ONU estime que l’IA devrait faire doubler la consommation d’énergie et d’eau des centres de données d’ici 2030, le défi à relever est immense.

Ma conviction est que l’IA sera « avec nous » si et seulement si elle est « à nous ». L’IA pose en grand les questions de la planification de la révolution numérique et de l’appropriation publique et sociale des moyens de production. C’est en répondant à ces enjeux que la France pourra être indépendante, que nous pourrons limiter l’impact écologique, et que l’IA pourra libérer les travailleurs et travailleuses des tâches aliénantes et dégager du temps pour la vie, la création, la délibération collective.

Dans les mains du capital privé, l’IA est une menace. Dans les mains du peuple, elle est un outil au service du progrès social.

Contrairement au récit dominant, l’IA telle qu’elle se déploie aujourd’hui détruit plus d’emplois qu’elle n’en crée, vampirise et uniformise la création et concentre les gains sur une infime minorité de détenteurs de capital. C’est pourquoi je soutiens la proposition portée par le sénateur communiste Pierre Ouzoulias visant l’instauration d’une présomption d’exploitation des contenus culturels par les fournisseurs d’intelligence artificielle. C’est un premier pas essentiel.

Laissée aux mains du privé, l’IA ne libérera pas l’être humain : elle le surveillera, le remplacera sans partage des gains, l’appauvrira. La menace n’est pas dans la technologie. Elle est dans son usage et son rapport de propriété. C’est cela qu’il faut penser, changer.

L’heure est à planifier et démocratiser l’IA. C’est parce que nous avons su planifier dans les domaines de l’énergie et de la défense que nous conservons aujourd’hui une relative autonomie.

C’est nécessaire aujourd’hui pour l’IA. La France doit construire un pôle public du numérique doté de véritables moyens ; une recherche correctement financée ; une industrie solide pour disposer des matériels et infrastructures ; une maîtrise souveraine de l’intégralité de la chaîne de valeur – de la fonderie des semi-conducteurs jusqu’aux modèles socles ; un droit de regard des salariés sur les usages de l’IA dans chaque entreprise ; et une formation massive de nos enseignants.

Aucune de ces conditions n’est remplie par l’empilement de milliards du CIR avec ceux des cérémonies Choose France ! Pire, nos jeunes mathématiciens, data scientists, chercheurs en IA sont encore obligés de partir à l’étranger pour travailler. Il y a pourtant un gisement d’emplois immense pour nos jeunes dans les métiers du numérique.

En outre, parce que l’IA ne connaît pas les frontières, développer la coopération est essentiel.

Si nous ne pouvons pas accepter d’être dominés, ne cherchons pas non plus à être les dominants. Privilégions la coopération : les effets d’échelle sont si importants que nous devons construire notre souveraineté en coopération avec d’autres peuples, et d’abord avec nos voisins européens, grâce à une gestion respectueuse et intelligente de nos interdépendances.

La France devrait appeler à construire une coopération internationale publique sur la recherche en IA, avec un partage des infrastructures entre pays du Sud et du Nord, et une gouvernance démocratique mondiale de ces technologies, à rebours de la guerre impérialiste actuelle.

Pour conclure, mesurons que si le capitalisme de plateforme peut générer des profits sans précédent dans l’histoire, sa domination tient sur des bases fragiles. De nombreux chercheurs et experts, des patrons mêmes, nous disent que le dépassement de la propriété privée par la mise en commun qu’incarne le logiciel libre est un moyen efficace pour tenir en respect les géants. Et la logique contamine peu à peu le matériel avec les logiques d’architectures ouvertes.

Concernant les infrastructures, nous rappelons que notre Constitution républicaine dit bien que les monopoles doivent être publics. Alors respectons-la !

Faisons de l’IA un outil de notre émancipation et non une nouvelle arme à la main des puissants !

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Fabien Roussel à Toulouse Depuis la Fête de l’Huma 31 à Pechbonnieu (Vidéo)

Meeting de Fabien Roussel à Toulouse Depuis la Fête de l’Huma 31 à Pechbonnieu, près de Toulouse.

Face à la vie chère, aux logiques de guerre et à la montée de l’extrême droite, faisons entendre la voix du monde du travail, de la paix et de la justice sociale.

📍 Toulouse / Pechbonnieu

Franck Marsal: sa réponse sur le PCF dont nous avons besoin ou un congrès pourquoi faire ?

Franck part de ma remarque de hier : la différence qu’il y a quand le PCF est à 20% comme prétend l’être Mélenchon -ça se discute mais faisons comme- il est clair que le capital ne sent pas le même rapport des forces. Cela ne tient pas à la personnalité de Melenchon ou celle de Roussel mais à qui ils ont derrière eux … Avoir des communistes c’est pas pareil que d’en appeler à une masse désorganisée de bobos et de zozos même chauffés à blanc dans le culte du chef… les mêmes bobos et zozos dans un parti communiste deviennent des militants que chacun connait. Comme on disait jadis quand le secrétaire de cellule passe même le chien remue la queue… Je dois avouer que je ne suis pas sure que certains membres actuels du comité national procurent de telles joies au masses y compris aux canidés… Mais écoutons ce Franck qui est sur le terrain nous dit de la question : il place le curseur là où il faut le réarmement et ce que cela signifie… (note de danielle Bleitrach)

Franck Marsal

Le parti communiste ne fait plus 20 % et personne ne l’a remplacé, ni n’est en voie de le faire. C’est un fait.

Nous sommes, en France, dans le stade où tout est fragile et rien encore ne se consolide encore. Il y a de timides avancées, encore essentiellement locales et désordonnées, mais souvent avec une volonté de faire face, quelles que soient les conditions et de chercher une issue..

Ces avancées se produisent dans un contexte qui se tend et où nous sentons monter les dangers : celui de la guerre et celui d’une offensive de la réaction dans notre pays. Continuer la lecture de Franck Marsal: sa réponse sur le PCF dont nous avons besoin ou un congrès pourquoi faire ?

40ème CONGRÈS DU PCF, DU « PARTI OUVRIER » AU « PARTI D’ÉLUS » ? par Jean Paul Legrand

L’histoire du Parti communiste français est profondément liée à celle de la classe ouvrière industrielle. Entre les années 1920 et les années 1970, le PCF s’est construit comme une organisation politique enracinée dans les usines, les mines, les chemins de fer, les ports et les grands bassins industriels.
Son encadrement militant provenait largement du monde ouvrier lui-même. Les cellules d’entreprise structuraient la vie du parti et l’expérience concrète de l’exploitation capitaliste constituait le cœur de sa culture politique.
Durant cette période, le PCF ne représentait pas seulement la classe ouvrière : il formait également des cadres issus directement de celle-ci. Les travaux du sociologue Bernard Pudal ont bien montré comment le parti permettait la promotion politique d’ouvriers souvent peu diplômés devenus responsables syndicaux, élus ou dirigeants politiques grâce à l’organisation communiste elle-même. La légitimité militante reposait alors largement sur l’expérience du travail industriel, des luttes sociales et de la confrontation quotidienne avec le patronat. La théorie marxiste de l’exploitation n’était pas une abstraction intellectuelle mais une réalité vécue dans les cadences de production, les rapports hiérarchiques de l’usine, les bas salaires ou les conflits sociaux.
LA DÉSOUVRIÉRISATION PROGRESSIVE DU PARTI
À partir des années 1970 et surtout dans les décennies suivantes, la sociologie du PCF s’est profondément transformée. Les chercheurs convergent généralement pour constater un recul progressif du poids ouvrier dans les structures militantes et dirigeantes du parti. Cette évolution accompagne naturellement les grandes mutations de la société française : désindustrialisation, fermeture des grands sites industriels, affaiblissement du syndicalisme ouvrier, montée du secteur tertiaire et transformation du salariat.
Mais plusieurs travaux sociologiques soulignent également que cette mutation ne relève pas uniquement d’un phénomène extérieur. Le PCF a lui-même progressivement modifié sa composition sociale et ses modes de recrutement militant. Le sociologue Julian Mischi montre notamment que les enseignants, les fonctionnaires, les élus locaux et les permanents institutionnels ont pris une place croissante dans l’appareil du parti. À mesure que disparaissaient les grandes cellules d’usine, les structures municipales et les réseaux institutionnels sont devenus centraux dans la vie communiste locale.
UNE TRANSFORMATION DU RAPPORT À L’EXPLOITATION CAPITALISTE
Cette transformation ouvre une interrogation importante sur les conséquences idéologiques et stratégiques d’un tel déplacement sociologique. On peut en effet formuler l’hypothèse selon laquelle l’effritement de la base ouvrière du PCF et le recul des cadres issus directement du travail industriel ont contribué à modifier les priorités politiques du parti. Lorsque les responsables politiques vivent quotidiennement les rapports d’exploitation dans l’entreprise capitaliste, la question de la production, de la propriété des moyens de production et de l’extraction de la plus-value tend naturellement à occuper une place centrale. En revanche, lorsque les cadres militants proviennent davantage des secteurs de la fonction publique, de l’enseignement, des collectivités territoriales ou des appareils administratifs, leur rapport concret au capital industriel devient plus indirect.
Il ne s’agit évidemment pas de prétendre que les fonctionnaires ou les salariés du secteur public échappent aux rapports de domination sociale. Les politiques d’austérité, la bureaucratisation du travail ou les logiques managériales affectent fortement ces professions. Mais les formes d’exploitation qu’ils subissent ne se manifestent pas de la même manière que dans le travail industriel directement soumis à la production de profit et à l’extraction de la plus-value. Cette différence d’expérience sociale peut influencer les représentations politiques, les priorités programmatiques et les formes de mobilisation.
LE DÉPLACEMENT DES PRIORITÉS POLITIQUES
Plusieurs chercheurs ont ainsi observé un déplacement progressif du centre de gravité idéologique du PCF. Les problématiques liées à l’administration locale, à la gestion des collectivités, aux politiques publiques ou aux enjeux sociétaux prennent progressivement davantage de place, tandis que les questions directement liées à la production industrielle, à l’organisation du travail ou à la souveraineté productive perdent de leur centralité. La culture politique issue de l’usine tend alors à s’effacer au profit d’une culture plus institutionnelle et gestionnaire.
Julian Mischi parle d’ailleurs d’une « désouvriérisation » du PCF. Selon lui, les ouvriers deviennent progressivement marginalisés dans les directions du parti alors que les élus locaux et les catégories diplômées acquièrent une influence croissante. Bernard Pudal avait déjà montré auparavant que la crise du PCF correspondait aussi à l’effondrement du modèle historique de promotion politique ouvrière qui avait longtemps constitué sa singularité.
Cette évolution ne concerne d’ailleurs pas uniquement le PCF. Dans l’ensemble de la gauche européenne, les chercheurs observent depuis plusieurs décennies une montée du poids des diplômés et des catégories intermédiaires au détriment des salariés issus du monde industriel. Cette transformation sociologique contribue souvent à éloigner les organisations politiques des préoccupations concrètes liées au travail productif, aux conditions de production et aux conflits industriels.
UNE HYPOTHÈSE À NUANCER
Toutefois, cette hypothèse doit être nuancée. Le recul de la classe ouvrière dans le PCF résulte aussi de transformations structurelles profondes de la société française. La désindustrialisation massive a détruit les grands collectifs ouvriers qui constituaient autrefois la base sociale du parti. Le monde du travail lui-même s’est fragmenté avec le développement de la sous-traitance, de la précarité, des plateformes logistiques et des nouvelles formes d’emploi. Le modèle de l’ouvrier de la grande usine fordienne ne correspond plus à la réalité contemporaine du salariat populaire.
Néanmoins, la question demeure politiquement centrale. Les recherches sociologiques suggèrent fortement que la composition sociale d’une organisation influence durablement sa manière de penser les rapports sociaux. Lorsque la direction politique est directement issue du monde de la production industrielle, les enjeux liés à l’exploitation capitaliste et à la création de la plus-value tendent à structurer profondément l’analyse politique. À l’inverse, lorsque le centre de gravité militant se déplace vers les appareils institutionnels et administratifs, les priorités peuvent progressivement se déplacer vers d’autres problématiques.
UNE QUESTION TOUJOURS ACTUELLE
Dans le contexte actuel de réindustrialisation, de crise énergétique et de débat sur la souveraineté économique, cette question retrouve une importance particulière. Les débats autour de l’industrie, de l’hydrogène, de la planification industrielle ou de la transition énergétique remettent au premier plan la question fondamentale de la production des richesses et du contrôle des outils de production. Ils posent indirectement la question du lien entre représentation politique et expérience sociale concrète du travail productif.
L’évolution sociologique du PCF apparaît ainsi non seulement comme un sujet d’histoire politique, mais aussi comme une clé de compréhension des difficultés contemporaines de la gauche à reconstruire un lien organique avec le monde du travail industriel et avec la classe ouvrière.
BIBLIOGRAPHIE
Bernard Pudal, Prendre parti. Pour une sociologie historique du PCF, Presses de la Fondation nationale des sciences politiques, 1989.
• Julian Mischi, Servir la classe ouvrière. Sociabilités militantes au PCF, Presses universitaires de Rennes, 2010.
• Julian Mischi, Le communisme désarmé. Le PCF et les classes populaires depuis les années 1970, Agone, 2014.
• Annie Kriegel, Les communistes français, Seuil, 1968.
• Philippe Buton, Le Parti communiste français. Histoire et stratégies 1945-2000, La Découverte, 2004.
• Michel Dreyfus, Histoire de la CGT, Complexe, 1995.
• Stéphane Sirot, Le syndicalisme, la politique et la grève. France et Europe : XIXe-XXIe siècles, Arbre bleu éditions, 2011.
• Pierre Bourdieu, La distinction. Critique sociale du jugement, Les Éditions de Minuit, 1979.
• Michel Verret, La culture ouvrière, L’Harmattan, 1988.
• Xavier Vigna, L’espoir et l’effroi. Luttes d’écritures et luttes de classes en France au XXe siècle, La Découverte, 2016.

Pour que les choses soient claires: Le cas Mélenchon et le Zugzwang … par Danielle Bleitrach

Des interlocuteurs tout à fait de bonne foi me renvoient à des dialogues de Mélenchon avec d’autres héros de la « rupture » avec le capitalisme. Je voudrais que l’on comprenne ce qui fonde ma conviction qui ne s’acharne pas contre un individu que je ne considère pas comme un ennemi mais analyse un système dans lequel il prend place.

A savoir les quelques décennies dans lesquelles le « libéralisme » avec son primat des « élections » et d’une stabilité basée sur la pseudo victoire de la « démocratie » se combinait en fait avec celle d’un monde unipolaire. C’est ce moment là que je tente d’analyser à partir du choix mitterrandien de 1982 l’horizon indépassable du capital, la rigueur et l’austérité après un baroud d’honneur qui succède au Mitterrand allant en Cancun y lire un discours concocté par régis Debray. Mitterrand va être accompagné dans ce retournement par toute la gauche qui crie avec Montand « Vive la crise » et chante le nouveau héros antifasciste que serait Tapie. Tout cela parfaitement orchestré pour transformer la politique en spectacle dans lequel la gauche et la droite se délitent. Je vous conseille de lire à ce sujet ce que dit Eric Li c’est très parlant. Continuer la lecture de Pour que les choses soient claires: Le cas Mélenchon et le Zugzwang … par Danielle Bleitrach